Le grand vertige
  • Date de parution 17/08/2022
  • Nombre de pages 368
  • Poids de l’article 260 gr
  • ISBN-13 9782330168407
  • Editeur ACTES SUD
  • Format 175 x 110 mm
  • Edition Livre de poche
Romans français

Le grand vertige

3.44 / 5 (166 notes des lecteurs Babelio)

Résumé éditeur

Pionnier de la pensée écologique, Adam Thobias est sollicité pour prendre la tête d'une "Commission internationale sur le changement climatique et pour un nouveau contrat naturel". Pas dupe, il tente de transformer ce hochet géopolitique en arme de reconstruction massive. Au coeur du dispositif, il crée le réseau Télémaque, mouvant et hybride, constitué de scientifiques ou d'intuitifs, de spécialistes ou de voyageurs qu'il envoie en missions discrètes, du Pacifique sud à la jungle birmane, de l'Amazonie à Shanghai... Tandis qu'à travers leurs récits se dessine l'encéphalogramme affolé d'une planète fiévreuse, Adam Thobias conçoit un projet alternatif, novateur, dissident. "Le grand vertige" est une course poursuite verticale sur une terre qui tourne à toute vitesse, une chasse au trésor qui met en jeu les solutions pour un avenir possible et une certaine éthique de l'être au monde. Pour tous, et pour tout de suite.

livré en 5 jours

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  • Date de parution 17/08/2022
  • Nombre de pages 368
  • Poids de l’article 260 gr
  • ISBN-13 9782330168407
  • Editeur ACTES SUD
  • Format 175 x 110 mm
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l’avis des lecteurs

Imaginons…

Imaginons que nos décideurs admettent qu’en dépit des alertes de plus en plus pressantes quant à l’état de la planète, rien ne s’est vraiment passé, et que le temps est venu d’aborder le défi bio-écologique par un autre versant que celui de politiques publiques jusqu’alors inefficaces. C’est de ce postulat que part le roman de Pierre Ducrozet. Suite à ce constat, plusieurs instances internationales financent la création de la CICC (Commission Internationale sur Changement Climatique), dont on demande à Adam Thobias, figure tutélaire des débuts de la lutte environnementale, de prendre la tête. L’homme, qui avait ces dernières années plus ou moins disparu des radars, affiche une énergie quasi intacte et une allure de long oiseau ébouriffé qui le font paraître plus jeune que ses soixante-cinq ans.

Il lance un projet d’envergure, impliquant divers spécialistes -anthropologues, biologistes, géographes, voyageurs, photographes…- choisis non pas tant pour leurs compétences -les meilleures dans leurs spécialités- que pour leur audace et leur façon de penser hors des sentiers battus. Adam les envoie à travers le monde afin de tracer un dessin global de l’ensemble des connaissances humaines dans tous les domaines possibles. L’objectif est de collecter de nouvelles cartes et de nouveaux récits, de dresser un état des lieux de ce qui se fait comme de ce qui se tente en matière de biologie, d’économie, d’évolution des territoires et de biodiversité, de mobilité… La seconde étape consistera à imaginer, à partir de ce recensement, ce qui pourrait se faire.

Ces nouveaux explorateurs sont nommés les Télémaque. A travers la planète, ils enquêtent sur des forages au large de la Guyane, sur des marchés viandes illégaux en Chine ou sur la plus grande décharge d’Afrique, partent à la rencontre de l’aigle rare du Kazakhstan ou de peuples premiers expérimentant des systèmes monétaires inédits… bref, ils constatent les ravages du capitalisme sur la Terre et le vivant tout en traquant les initiatives mises en œuvre pour trouver d’autres voies. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, suite à la prise de conscience que les arrangements politiques et les changements économiques ne résolvent pas le problème de fond : il faut reconsidérer l’ensemble de notre rapport au vivant, remplacer la domination et la destruction par l’alliance, l’association, le mélange, inventer une nouvelle géopoétique.

Ils sont des dizaines mais nous n’en suivons que quelques-uns, échantillon représentatif de la profusion des personnages engagés dans l’aventure.

Parmi eux Nathan Régnier, entretenant un rapport quasi organique au végétal, fasciné par l’extraordinaire capacité d’une plante à capter mille fois plus d’énergie solaire que les autres végétaux. Il est assisté dans cette quête par Mia Casal, anthropologue post-punk, écoféministe et néo-sorcière, qui part ensuite rejoindre, sur les traces d’un pipeline géant dans la jungle birmane, June, voyageuse en quête de dépouillement total, qui s’efforce d’expérimenter une nouvelle manière d’être au monde qui ne soit ni prédatrice, ni arrogante. 

Le constat des uns et des autres est comme attendu désespérant, révèle sans surprise que l’homme est la seule créature vivante à rompre, par son entreprise d’accaparement et de destruction, le mouvement complexe et parfaitement huilé des mécanismes naturels.

Alors qu’en est-il des solutions, et de l’espoir suscité par la démarche préalable à la création de la brigade des Télémaque ?

Sans dévoiler le dénouement, disons que l’élan fictionnel qui a permis d’imaginer une prise de conscience institutionnelle de la nécessité d’envisager de nouvelles solutions au problème de la dévastation environnementale, est rompu par un retour à une réalité qui, s’il est brutal, est éminemment crédible, puisqu’il nous renvoie à la volonté prédominante de maintenir un système dont bénéficient les puissants en faisant croire à la majorité qui le subit qu’il reste l’option la plus désirable et la plus viable.

