Les abattus
  • Date de parution 17/02/2021
  • Nombre de pages 448
  • Poids de l’article 232 gr
  • ISBN-13 9782743652203
  • Editeur RIVAGES
  • Format 171 x 111 mm
  • Edition Livre de poche
Thriller Romans noirs France

Les abattus

3.96 / 5 (71 notes des lecteurs Babelio)

Résumé éditeur

Un jeune homme sans qualité relate ses années d'apprentissage dans une petite ville de province, au sein d'une famille pauvre et dysfonctionnelle. Marqué par la poisse, il se retrouve au centre d'événements morbides : ses voisins sont assassinés, son frère commet un braquage, des malfrats reviennent régler leurs comptes, une journaliste meurt noyée... Jusqu'au jour où lui-même disparaît sans laisser de traces. Son entourage cherchera à comprendre ses motivations, le considérant tantôt comme une victime, tantôt comme un importun, tantôt comme un suspect. «Les Abattus» a reçu le Prix «Transfuge» du meilleur polar francophone et le prix des Chroniqueurs Toulouse Polars du Sud. « Un roman palpitant chargé d'humour noir et d'humanité. » «L'Obs» Noëlle Renaude est l'auteure de nombreuses pièces publiées par les éditions Théâtrales depuis 1989. Son oeuvre protéiforme, aux innombrables personnages, explorent la scène tout en la provoquant. Elle est également l'auteure, sous pseudonymes, de fictions publiées dans la revue «Bonne soirée», dont l'une est en cours d'adaptation cinématographique par Antonin Peretjatko.« Les Abattus» est son premier roman.

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  • Date de parution 17/02/2021
  • Nombre de pages 448
  • Poids de l’article 232 gr
  • ISBN-13 9782743652203
  • Editeur RIVAGES
  • Format 171 x 111 mm
  • Edition Livre de poche

l’avis des lecteurs

Ayant trop peur de ma maladresse pour évoquer ce roman, je préfère d’emblée balancer les louanges que l’on place généralement en fin de recension : “un nom à retenir!”, “coup de cœur” « A suivre”… Espérons que “Les abattus” premier polar puissant et original de la dramaturge Noëlle Renaude contribuera à sortir un peu de sa torpeur le polar français.

“Un jeune homme sans qualité relate ses années d’apprentissage entre 1960 et 1984 dans une petite ville de province, au sein d’une famille pauvre et dysfonctionnelle. Marqué par la poisse, indifférent au monde qui l’entoure, il se retrouve néanmoins au centre d’événements morbides : ses voisins sont assassinés à coups de cutter, son frère cadet commet un braquage et disparaît avec le magot, des malfrats reviennent régler leurs comptes, une journaliste qui enquêtait sur le narrateur est retrouvée noyée, etc.”

Il est souvent difficile de parler d’un roman qui vous a bien cogné. Parfois, il est même impossible de vraiment savoir ce qui a bien pu vous séduire dans une histoire. Bien sûr, le parcours du narrateur dont on ignore le nom, de 1960 à 1984, j’ai fait le même chemin et l’évocation de l’époque aurait pu me séduire mais on ne trouve que très peu de références temporelles à part les J.O. de Munich en 72, des mouvements insurrectionnels en Iran et de manière beaucoup plus accentuée les débuts du HIV. Pas de réelle Madeleine de Proust à se mettre sous la dent ici. Le décor est réduit à sa plus simple expression, aucune indication de lieu, aucun patronyme pour les membres de la famille. Ce minimalisme oblige à une focalisation très pointue sur le malheur, l’abattement, les destins boiteux, les agissements aveugles ou stupides…concentrer le lecteur sur les existences à l’arrêt, stimuler l’imaginaire comme dans le théâtre Nô. Et puis le spleen, le malheur, la tristesse, la folie, le désespoir, le seum, le terrible taedium vitae, la chape de plomb, l’enfer avant la mort pour ces damnés.

