Les Fils enchevêtrés des marionnettes
  • Date de parution 18/09/2024
  • Nombre de pages 128
  • Poids de l’article 1 gr
  • ISBN-13 9782381631479
  • Editeur BELIAL
  • Format 179 x 120 mm
  • Edition Grand format
Moins de 6 mois

Les Fils enchevêtrés des marionnettes

4.23 / 5 (26 notes des lecteurs Babelio)

Résumé éditeur

CONFINS GALACTIQUES. Planète Vlhan. Les natifs de ce monde reculé, manière de géants sphériques dotés de membres longs et souples pareils à des fouets, se livrent chaque année au rituel le plus étrange qui soit : le Ballet. Une danse qu’aucune race sentiente ne parvient à décrypter, un partage codifié impénétrable auquel participent des dizaines de milliers d’individus. Susceptible de durer plusieurs jours, le Ballet s’achève irrévocablement par un climax terrifiant : la mort de ceux qui y prennent part. De tous les coins de la Galaxie, ils sont nombreux à venir assister au déroulé de cette fascinante coutume, humains en tête. À ceci près que depuis peu, beaucoup chez ces derniers ne se contentent plus du rôle de spectateurs, mais brûlent de s’impliquer dans l’événement — au prix de transformations physiques radicales, et pour une finalité mortelle connue de tous. Pourquoi répondre à semblable appel ? Quel secret se cache dans la trame séculaire du Ballet ? Paul Royko est un shooteur de neuropics à succès. Et il compte bien offrir à son auditoire la clef de ce mystère qui enivre les foules. Sauf qu’il est loin, très  loin, d’imaginer la nature de la porte qu’il s’apprête à ouvrir… « Un grand talent qui opère avec une efficacité maximale. » HARLAN ELLISON Pour discret qu’il soit, Adam-Troy CASTRO, né en 1960 et vivant en Floride, n’en est pas moins l’auteur d’une oeuvre prolifique — divers romans, et pas loin de deux cents nouvelles sur trente années de carrière, dont, constat injuste, seule une maigre part a franchi l’Atlantique. Nombre de ses textes sont constitutifs d’une histoire du futur  vaste et cohérente — y compris les trois titres proposés par les éditions Albin Michel Imaginaire en 2021 et 2022. Les Fils enchevêtrés des marionnettes, second récit de l’auteur à paraître dans la collection « Une heure-lumière », pendant de La Marche funèbre des marionnettes avec lequel il forme comme un diptyque, apporte à cet ensemble passionnant une pierre de touche vibrante d’émotion.

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  • Date de parution 18/09/2024
  • Nombre de pages 128
  • Poids de l’article 1 gr
  • ISBN-13 9782381631479
  • Editeur BELIAL
  • Format 179 x 120 mm
  • Edition Grand format

l’avis des lecteurs

Dernière parution des éditions le Bélial dans la collection Une Heure Lumière, Les Fils Enchevêtrés des Marionnettes d’Adam-Troy Castro se déroule dans un univers connu des lecteurs de ce blog. En effet, Adam-Troy Castro est l’auteur de la saga Andrea Cort, composée de plusieurs romans, nouvelles et novellas. Albin Michel Imaginaire a publié les romans et textes courts liés au personnage d’Andrea Cort. Le Bélial’ ont choisi de rattacher à leur catalogue deux novellas de l’auteur, se déroulant dans le même univers mais sans Andrea Cort. Ces deux romans se déroulent sur la planète Vlhanis. Même si les romans ont des personnages différents et des histoires distinctes, il vaut mieux avoir lu La marche funèbre des marionnettes avant d’entamer Les Fils Enchevêtrés des Marionnettes pour en comprendre pleinement le propos.

Chaque année sur la planète Vlhan a lieu le Ballet, une danse qu’aucune des autres races sentientes ne parvient à décrypter et à laquelle participent des dizaines de milliers d’individus. Le ballet se termine irrévocablement par la mort de ceux qui y prennent part. Ce ballet était exclusivement réservé aux natifs de la planète. Mais une exception a eu lieu pour une humaine augmentée, Isadora, dont l’histoire a été narrée dans La Marche Funèbre des Marionnettes. Cette histoire se situe quelques années plus tard, et la participation d’humains à la performance artistique est devenue courante. Paul Ryoko, un shooter de neuropics, se rend sur Vlhan pour interviewer Shalakan, danseuse prometteuse que l’on compare à Isadora. Les êtres humains participant au ballet doivent subir de nombreuses opérations pour transformer leurs membres et surtout accepter leur mort à la fin du spectacle.

