Cristal qui songe
  • Date de parution 06/06/2018
  • Nombre de pages 256
  • Poids de l’article 144 gr
  • ISBN-13 9782290155042
  • Editeur J'AI LU
  • Format 178 x 111 mm
  • Edition Livre de poche
Anticipation Avec Extraterrestres Ouvrage de référence de l'auteur

Cristal qui songe

3.94 / 5 (748 notes des lecteurs Babelio)

Résumé éditeur

Renvoyé de l'école à l'âge de huit ans pour avoir mangé des fourmis en cachette, Horty fuit la demeure de ses parents adoptifs qui le martyrisent et trouve refuge au sein d'un cirque ambulant où il devient le partenaire de deux naines, Zena et Bunny. Mais les personnages les plus extraordinaires du cirque restent son féroce directeur, surnommé le Cannibale, et son étrange collection de cristaux : des pierres aux pouvoirs mystérieux et néanmoins gigantesques.

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  • Date de parution 06/06/2018
  • Nombre de pages 256
  • Poids de l’article 144 gr
  • ISBN-13 9782290155042
  • Editeur J'AI LU
  • Format 178 x 111 mm
  • Edition Livre de poche

l’avis des lecteurs

Les deuxièmes textes, disais-je, en introduction de ma chronique sur Nous avons toujours vécu au château, subissent une terrible pression, créée par leur prédécesseur. Ce que je savais pertinemment au moment d’entamer ce Cristal qui songe, souffrant par avance de l’ombre des Plus qu’humains, absolu coup de cœur et complète surprise de la fin d’année dernière. Fort de ma petite résolution d’intriquer autant que possible mes envies d’élargissement d’horizons littéraires et mes pulsions du moment pour parvenir à conserver un bon rythme de lecture sans trop perdre en enthousiasme, je me suis dit que je ne commettrais pas d’erreur en battant le fer tant qu’il était chaud.

Donc voilà : j’avais très envie de découvrir ce qu’on m’a basiquement vendu comme le grand texte de Sturgeon en dehors de ses nouvelles, et évidemment très envie qu’il me mette une baffe de la même envergure que celui qui m’a fait comprendre que la réputation de son auteur n’était pas usurpée. Et comme à chaque fois dans ces cas-là, j’étais partagé entre circonspection et joie par anticipation.

Le verdict est assez clair : c’est au moins aussi bon, mais je ne peux pas dire que j’ai été autant emporté. Mais les raisons en sont très simples, et je n’ai strictement aucune raison de me plaindre.

Et je m’en vais évidemment vous expliquer tout ça, parce que c’est mon truc.


Renvoyé de l’école parce qu’il a été surpris en train de manger des fourmis, le petit Horty, 8 ans, se fait martyriser encore plus violemment qu’à l’accoutumée par son père adoptif. Il décide donc de s’échapper pour chercher une vie plus paisible ailleurs, n’importe où. Et n’importe où, ce sera au sein d’une foire itinérante, recueilli par ses marginaux et autres freaks.


Déjà, pour commencer, on peut encore une fois saluer le sens aigu de l’introduction de Theodore Sturgeon, avec un début de roman qui dépote sévère, ne perdant pas une seconde en informations ou détours superflus : on est dedans direct, et ça ne s’arrête jamais. Et cette maîtrise du rythme, on la retrouve aussi dans l’efficacité redoutable de la mise en scène de l’auteur, la même qui m’avait soufflé la première fois : le monsieur a le don d’introduire des situations contenant un élément surprenant ou inattendu sans en avoir l’air, pour nous la révéler avec une souplesse qui force le respect à chaque fois. Là où il aurait été extrêmement aisé, je pense, de tomber dans le piège d’une narration insistant avec un sacré manque d’élégance sur ses retournements et coïncidences dramatiques, Sturgeon fait systématiquement le choix de rester dans l’ambiance de ses scènes et séquences, à hauteur de ses personnages, pour magnifier les instances d’ironie dramatique à destination de son lectorat. Tout simplement, les éléments qui sont importants pour nous ne le sont pas forcément pour cielles qui vivent les événements narrés, et la logique commande qu’iels s’intéressent donc à ce qui les intéresse, de fait. Cette prise de distance n’est pas si aisée que ça à maintenir, je pense, et c’est sans doute ce qui rend d’autant plus fort les moments où on se rend compte de quelque chose qui échappe aux personnages.