De la noirceur crasse, dégueulasse, la pauvreté économique, la misère intellectuelle, une famille de cassos qui essaie de survivre avec des parents bien dézingués. Toutes proportions gardées, le début, c’est du Flannery O’Connor et on sait très rapidement que le roman ne va pas baigner dans l’euphorie et que sa lecture ne sera pas de tout repos. Dans cette assemblée de tarés, de ratés, de malades, arrive notre narrateur, touchant par certains côtés, se battant pour rester la tête hors du caniveau malgré le marasme, l’indifférence voire le mépris des autres, les souffrances qu’il endure, sauvé de temps en temps par une enseignante qui voyant son potentiel veut lui éviter le même monde que sa fratrie et ses parents. Un personnage qui endure son calvaire, seul, froidement comme un parcours inévitable, incontournable dans la vie. “Un animal à sang froid, peu attachant, un drôle de garçon quand il y pense, qui parle peu, qui est poli, sans plus…”

Voilà un roman qui pourrait n’être que la chronique très dure d’un enfant puis d’un adulte de la fin du XXème siècle si ne s’accumulaient autour de lui, dans son sillage, des tragédies, des horreurs et des meurtres. Articulé en trois parties très inégales dans la densité: les vivants, les morts et les fantômes, le roman est un véritable polar qui se double d’une dimension sociale avec le portrait d’une France provinciale des petites villes avec ses gueux, ses prolos et ses nantis de la bourgeoise locale, deux mondes, deux entités qui se côtoient mais ne se mélangent pas. Le style peut paraître bien quelconque, il ne l’est pas, parfaitement adapté aux tragédies qui peuplent le roman, au discours des personnages qui s’y perdent, s’y débattent avec leurs monstres intimes.

C’est douloureux mais c’est bien, très bien, dans le monde de Fajardie et pas loin de l’univers de la douleur muette et lancinante de James Sallis, et ouais !

Quel que soit le genre littéraire dans lequel on se cantonne et bien au-delà du fait de lire une quantité astronomique de romans, ce qu’il y a de réjouissant avec la lecture c’est d’être constamment surpris aussi bien par l’intrigue, notamment dans le domaine de la littérature noire, mais également par le style ce qui se révèle bien plus ardu avec cette sensation que tout a été créé dans le domaine et qu’il ne reste guère de possibilités innovantes en matière d’écriture. Pourtant on ne compte plus les voix dissonantes qui nous interpellent et qui nous dérangent parfois en nous sortant de notre zone de confort à l’exemple de James Ellroy (Le Dahlia Noir, Rivages/Noir 1988) ou de David Peace (1974, Rivages/Noir 2002) pour ne citer que quelques exemples emblématiques contemporains qui ont marqué le roman noir. Bien moins médiatisés et probablement moins excessifs, des auteurs comme Andrée A. Michaud (Bondrée, Rivages/Noir 2016), Pierre Pelot (Braves Gens Du Purgatoire, éditions Eloïse d’Ormesson 2019), Eric Plamondon (Taqawan, éditions Quidam 2018), Gilles Sebhan (Cirque Mort, éditions du Rouergue 2019), Kent Wascom (Le Sang Des Cieux, éditions Christian Bourgeois 2013)  ou Frédéric Jaccaud (Hécate, Série Noire 2014) ont également contribué à cette diversité en matière de style avec une écriture à la fois dissonante et surprenante, s’accordant à merveille avec les sujets parfois dérangeants qu’ils abordent au gré de leurs sombres récits. Loin d’être exhaustive, on pourra désormais ajouter à cette liste le nom de Noëlle Renaude, dramaturge française, qui nous livre avec son premier roman noir, Les Abattus, un récit déroutant qui s’articule autour d’un individu étrange dont la vie terne est ponctuée d’une singulière somme de faits divers frappant son entourage.

De 1960 à 1983, dans une petite ville de province, un jeune homme désincarné chronique dans son journal une vie sans fard au sein d’une famille aussi pauvre que dysfonctionnelle. Pourtant à mesure qu’il se raconte, on décèle quelques événements morbides qui ponctuent son existence comme le braquage dans lequel son frère est impliqué ou le meurtre de ses voisins. Et puis il y a ces flics et ces malfrats qui rôdent en se demandant s’il n’est pas en possession du butin que son frère lui aurait confié. Mais indifférent au monde qui l’entoure, le narrateur poursuit une existence morne tout en côtoyant une étrange journaliste qui s’interroge sur ces faits divers jusqu’à ce que qu’elle finisse par être victime d’une noyade. Et puis soudainement, le journal s’interrompt marquant la disparition brutale de celui que son entourage considère tour à tour comme une victime ou un suspect. Mais sait-on seulement s'il y a un lien entre tous ces faits divers ? 