Au premier abord, l’histoire ressemble au tome précédent. Pourtant, Adam-Troy Castro arrive à raconter quelque chose de bien différent, avec notamment le récit tragique d’amour entre Shalakan et son compagnon d’augmentation Dalmo. Les opérations ont laissé de graves séquelles sur ce dernier, en touchant son système nerveux, mais sa volonté est plus forte que tout. L’écriture d’Adam-Troy Castro est très visuelle, il arrive à donner corps à ce monde si différent du notre et à ce ballet. Il nous fait nous questionner sur la notion d’art et son acceptabilité, sur l’altérité, sur ce qui reste en mémoire, sur l’ouverture d’esprit, sur les transformations du corps humain.

Les Fils Enchevêtrés des Marionnettes nous propose une autre danse, différente du précédent opus, mais qui permet de voir ce fameux ballet sous un nouveau jour, sans toutefois le comprendre. On espère retourner sur Vlhan une nouvelle fois pour comprendre les nombreux mystères de cette planète.

J’avais été doublement content de pouvoir lire La marche funèbre des marionnettes il y a quelque mois ; d’abord parce que c’était une bonne novella, tout simplement, mais aussi et surtout parce que j’avais pu en sortir une chronique dont je suis assez fier, allant chercher une nuance qu’il m’est aussi rare de pouvoir dénicher que d’exprimer dans des termes aussi précis et satisfaisants pour moi.

Et à la fin de cette chronique, je disais en substance que si je devais en rester là avec le travail d’Adam-Troy Castro dans l’univers développé céans, je n’en ressentirais guère de frustration ni de contentement exagéré, même chose dans le cas contraire. En bref, je laissai faire le destin pour me fournir une nouvelle occasion de creuser un peu l’œuvre de l’auteur. Occasion fournie par ces petits malins du Bélial’, encore et toujours, qui savent pertinemment que je veux lire tous les UHL et me les envoient au fur et à mesure de leurs sorties. Ces salauds.

Mais trêve de tendre ironie : nous y voilà donc. Que vaut cette suite, présentée comme le deuxième épisode du dyptique entamé quelques mois plus tôt dans la collection ? C’est à la fois très simple et très compliqué à exprimer.


Très simple parce que pour l’essentiel, je n’ai absolument rien à rajouter ou soustraire à ce que j’ai déjà dit pour le premier tome. Sincèrement, vous pourriez lire ma chronique précédente dans son intégralité en pensant vous référer à la présente novella plutôt qu’à la précédente que rien ou presque ne pourrait vous révéler l’erreur d’aiguillage. Même qualité d’écriture, même vertige conceptuel, même friture philosophique ne gâchant en rien le plaisir de lecture, au contraire. Jusque là, c’est plutôt simple, effectivement. Ça pourrait se compliquer si on se demande – à raison – si une suite est effectivement de qualité lorsqu’elle semble reprendre les mêmes éléments que son premier épisode ; ce à quoi je répondrais que ce n’est pas exactement ce que j’ai dit, laissez moi aller au bout de mon raisonnement s’il vous plait moi je ne vous ai pas coupé la parole.


Là où ces fils enchevêtrés des marionnettes est je pense particulièrement réussi, c’est dans sa qualité complémentaire ; il vient apporter un éclairage nouveau au premier volume sans vraiment le projeter dans un après. Thématiquement comme narrativement, il vient à mes yeux rajouter un nouveau point de vue sur une situation déjà connue pour en explorer des aspects insuffisamment abordés jusque là, mais sans pour autant étendre le champ de ladite exploration ; un peu comme si la situation entière sur Vlhan était une sorte de Rubik’s cube à résoudre, mais dont on avait pour l’instant fait qu’une seule face. Le premier tome aurait été une sorte de séquence d’entraînement sur les mécaniques de base de ce casse-tête, et le deuxième une application plus poussée et générale de ces mécaniques afin d’aller au bout du processus. Donc on est basiquement dans le cas très cool où la suite est juste une version marginalement meilleure que le premier opus, avec de la continuité et des différences dans les bonnes proportions pour que ce soit aussi familier que dépaysant. La même chose en mieux tout en étant pas la même chose.

Ça c’était pour le côté simple.


