Serena
  • Date de parution 01/05/2024
  • Nombre de pages 2008
  • Poids de l’article 1 gr
  • ISBN-13 9791040806158
  • Editeur SARBACANE
  • Format 199 x 158 mm
  • Edition Livre de poche
Romans noirs Anglo-Saxon Romans étrangers Réédition moins d'1 an

Serena

3.92 / 5 (424 notes des lecteurs Babelio)

Résumé éditeur

Caroline du Nord, 1929. George et Serena Pemberton s'établissent dans les Smoky Mountains pour faire fortune dans l'exploitation forestière. Serena se révèle redoutable, régnant sur les hommes et sur la nature d'une main de fer. Tandis qu'à Boston George s'emploie à contrer un projet de parc national, Serena étend son empire local, éliminant impitoyablement quiconque ose défier ses intérêts. Et quand elle commence à soupçonner que George entretient en secret la mère de son enfant naturel, conçu avant qu'il ne l'épouse, sa fureur ne connaît plus de limites...

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  • Date de parution 01/05/2024
  • Nombre de pages 2008
  • Poids de l’article 1 gr
  • ISBN-13 9791040806158
  • Editeur SARBACANE
  • Format 199 x 158 mm
  • Edition Livre de poche

l’avis des lecteurs

Le pitch

Serena porte bien mal son nom. Cette maîtresse femme plus satanique que romantique, sans foi ni loi, sévit dans les Smoky Mountains de Caroline du Nord, dans les années 30. Avec son mari George Pemberton, ils forment un couple de prédateurs mégalos prêts à tout (vraiment tout) pour faire fortune.

Un drame élisabéthain sur fond de Dépression, de crise financière et de capitalisme débridé. Une fresque magnifique sur l’exploitation des ressources naturelles au début du XXe siècle et le déboisement des forêts primaires. Un grand roman sur l’Amérique de la Grande Dépression et un récit exceptionnel sur l’avidité et la revanche. Rédigé avec une verve épique, dans un style élégant, doté d’une grande force d’évocation, qui laisse forcément sous le choc.


Pourquoi je vous le conseille ?

Car Ron Rash est un écrivain de grand chemin, un merveilleux conteur et l’un des grands noms du roman noir américain, poète de la perte, romancier des ­relations filiales et des amours brisées. Un narrateur hors pair d’histoires sauvages imprégnées de réalisme et de poésie cruelle. Pour prendre la mesure d’une Amérique post krach boursier de 1929 ; un monde sans pitié qui ploie sous les fléaux : humains, sociaux, politique, écologiques. Car Serena est un personnage immense, abject, fascinant. Et pour ses autres personnages, estropiés, mutilés, couturés à l’âme.

POUR SERENA. Un personnage inoubliable. Amazone en pantalon et cheveux courts, un aigle perché sur le bras, elle règne sur les forêts des Great Smocky Mountains, en Caroline du Nord. Rebelle, séductrice, impitoyable. C’est une garce, ou une femme libre. Au choix. On ne saurait identifier ce qui nourrit sa quête absolue de réussite. Une ambition démesurée ? Une soif de revanche ? Un peu des deux ? Elle inspire la peur, le respect, le désir. Avec son mari George Pemberton, riche exploitant forestier aussi arriviste et expéditif qu’elle, ils forment un couple aussi hideux que fascinant. Guidé par le sexe, le pouvoir et l’argent, le couple n’a de cesse d’accroître son territoire et son pouvoir par tous les moyens – intimidation, corruption, meurtres. Un monstre à deux têtes qui ne laisse derrière lui que mort, carnage et désolation. Telle une Lady Macbeth du Nouveau Monde, c’est Serena qui pousse Pemberton à étendre son empire forestier et qui châtie les imprudents qui se dressent sur leur chemin. Serena plie le monde à sa volonté, ne reconnaissant ni les conventions sociales ni les interdits moraux : « Nous sommes au-dessus de tout ça, toi et moi. »