Avec cette chronique d’une France ordinaire, Noëlle Renaude décline une succession de faits divers qui vont survenir dans le cours de la vie de ce personnage désincarné dont on ne connaît ni le nom, ni même le prénom en insufflant au texte ce sentiment d’étrangeté qui contrebalance avec la banalité de cette vie morne, presque déprimante au sein d’une famille frappée durement par la pauvreté dont on découvre toute la panoplie de dysfonctionnements sociaux qui vont avec. En parcourant cette première partie qui se décline sous la forme d’une espèce de journal où le jeune narrateur relate, avec une froideur qui fait frémir, tous les événements qui ponctuent son existence, on ne peut s’empêcher d’éprouver une espèce de fascination pour cet individu dont on ne sait pas vraiment quoi penser. Simple spectateur des faits divers qui frappent son entourage, ou manipulateur machiavélique, tout l’enjeu de l’intrigue réside dans le rôle que joue cet étrange narrateur qui semble totalement dépourvu de sentiment. Avec le regard distant de ce singulier protagoniste, le lecteur découvre cette dichotomie propre au roman noir au moment où la banalité du quotidien est soudainement bousculée par l’impact du fait divers en tentant vainement de faire le lien entre les multiples événements qui jalonnent son existence à l’instar du meurtre sanglant de ses voisins ou du braquage dont son frère est l’instigateur et avec lequel il entretient d’ailleurs des rapports ambigus. Au cours de cette chronique du quotidien, on découvre également les petites veuleries et les petites trahisons de toute une galerie de personnages qui gravitent autour du narrateur avec cette impression de mesquinerie et de secrets dérisoires que chacun d’entre eux semblent détenir et vouloir préserver à tout prix, comme une espèce de bien précieux comme cela semble être le cas avec Max, le beau-père de l’auteur du journal, ou Rachel, cette journaliste énigmatique qui s’acharne à vouloir éclaircir les zones d’ombre du meurtre des voisins du narrateur qui semble être un témoin-clé. 

Avec le décès de la journaliste que l’on retrouve noyée et la disparition soudaine du narrateur, Noëlle Renaude entraîne le lecteur dans une seconde partie qui apporte autant de confusions que de réponses en adoptant le point du vue des différents protagonistes qui ont fréquenté cet étrange jeune homme que tous s’accordent à définir comme refermé sur lui-même. Comme une toile d’araignée savamment élaborée, on découvre ainsi bon nombre d’interactions et de liens surprenants entres plusieurs personnages au gré de certaines interprétations qui se révéleront, pour quelques unes d’entre elles, complètement biaisées. On navigue ainsi toujours dans le doute quant au déroulement des multiples faits divers qui ont marqué certains des protagonistes, ceci d’autant plus que flics et enquêteurs amateurs ne parviennent pas à trouver d’explications au sujet de la disparition du jeune homme et de corrélations entre les multiples événements qui ont jalonné sa vie. Il faut dire que l’on côtoie des femmes et des hommes résolument ordinaires qui n’ont absolument pas le profil d’enquêteurs chevronnés qui seraient dotés de facultés hors norme en matière d’investigation. C’est bien le coup de génie de Noëlle Renaude de faire en sorte que le quotidien, que l’ordinaire reprennent le dessus au détriment de toute velléité de résoudre ces singulières affaires qui sombrent dans l’oubli.

On baigne ainsi dans un environnement glauque et déprimant où la résignation semble être le mot d’ordre qui frappe l’ensemble de protagonistes choisissant de reprendre le banal cours de leur triste existence tandis que dans une troisième partie prenant la forme d’un épilogue, Noëlle Renaude donne la parole aux morts ou plutôt aux fantômes qui vont finalement nous éclairer sur le destin de certains des personnages principaux. En adoptant cette dimension surréaliste, la romancière met ainsi en lumière quelques quiproquos et quelques éléments surprenants qui vont nous permettre d’avoir un vision saisissante sur l’ensemble d’un récit se révélant finalement bien plus terrible qu’il ne le laissait paraître.

Nouvelle voix originale, sortant du registre habituel du roman noir à caractère social, Noëlle Renaude nous livre avec Les Abattus un récit âpre à l’atmosphère à la fois poisseuse et cafardeuse qui s’inscrit dans le quotidien ordinaire d’individus troublants qu’elle met en scène avec un indéniable talent autour d’une succession de faits divers singuliers. Une réussite.

Quatrième de couverture


Un jeune homme sans qualité relate ses années d’apprentissage entre 1960 et 1984 dans une petite ville de province, au sein d’une famille pauvre et dysfonctionnelle. Marqué par la poisse, indifférent au monde qui l’entoure, il se retrouve au centre d’événements morbides.


Mon avis


Les vivants (1960-1983), les morts (1982-1983), les fantômes (2018), voici les trois parties qui constituent ce roman. La plus grande sera la première, la plus petite, la dernière. J’ai été totalement conquise par ce livre. Le phrasé, l’approche des situations m’ont beaucoup plu. La forme est singulière avec beaucoup de dialogues en style indirect. Cela donne plus de recul sur ce qui est présenté, expliqué. Le lecteur assiste, impuissant, aux différents événements et cette façon d’écrire va très bien avec le contenu.


