
Le chant de la Tamassee
Résumé éditeur
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l’avis des lecteurs
« Le chant de la Tamassee » est le deuxième roman de Ron Rash, publié aux Etats-Unis en 2004. On ne présente plus Ron Rash, grand écrivain américain, il est né en Caroline du Sud et vit actuellement en Caroline du Nord. Il a reçu de nombreux prix dont le grand prix de littérature policière en 2014 pour « Une terre d’ombre ». Les livres de Rash sont toujours enracinés dans un territoire mais par son talent, son écriture où il mêle le noir et le tendre, il parvient toujours à leur donner une portée universelle. Ici encore, une fois de plus, il nous livre un magnifique roman, et j’ignore pourquoi il n’a pas été traduit plus tôt !
« La Tamassee, protégée par le Wild and Scenic Rivers Act, dessine une frontière entre la Caroline du Sud et la Géorgie. Ruth Kowalsky, 12 ans, venue pique-niquer en famille sur sa rive, fait le pari de poser un pied dans chaque État et se noie. Les plongeurs du cru ne parviennent pas à dégager son corps, coincé sous un rocher à proximité d’une chute. Inconscient des dangers encourus, son père décide de faire installer un barrage amovible qui permettra de détourner le cours de l’eau. Les environnementalistes locaux s’y opposent : l’opération perturbera l’état naturel de leur rivière, qui bénéficie du label « sauvage ». Les deux camps s’affrontent violemment tandis que le cirque médiatique se déchaîne de répugnante manière et que des enjeux plus importants que la digne sépulture d’une enfant apparaissent… »
Maggie Glenn, la narratrice est photographe de presse. Originaire du comté d’Oconee où s’est produit le drame, elle est chargée de couvrir cette affaire avec son collègue journaliste Allen Hemphill. Elle connaît parfaitement cette communauté de montagnards où elle a grandi et les deux mondes qui cohabitent autour de la Tamassee.
Les autochtones qui ne peuvent plus exploiter les ressources forestières autour de la rivière depuis qu’elle est classée : très religieux, soudés, ils prennent soin les uns des autres. Ils respectent la rivière, même s’ils l’exploitaient, ils en connaissent la puissance, craignent sa violence comme ils craignent Dieu, c’est d’ailleurs dans la rivière qu’ils se baptisent… Mais elle sait leur rigidité et leur brutalité quand on ne respecte pas leurs valeurs, elle a testé leur intolérance, notamment celle de son père (étouffant dans ces montagnes, elle est partie dès qu’elle a pu).
Les écolos, arrivés plus tard, qui se sont battus pour faire classer la rivière, menés par Luke leur leader charismatique, ancien amant de Maggie. Lui est mystique, la rivière est vivante, magique, passage entre la vie et la mort. Maggie a partagé son point de vue, partage encore ? Elle sait en tout cas que la rivière est fragile et que le moindre écart à cette protection, même provisoire créera un précédent qui permettra aux promoteurs et rapaces de tout poil qui guettent toujours, comme partout dans le monde la moindre occasion de se faire de l’argent.
Puis il y a les parents de la fillette noyée, effondrés de douleur, Allen, le reporter qui a perdu sa femme et sa fille et chez qui ce drame fait douloureusement écho, le constructeur du barrage, scientifique méprisant quelque peu les «culs-terreux » du coin et les politiques, puants, allant toujours dans le sens du vent !
Tout au long du roman, la tension monte. Rash réussit à créer une ambiance inextricable sans jamais tomber dans la facilité du manichéisme, tous ses personnages sont humains, vivants, crédibles, tous souffrent… mais la tension ne pourra retomber qu’après un déchainement de violence, forcément ! Maggie oscille entre toutes ses loyautés, position inconfortable s’il en est… Rash nous parle de culpabilité, de pardon…
Et ce n’est qu’un pan de l’histoire, s’y greffe également une histoire d’amour entre Maggie et Allen, l’histoire du père de Maggie… un roman très riche !
Avec bien sûr, cerise sur le gâteau, des pages magnifiques sur la rivière (attention : rivière aux Etats-Unis c’est quelque chose de bien plus grand et puissant que ce que ça évoque en France, voyez la couverture !). Et là, Rash est le roi ! Il décrit comme personne cette nature qui nous accueille et nous façonne !
Un roman magnifique et fort !
Vous avez déjà lu un peu partout tout le bien qu’il fallait penser du dernier roman de Ron Rash traduit en France : Le chant de la Tamassee. Est-ce une raison pour ne pas ajouter mon grain de sel ? Non. Le voici donc.
Le comté d’Oconee, entre le Caroline du Sud et la Géorgie, ses montagnes, sa rivière sauvage protégée comme un espace naturel intouchable : la Tamassee. Jusqu’à ce que le petite Ruth Kowalski, douze ans, se noie et reste coincée sous le ressaut d’une cascade. Impossible pour les sauveteurs locaux de sortir le corps de là.