Là où ça se complique, pour moi, c’est sans doute pour le côté continuité. Et, vous l’aurez peut-être deviné, dans l’aspect philosophique qui va avec. De fait, Adam-Troy Castro continue son interrogation cosmique sur la nature, la fonction et la finalité de l’Art ; et qu’il le fasse toujours aussi bien n’est absolument pas le problème. Non, mon souci, c’est qu’il intègre lui-même à sa réflexion l’aspect immatériel et infini de l’objet même de cette interrogation. Et du coup, j’ai eu à un moment de ma lecture le sentiment écrasant que l’auteur aurait beau produire autant d’histoires qu’il le voudrait/pourrait autour de cette question, il n’arriverait jamais à atteindre une conclusion satisfaisante, au moins pour moi. Parce qu’en voulant préserver le mystère des Vlhanis pour des raisons narratives évidentes et ne le pouvant de toute façon pas vraiment étant donné l’imperméabilité de leur langage dansé pour notre langage humain si limité, il se piège lui-même dans un paradoxe littéraire irrésoluble. Et ça, c’est extrêmement frustrant en tant que lecteur, parce que je me sens condamné à l’idée de devoir accepter que l’énigme avec laquelle on me tease depuis le début de cette série littéraire n’aura jamais de réponse, parce qu’elle ne peut pas en avoir, en tout cas pas intelligible. Ce qui me paraît être – narrativement – un faux-fuyant un peu naze, voire même un brin humiliant, du style « nan mais de toute façon vous pouvez pas comprendre ».


Sauf que non, en fait. Pas du tout. Ce sentiment a beau être présent malgré moi, il est très facilement réductible par un raisonnement induit dans l’histoire que raconte – je crois – Adam-Troy Castro depuis le début, à lier à sa vision de l’Art, celle-là même que je ne partage pas mais que je comprends et jalouse, à rapprocher de la foi. Les personnages attachés de façon si organique au Ballet des Vlhanis le sont pour des raisons inexplicables. Ils savent, c’est tout, et ils renoncent très vite à expliquer, pour plutôt pratiquer et s’exercer dans l’optique de ce Ballet. Ça, pour le coup, je peux un peu plus le comprendre, et d’une certaine manière je peux même le ressentir. Après tout, je serais bien embêté si je devais expliquer pourquoi je lis plusieurs bouquins par semaine depuis des décennies, sans parler d’essayer de verbaliser exactement pourquoi j’ai décidé d’en faire des chroniques sur ce blog depuis des années. J’aurais bien des éléments individuels à invoquer, çà et là, mais aucun ne me satisferait, aucun ne me paraitrait suffisant ; et même avec un gros effort de synthèse et de synergie, la finalité de toute la démarche ne saurait être exprimée avec suffisamment d’éloquence ou de précision pour que je m’estime satisfait.

Et bah du coup, je peux tout à fait comprendre que cet exact même sentiment anime d’autres personnes, fussent elles fictives, à propos de quelque chose qui me dépasse complètement. L’Art n’est pas le même, mais l’emportement est identique. Je ne mourrais personnellement pas pour la Littérature, en dépit de mon amour pour elle, mais ça c’est moi, je suis ne suis pas un grand romantique aux aspirations dramatiques trop élevées. Je peux éventuellement concevoir que d’autres personnes soient juste si attachées que ça au destin de leur passion, je peux le respecter. Et donc, je dois respecter ce qu’Adam-Troy Castro réussit à faire dans ces deux novellas.


Oui, le Rubik’s Cube de mon analogie toute pétée à une face imperceptible dont les couleurs changent à chaque fois qu’on croit enfin avoir réussi à l’assembler, créant une frustration infinie à l’idée de ne jamais vraiment parvenir à résoudre cette énigme cosmique. Oui, je déteste ça, parce que j’aime quand mes énigmes ont une résolution logique et finie. Mais comme disait le poète manquant un peu d’inspiration : la vie, c’est compliqué. Et j’ajouterais qu’il est plutôt pertinent que les œuvres qui émanent de nos vies le soient aussi. Je pense que je serai toujours en désaccord avec une partie de la vision de l’Art d’Adam-Troy Castro ; mais bon sang que je suis content de pouvoir ressentir ce désaccord en même temps qu’une profonde admiration pour sa capacité à verbaliser cette vision d’une façon si limpide. Et aussi, quand même, une sorte de vibration commune quant aux racines de cette vision, si ça fait sens.

D’une certaine manière, j’aime vraiment beaucoup ces novellas parce que même si elles me font ressentir et réfléchir à des élans intellectuello-émotionnels pas toujours agréables, elles ont ce mérite si rare et précieux à mes yeux de me les faire ressentir, précisément. Avec une acuité phénoménale.

J’ai pas aimé, mais j’adoré.

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