Là dessus aussi, d’ailleurs, Sturgeon est très impressionnant de maîtrise, ne s’embarrassant de nous donner des explications directes que lorsque cela est absolument nécessaire, passant souvent d’ailleurs, là aussi, par ses personnages, décortiquant en même temps que nous les aspects les plus complexes de l’intrigue ; au contraire, les plus simples sont laissés à notre discrétion, nous laissant le temps d’explorer au fil de l’intrigue ses éléments les moins évidents. L’auteur fait une complète confiance à son lectorat pour exploiter certain·e·s indices ou concordances logiques, ne prenant que le temps essentiel à les expliciter quand leur compréhension devient vraiment indispensable à la progression de l’intrigue.

Et ça fonctionne d’autant mieux que ça crée une réelle complicité entre le récit et son lectorat, je crois, intériorisant assez malicieusement une bonne partie de ses enjeux conceptuels dans le prisme de ses personnages ; on se retrouve autant à pouvoir jouer avec le récit en en anticipant certains bouleversements, comme en se laissant parfois complètement avoir par d’autres, en fonction de nos différentes sensibilités et attentes, mais toujours avec un souci de cohérence d’ensemble très exigeant. Par dessus tout, le récit est avant tout honnête, et ne souffre pas d’effets de manche ou de contorsions oratoires pour en pas se dévoiler trop tôt aux yeux de l’auteur : si vous avez tout compris des enjeux les plus techniques ou dramatiques très tôt dans le récit, vous pourrez tout de même profiter des trajectoires des personnages et du voyage proposé jusqu’à sa conclusion, ne serait-ce que dans leur dimension émotionnelle.


Parce que si Sturgeon a une telle réputation, c’est bien parce qu’il fait les choses avec une excellence assez indiscutable : l’équilibre entre l’effort conceptuel et l’effort dramatique est assez impeccable. Je pense sincèrement que Cristal qui songe a acquis son statut de chef d’œuvre intemporel par sa réussite équivalente sur les deux tableaux ; il peut parler à n’importe qui d’assez bonne volonté pour s’y ouvrir. On a tout à la fois une histoire humaine et touchante, et un roman de science-fiction riche d’un concept aussi solide que magnifiquement vertigineux, sans jamais se perdre d’un mauvais côté ou de l’autre de ses ambitions. Tout ça sans compter son excellente structure narrative, son sens de l’intrigue, ses personnages organiques et marquants, et sa modernité de ton à plus d’un égard. En un mot comme en cent, c’est tout bonnement excellent.


Mais, car il y a un mais, je vous ai dit en intro que ça avait tout de même un peu moins bien marché sur moi que Les plus qu’humains. Et je serais bien en peine de pouvoir vous dire avec une absolue certitude pourquoi. La première piste, et sans doute la plus solide, c’est simplement l’absence d’un réel effet de surprise, comme évoqué par ailleurs avec Shirley Jackson ou d’autres : je savais un peu plus à quoi m’attendre, déjà et rien que ça, ça me solidifie les muscles du cou au moment de recevoir une nouvelle baffe. C’est de la faute de personne, c’est juste comme ça que ça marche, parfois ; l’un de ces deux romans a bénéficié d’un droit d’ainesse absolument injuste, tough luck. Par ailleurs, on a quelques éléments sonnant tout de même un poil plus violemment datés ici, par exemple une réflexion sur l’alcoolisme étant un symptôme plutôt qu’une maladie ; des fois, le temps passe, et les ignorances d’une époque sont plus cruelles alors qu’elles ne le furent auparavant. Je ne crois pas non plus que ça puisse être un réel reproche à formuler à l’encontre de Sturgeon lui-même, il n’est guère que le tributaire de la société dans laquelle il vivait, et dont on peut clairement comprendre – entre les lignes – qu’il était plus probablement du bon côté que du mauvais à nos yeux contemporains. Là non plus, l’hypothèse n’est pas particulièrement probante.

Mais, plus simplement, je crois juste que la structure du roman comme sa proximité thématique prégnante avec ma précédente lecture sont les raisons de mon enthousiasme marginalement plus faible. Si je suis pleinement convaincu et séduit par les idées et intentions de l’auteur, je dois juste constater que la plupart de ses choix narratifs sont pour moi, fatalement, plus éculés ici que dans ma lecture précédente. Beaucoup de ses choix, je les ai déjà lus ailleurs, dans d’autres contextes. Ils sont extrêmement bien articulés, ils sont intelligents, sans doute extrêmement malins pour l’époque ou à l’aune d’écrits nettement moins qualitatifs, mais ils ne me sont ni inédits, ni originaux, réduits à leur plus simples expression.