Le texte de Pierre Ducrozet, jamais démonstratif ni moralisateur, est en tous cas passionnant. L’auteur nous embarque dans une sombre épopée qu’éclairent les personnalités atypiques et fortement marquées de ses héro(ïne)s, qui se veut un hommage à la beauté du vivant tout en rappelant, malgré sa puissance, sa vulnérabilité. J’ai aimé la vitalité qui, en dépit de la noirceur de son propos, émane de ce roman à l’écriture fluide et éloquente.


Une équipe de choc pour la planète

Dans le droit fil de ses chroniques pour Libération, Pierre Ducrozet prend le pouls de la planète dans son nouveau roman. Le grand vertige retrace le projet fou du réseau Télémaque, bien décidé à changer le monde.

Face à la montée des revendications et aux craintes de l’opinion sur les questions environnementales, le gouvernement décide d’appuyer la création d’une «Commission internationale sur le changement climatique et pour un nouveau contrat naturel». Sollicité pour en prendre la tête, Adam Thobias, qui lutte depuis des décennies pour davantage d’écologie, accepte de relever le défi, même s’il ne semble pas se faire trop d’illusions sur la concrétisation des idées qu’il soumettra aux politiques. Autour de lui, il va rassembler une équipe d’ingénieurs, de professeurs, de voyageurs, de botanistes, d’architectes, de géologues et écrivains d’où émergent quelques personnages haut-en-couleur qui Pierre Ducrozet va nous présenter successivement.

Nathan Régnier, malgré des ennuis de santé récurrents, accepte de se joindre au groupe parce qu’il «est hanté, dès ces jeunes années passées dans les massifs du Labrador, par un mystère. L’organisation en rhizomes des sols, des plantes, des champignons, de l’air, de l’ensemble du vivant et des morts est proprement sidérante, il y a là un mystère et une clef auxquels il sait déjà qu’il devra consacrer son existence».

Mia Casal rejoint fait aussi partie de l’aventure. Anthropologue «post-punk,

écoféministe néo-sorcière», elle est d’une «beauté presque effrayante, des yeux qui vous rentrent dans le crâne, harmonie sévère et mélange mystérieux de gènes qui lui a été légué par une ascendance complexe, père d’Osaka fils d’une Russe et d’un Japonais, mère Brésilienne fille d’un Allemand et d’une Carioca.»

Arrêtons-nous aussi sur June Demany, sa vie faite de familles recomposées, de petits boulots, de grandes révoltes. Un jour, elle prend un avion pour Buenos-Aires où elle a failli se perdre avant de partir pour Ushuaia. «Elle se découvre une montagne de défis: voyager seule, voyager durable, se perdre, se trouver, se ressaisir, ne pas laisser de traces.» Elle se veut libre et renonce à rejoindre l’équipe.

Jusqu’au jour où elle va croiser la route de Mia. Entre les deux jeunes femmes c’est peu de dire que le courant passe. Après une nuit torride, June va se laisser convaincre de faire partie de l’aventure.

Disons enfin un mot sur Tomas Grøben à qui on a confié la mission d’explorer la planète sans bouger de chez lui. Il passe ses journées devant Google Earth à scruter la planète dans ses moindres détails.

Et puis il y a Arthur Bailly, le photographe. « Il dit qu’il est là pour ça. Il observe tout ce qu’on ne voit pas, toutes les misères et les flux qu’on s’échange pour deux sacs, toutes les têtes qui tombent en arrière, les quartiers des vagues à l’âme et des regards absents, les mains qui se tendent et prennent, il voit ce qui s’y échange, quelques grammes d’infini, la mer noire derrière, tous les petits trafics sans nom et les rêves qu’on garde serrés dans la paume.»

Pierre Ducrozet a construit son roman en détaillant d’abord l’équipe du projet avant de passer aux missions qu’Adam Thobias leur confie, tout en restant vague sur la finalité des tâches confiées aux uns et aux autres. Une série de photos à faire pour Arthur, une plante, l’Echomocobo, dont l’étude est confiée à Nathan, l’étude du trajet d’un nouvel oléoduc qui passe en Birmanie pour Mia, accompagnée de June.

Au fur et à mesure que les choses se précisent, le récit gagne en densité. Au projet écologique un peu vague du début – enfin changer le monde – viennent se greffer les services secrets et les grandes manœuvres géopolitiques. La dimension globale du projet commence à inquiéter, les fouineurs à devenir gênants. En retraçant la grande histoire de l’or noir, on découvre aussi combien cette matière première a charrié de convoitises, de guerres, de coups bas. Le tout débouchant sur «un bordel international, état d’alerte maximum».

De la fable écologique, on bascule dans le roman noir mêlé d’espionnage, le tout agrémenté de machinations politiques pour s’assurer la mainmise sur les matières premières. Un combat de coqs qui «font avancer les choses vers leur inévitable cours, celui de la bêtise et de la destruction».

Et alors qu’Adam dévoile son vrai visage et le réel but de son «Réseau Télémaque», l’équipe découvre qu’elle a été manipulée. L’épilogue de cette géopolitique de l’écologie vous surprendra sans doute. Mais Pierre Ducrozet aura ainsi réussi haut la main son pari: vous faire réfléchir aux enjeux qui vont déterminer l’avenir de la planète et celui des générations futures.

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