Le père, un homme d’affaire de l’Illinois, décide de faire appel à des spécialistes capables de détourner, momentanément, le lit d’une rivière. Un conflit éclate alors entre les écologistes locaux qui, s’appuyant sur le décret de protection, refusent que l’on touche à la rivière, la famille de Ruth qui a de puissants appuis politiques, et les habitants de cette zone montagneuse qui connaissent bien la rivière mais que tout le monde traite comme des ploucs.
C’est dans ce contexte que Maggie Glenn, jeune photographe originaire de l’Oconee va être envoyée avec un collègue journaliste couvrir l’affaire qui est en train de prendre un tour national. Pour Maggie, plus qu’un simple travail, c’est le retour vers son village et son père avec qui elle n’a pas réglé tous ses comptes. Tout est en place, le grand cirque médiatique peut commencer.
Est-ce que je suis d’accord avec tout ce qu’on peut lire ici ou là sur ce vieux Ron Rash (puisqu’il a été écrit en 2004, bien avant certains autres déjà traduits) ? Oui. Oui bien sûr, et pour les raisons évoquées ailleurs : Très belles descriptions d’un coin de montagne perdu. Des personnages qui sont tous respectés, sans caricature et sans outrance, chacun dans son humanité. Des personnages qui évoluent, et sur lesquels notre regard évolue, au fur et à mesure qu’ils se révèlent. Un conflit complexe que l’auteur ne simplifie jamais, et pour lequel il sait parfaitement exposer, sans discours pénible mais avec une grande justesse et beaucoup d’émotion et d’empathie les intérêts et les valeurs des uns et des autres.
C’est d’ailleurs tellement bien fait que le lecteur, comme le personnage de Maggie, peut être amené à changer d’avis au cours de sa lecture, et je ne suis pas du tout certain que nous finissions tous avec en tête avec la même idée de ce qu’il aurait fallu décider. Ce qui, il faut l’avouer, est très fort.
Juste une remarque, même avec toutes ces qualités, ce n’est pas mon Ron Rash préféré. Serena et Une terre d’ombre ont, me semble-t-il, plus de force, ils m’ont davantage secoué et mis les tripes à l’envers. Peut-être parce qu’il mettent davantage en scène la méchanceté, la mesquinerie et le pouvoir de nuisance … Mais je dois aussi dire que ce sont deux romans que je place très très haut dans mon panthéon littéraire (tout petit panthéon).
Et il faut lire Le chant de la Tamassee.
Ce roman est tiré d’un fait divers réel : Une jeune fille de douze ans jouait dans la Tamassee, dernière rivage sauvage de Caroline du Sud. Venue d’une autre région, ne connaissant pas les dangers de ce cours d’eau au printemps, elle s’est noyée et son corps est resté prisonnier d’une cavité rocheuse. Son père est un riche banquier et au bout de quelques semaines il trouve que les sauveteurs locaux sont des incapables et fait venir une société de l’Illinois pour prendre les choses en main.
Maggie est née dans le village où a eu lieu le drame, elle l’a quitté depuis des années pour devenir photographe dans un journal de Columbia, la capitale de l’Etat. Son rédacteur en chef l’envoie en compagnie d’Allen, un journaliste, assister à la réunion des autorités communales, des habitants et de la famille de la victime. La société de l’Illinois propose de poser un barrage provisoire sur la rivière pour pouvoir sortir le corps de sa cavité. Toutefois rien n’est simple, car la rivière est protégée de toute modification même temporaire par la loi fédérale. Les habitants, la famille et les écologistes s’affrontent sous le regard de la presse et des autorités locales.
Allen a aussi vécu un drame familial, une histoire commence entre eux durant ce reportage, tandis que Maggie doit affronter ses vieux démons et sa relation difficile avec son père malade.
Cette romance ne va pas très loin et c’est tant mieux parce qu’elle n’apporte rien au roman et aurait même tendance à l’affaiblir. L’enjeu est de savoir si la morale et le besoin de la famille de retrouver le corps pour faire son deuil justifie ou non de transgresser la protection de la nature. Les écologistes craignent un précédent et les dégâts subis par la rivière pour installer ce barrage provisoire, les habitants connaissent les dangers encourrus mais en face d’eux il y a une famille riche, un promoteur, un patron qui pense tout savoir, des politiques qui considèrent les locaux comme des »culs-terreux arriérés » et des autorités locales qui ont de la peine à choisir leur camp. On a tous les acteurs des conflits locaux américains avec leurs outrances. Ce roman est par là très américain, les positions ne sont pas aussi fondamentalistes, à tous les sens du terme, en Europe.
La nature est décrite de manière superbe, la rivière est un personnage à part entière du roman et des différents drames qui s’y passeront. L’écriture de Ron Rash est puissante et fluide. La nature tient toujours une grande part dans ses romans, mais je préfère ceux qui sont plus noirs et ses polars comme Par le vent pleuré.
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