Dès le début, c’est un jeune garçon qui prend la parole, qui raconte sa vie, dans son foyer avec toutes les difficultés dues au manque d’argent, aux problèmes rencontrés tels le chômage, la maladie, la violence familiale…. Rien ne lui est épargné. Sa vie n’est pas aisée, il essaie d’avoir des amis mais quand on vit dans un milieu « pauvre », on ne peut pas fréquenter n’importe qui… Le plus dur pour lui, c’est que parfois, il ne peut pas choisir, c’est la vie qui le fait pour lui, des rencontres qui s’imposent, envahissant de temps à autre son quotidien, l’emmenant là où il ne serait pas forcément allé…. Il y a en toile de fond, sa vie, faite un peu de bric et de broc, sa survie quand il n’a plus rien à quoi se raccrocher… et en filigrane, des actes violents qu’on ne connaît pas dans le détail, qui ne sont pas décrits, mais qu’on sent, là, sous-jacents. C’est très bien intégré au récit, ça en fait partie mais presque « en douceur »…. C’est une narration subtile, avec une approche poétique quelques fois. « Le ciel délavé par la chaleur est juste une plaque de fonte. »


J’ai été totalement conquise par l’écriture de Noëlle Renaude, elle a une force particulière, que je peine à expliquer. On dirait que beaucoup de choses sont « contenues » mais prêtes à exploser. Et ça se sent dans les phrases, dans les mots. Ils sont posés, puissants, porteurs de sens, entraînant le lecteur dans cet univers en demi-teinte où tout n’est peut-être qu’apparence … Cela crée une atmosphère étrange, où tout peut changer d’un moment à l’autre, tant la banalité de la mort fait partie de la vie…..et peut bouleverser, ou pas, la linéarité des jours …..

J’ai beaucoup apprécié la personnalité des différents protagonistes. Tous ont une part d’ombre, des tourments cachés, une particularité délicate à partager …. Le jeune homme et le flic sont les plus captivants, par ce qu’on apprend d’eux petit à petit, au fil des pages, découvrant ce qui a été tu. La construction en trois parties est également intéressante, les unes et les autres se complétant, s’éclairant jusqu’aux révélations finales.


Je ne connaissais pas les écrits de Noëlle Renaude, j’ai découvert qu’elle avait publié des pièces et que « Les abattus » était son premier roman. Il est vraiment abouti, réussi, surprenant, abordable tout en restant dans un registre d’expression qui flirte avec le théâtre tant les scènes décrites sont « palpables » en peu de mots. Pour moi, c’est non seulement une magnifique découverte mais également un recueil que je n’oublierai pas de sitôt tant les personnages et le fond et la forme m’ont marquée.


Qu’est-ce que je vous disais sur les polars français ? Ca continue avec Les abattus de Noëlle Renaude.


Nous avons un jeune homme qui a eu une vie de merde. Famille pourrie, une mère qui ne s’occupe pas de lui, deux grands frères qui le tabassent, un père qui se casse, un beau-père au mieux indifférent. Des appartements pourris, pas de copains ou presque. Puis des boulots sans intérêt, toujours pas de potes …

Seules aspérités de cette vie morne, quand les voisins du dessus se font égorger dans leur sommeil, ou que les flics viennent poser des questions sur le frère cadet qui est devenu truand. Alors quand il disparaît du jour au lendemain, le moins que l’on puisse dire, c’est que ça ne fait pas les gros titres.

Et voilà, je suis encore maudit. Je vais être clair, ce roman est très cohérent, original et bien écrit. Cohérent parce que l’écriture est très plate, j’ai l’impression que l’auteur veut décrire le vide de certaines vies, et elle y arrive parfaitement.

Mais vraiment, les vies vides, déjà en général ça ne me passionne pas, mais alors en ce moment, je ne peux pas. Putain, au début on a envie de secouer les personnages de leur dire de faire quelque chose, pleurer, gueuler, tuer quelqu’un, casser quelque chose, devenir cons, se révolter, voler, fracasser. Quelque chose merde. Mais non rien.

Il ne sentent rien, ne disent rien, pas d’émotion pas de réaction. Pas de souffle, pas d’ampleur, on est comme enfermés dans une médiocrité absolue. Le problème, pour moi, est que ça dure plus de 400 pages, alors ça fait long. Bref, mes collègues blogueurs sont enthousiastes, donc ça doit être bien. Objectivement, c’est bien écrit et construit ; subjectivement, je me suis profondément ennuyé.

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