UNE MONDE SANS PITIÉ. Serena déploie son intrigue aux lendemains de la crise financière de 1929 qui a mis sur les routes des hordes de pauvres à la recherche du moindre travail. Dans cette Amérique en faillite, les Pemberton imposent leur loi, traitent leurs ouvriers, des bûcherons, comme des esclaves. Des sacrifiés. Des pions sur un échiquier qui se remplacent d’un claquement de doigt. Car la vie d’un homme vaut moins que rien. L’auteur porte en lui le Sud des États-Unis et après Un pied au paradis (2002) et Une terre d’ombre (2012), il persiste et signe à décrire son pays, la Caroline du Nord (où, né en 1953, il a grandi) de façon magistrale pour dénoncer l’industrialisation à outrance qui tue les hommes et fait des ravages sur l’environnement. Massacre des forêts, mise à sac des collines laissant la terre à nue, écorchée vive. Un combat sans fin du Mal contre le Bien. La justice contre l’argent, la dignité contre l’avilissement. Ou la vie contre la mort. Une société paysanne heurtée de plein fouet par la Grande Dépression et la puissance d’un capitalisme sans scrupules que la crise a encore rendu plus impitoyable. Ainsi ne s’offre qu’un choix cornélien aux habitants de ces montagnes. Survivre en détruisant la nature grâce à laquelle ils ont jusqu’alors vécu. Ou crever de faim au milieu d’un parc national sauvegardé.

UNE NARRATION ÉPOUSTOUFLANTE. Ron Rash propose une tragédie grecque en version sauvage. Où les personnages de tyrans sont des bandits de la finance, en guerre contre tout humain résistant, désireux d’effacer de la terre toute trace d’innocence. Dans un style épique, imprégné de réalisme avec des passages d’une grande poésie, Ron Rash arpente les turbulences humaines d’une encre noire et désespérée. Sa narration électrique nous fait vivre mille épreuves dans ce drame qui peut nous projeter dans un même élan de la perfidie à la grâce. Et c’est avec fascination que nous nous laissons guider par ce merveilleux conteur, barde des Carolines, qui fait du paysage son personnage principal.


J’avais bien aimé le premier Ron Rash traduit en français, Un pied au paradis. Une belle découverte même si je j’étais moins enthousiaste que d’autres critiques qui y voyait un chef-d’œuvre. Avec Serena, j’ai le sentiment qu’il franchit un cap. D’ors et déjà, ce roman restera pour moi comme l’un des plus marquants de l’année.

1930, du côté des Appalaches, la crise a jeté des milliers d’hommes et de femmes sur les routes, une véritable aubaine pour ceux qui cherchent une main d’œuvre docile et bon marché. C’est le cas de Serena et George Pemberton qui exploitent (le terme est faible !) une concession forestière. Leur but, tout couper, le plus vite possible, pour passer à la concession suivante, et surtout pour réaliser le rêve de Serena : aller dévaster les inépuisables forêts brésiliennes. Tant pis si le taux de mortalité est particulièrement élevé, les chômeurs font la queue pour remplacer les morts. Tant pis si un projet de parc national est en vue : corruption, menaces et meurtres le ralentiront. Et malheur à celui ou celle qui tenterait de s’interposer entre Serena et ses plans …

Peu de romans ont réussit à incarner de façon aussi saisissante la folie meurtrière, dévastatrice et prédatrice du capitalisme à l’état brut. Peu de personnages ont pu le symboliser avec autant de force que Serena. Elle est effrayante, avec son aigle et son âme damné, exécuteur des basses œuvres … Effrayante dans son inhumanité, dans son intransigeance, dans sa faim de destruction d’une atroce pureté. Serena veut tout avaler, pas pour en tirer du profit, pas pour en tirer du pouvoir, simplement parce que c’est là, à sa portée. Une faim primaire, non raisonnée, avec laquelle aucune discussion n’est possible. Serena, incarnation du capitalisme, c’est le feu, qui brûle tout, tant qu’il y a des choses à brûler, sans raison, sans motif, sans se soucier de ce qu’il deviendra quand il aura tout brûlé. Il brûle parce que c’est sa nature. Absolument effarant, absolument convainquant.

Mais ce n’est pas tout. Dans sa description des conditions de vie juste après la grande crise,Ron Rash se pose en digne héritier d’un Steinbeck ou d’un Caldwell. Avec la même âpreté dans la description de la condition ouvrière, avec la même proximité qui nous fait sentir la pluie, la boue, le froid et la faim.

Et dans le même temps, sans avoir l’air de rien, il construit son intrigue, autour d’une traque qui tarde à émerger mais qui n’en est que plus brutale et plus intense. Une traque d’autant plus prenante que la victime est totalement innocente et sans défense, et que le chasseur est un véritable figure de cauchemar, quasi mythologique.

La langue est à la hauteur. Elle rend magnifiquement les derniers reflets de la beauté détruite, la froideur des prédateurs, l’atroce horreur de la dévastation. Construit comme une tragédie antique (avec son chœur de bucherons qui commentent régulièrement l’action),Serenanous amène, lentement mais inexorablement vers la destruction totale.

Magistral.

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