Et puis comme toujours, ma lecture clinique me prive de la force de l’émotion lors de certaines séquences, quand bien même j’en constate l’indubitable puissance. Et croyez bien que j’en suis le premier frustré.


Mais bref, j’ergote pour pas grand chose : c’est du très costaud. Si Theodore Sturgeon a une réputation intemporelle, ce n’est pas pour rien, bien au contraire. Rares sont les auteurs, je crois – et j’insiste sur le genrage masculin de cette affirmation – qui peuvent se targuer de passer avec autant de grâce les vagues des décennies. Si bien entendu rien n’est parfait, et surtout pas à cet égard, il me semble pour autant évident que la maturité de l’humanisme d’un tel auteur se serait sans aucun mal accommodé des évolutions progressistes de notre société. Ou tout du moins, il aurait fait mal de constater le refus de s’en accommoder venu d’un auteur prêchant avec autant de conviction et de talent l’idée d’une humanité inclusive et généreuse. Alors dans le doute, je préfère pencher pour l’hypothèse optimiste : ne serait-ce que parce que ça colle beaucoup avec l’image que je me fais de lui désormais. On a vraiment besoin, à mon avis, de jalons pouvant représenter des étapes passées de notre progrès collectif vers un futur qui pourrait nous donner envie, à tou·te·s.

Mais voilà que je fais des phrases : si vous me connaissez un peu, le signe conjugué du contentement provoqué par ma lecture et de la nécessité impérieuse de m’arrêter là avant d’en faire trop.

L’essentiel est là : Theodore Sturgeon, je comprends votre réputation amplement méritée, et j’ai hâte de lire d’autres choses signées de votre nom. Merci.

Et merci aux gens qui ont insisté pour que je vous lise.

Horty, un jeune garçon de huit ans, est renvoyé de l’école pour avoir mangé des fourmis. Rentré chez lui, il se dispute violemment avec son père adoptif qui le martyrise une dernière fois en lui coinçant trois doigts dans un placard. Mutilé, Horty s’enfuie. Il erre jusqu’au soir où il rencontre une troupe de cirque ambulant. Il y fait la rencontre des naines Zena et Bunny mais surtout du féroce directeur surnommé le Cannibale. Ce dernier détient une étrange collection de cristaux qui semblent dotés de pouvoirs spéciaux. Au fur et à mesure, Horty comprend que ces cristaux ont la capacité de créer des monstres. Horty s’aperçoit d’ailleurs que ses doigts sectionnés ont « repoussé ». Il va ainsi découvrir ce qui le lie à ces cristaux qui songent….

 

Cristal qui songe est un classique de la littérature SF. C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme (super! je vais parfaire ma culture SF) que je me suis lancée dans cette lecture. Mon avis est cependant mitigé.

J’ai beaucoup apprécié le début du récit. En effet, l’auteur nous présente un personnage, Horty, au comportement bien singulier. Il se délecte de fourmis à la récréation. Expérience? Goût prononcé pour les petites bêbêtes? Qui n’a jamais tenté de manger de la craie ou de la colle? On se dit qu’Horty est a priori un gamin normal. Cependant, au fur et à mesure du récit, certains petits détails nous mettent la puce à l’oreille. L’auteur distille savamment ses indices à commencer par ce lien indestructible entre Horty et son jouet en bois, un diable à ressort. Tout au long de l’histoire, Horty va développer ses dons jusqu’au moment où la vérité sera faite sur ses origines réelles.

Les autres personnages du livre ne m’ont pas séduite autant qu’Horty. J’ai cependant aimé l’histoire de ce cirque ambulant dirigé d’une main de fer par le Cannibale. Les nains, l’homme-crocodile, l’homme-poisson crééent une atmosphère baroque, parfois très étrange. Mais j’avoue que j’ai trouvé les dialogues caricaturaux, parfois à la limite du niais. Les explications fournies à propos des cristaux sont parfois floues et c’est bien dommage car l’on reste sur sa fin.

Et la fin, parlons-en d’ailleurs! Elle ne m’a pas convaincue. J’ai vraiment eu du mal à aller jusqu’au bout de ma lecture. Tout s’enchaîne d’une étrange manière. Là encore, l’auteur ne donne pas de véritable explication et laisse son lecteur dubitatif.

Un avis donc mitigé pour ma part. A vous de me donner le vôtre!

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