
Le Nexus du docteur Erdmann
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l’avis des lecteurs
Le Nexus du docteur Erdmann de Nancy Kress est la deuxième parution de la collection Une heure Lumière des éditions Le Bélial’. Il a été publié aux États-Unis en 2008 puis traduit en France en 2016. Le roman a obtenu le prix Hugo du meilleur roman court en 2009.
Quand j’ai lu le pitch de ce roman, j’ai pensé au vieux film Cocoon de Ron Howard sorti en 1985 où des pensionnaires d’une maison de retraite retrouvent une nouvelle jeunesse grâce à des cocons extra-terrestres. Cependant, hormis l’age des personnages principaux des 2 œuvres, il n’y a pas grand chose en commun entre les 2. Dans le roman de Nancy Kress, Henry Erdmann, 90 ans est un ancien physicien qui a consacré sa vie à la science. Il vit dans une maison de retraite médicalisée mais continue à donner ponctuellement des cours à l’université. Lors d’un malaise, il croit que sa fin est venue. Pourtant, ce n’est pas le cas et le docteur Erdmann découvre vite qu’il n’est pas le seul dans son cas. Plusieurs autres pensionnaires de la maison de retraite ont eu au même moment que Henry les mêmes symptômes que lui et d’étranges événements surviennent simultanément.
La plume de Nancy Kress est toujours très agréable et fluide et on se laisse entraîner facilement dans son histoire. Le fait d’avoir des personnages vivant dans une maison de retraite médicalisée est original pour un roman de science-fiction. On retrouve le thème de la danse chère à l’autrice avec une des pensionnaires. Le personnage principal, le docteur Erdmann, est particulièrement réussi avec son côté bougon et scientifique dans l’âme. Les autres pensionnaires offrent un panel sympathique de différents caractères, certains plus intéressant que d’autres.
Le côté enquête de la novella est très bien mené et intéressant à lire. L’aspect purement SF arrive un peu bizarrement dans le récit sans que l’on sache trop d’où. L’apparition du vaisseau spatial dans l’histoire est soit trop peu exploitée soit pas assez, et on a du mal à savoir à quoi il sert vraiment. Ce n’est pas dérangeant tant l’histoire se lit de manière plaisante et entraînante mais cela donne juste l’impression de rester un peu sur sa faim.
Le Nexus du docteur Erdmann est ainsi une novella réussie avec un cadre d’histoire original et des personnages attachants et offrant des personnalités très différentes parmi les protagonsites. La plume de l’auteur rend le récit vif et plaisant. L’aspect scientifique est un peu abscon et pas vraiment clair. Néanmoins on passe un agréable moment en compagnie de ces nonagénaires.
Je pense qu’à ce stade, il est inutile de rappeler à quel point j’adore cette collection. Même si, pour le moment, je suis encore très loin d’avoir chroniqué ou lu tous les opus Une-Heure-Lumière, le fait que je me sois, à terme, promis de le faire, constitue sans nul doute le témoignage le plus fort de mon attachement à ces ouvrages. Mais, ce qu’il me faut bien reconnaître, c’est que désormais, à chaque fois que j’en entame un nouveau qui ne me soit pas encore passé sous les yeux, ma peur grandit. Une peur irraisonnée, et même un peu bête, celle de ne pas l’aimer, celui là. Je sais pertinemment que ce ne serait pas grave, loin de là, cela ferait juste tomber le ratio d’un infime pourcentage. Mais quand même, la peur de la déception grandit à chaque fois, tout comme la peur d’inconsciemment me forcer à aimer pour ne pas avoir à me confronter à cette déception.
Et pour l’opus qui nous concerne aujourd’hui, on n’est pas passé loin. Je vais vous raconter tout ça.
Nancy Kress nous narre l’histoire commune de quelques pensionnaires d’une résidence américaine, en particulier celle du docteur Erdmann, nonagénaire, entouré d’une galerie de personnages colorés et variés, tant par l’âge que les occupations et les caractères. L’enjeu principal du récit se concentre autour d’une série d’incidents de nature étrange frappant le docteur et certains de ses coreligionnaires, et bien entendu, leurs conséquences.
Un texte singulier, pour le moins, autant par son ton, volontiers décalé et léger, que par certaines de ses thématiques plus sombres voire angoissantes. On y évoque beaucoup de choses en peu de mots, avec une élégance certaine, mais on se demande un peu où on va, et surtout pourquoi on y va. On alterne les points de vue, à la fois pour faire avancer l’intrigue d’une façon dynamique, et également pour susciter la curiosité ou éteindre quelques questionnements annexes qui ne seraient pas forcément pertinents. Se détache du tout à la fois une maîtrise clinique mais un peu froide et des surgissements organiques mais chaotiques. Un mélange très déroutant, pour un récit dont je n’ai pas réussi, pendant une bonne partie de ma lecture, à savoir si je l’appréciais ou non, un peu perdu entre les différents aspects de sa construction. Car bien que j’appréciais sa narration et ses personnages bien campés autant que le mystère qui s’en nourrissait, j’étais plus circonspect quant à l’issue globale, car si une énigme peut être appétissante, son goût sera la plupart du temps déterminé par l’habileté de sa conclusion.
Et c’est précisément cette conclusion qui m’a finalement amené à refermer cette novella avec une hochement de tête entendu. En douceur, sans prétention ni jugement, Nancy Kress a finalement tissé sous mes yeux une tapisserie délicate, dont l’image ne m’est apparu qu’au moment où elle l’achevait, donnant finalement sens à tout ce que j’avais lu et à propos de quoi je m’étais interrogé au fil de ma progression. Si l’aspect science-fictif ne se révèle finalement qu’une explication, plus qu’un prétexte ou un contexte, ce dont je ne suis pas toujours friand, y voyant souvent un faux-fuyant malhabile ; son aspect aussi meta que diégétique lui donne ici une saveur qui me flatte le palais. Il transforme en effet tout ce récit en une sorte de gigantesque métaphore ou questionnement, selon les interprétations possibles, qui a mon avis sont multiples, toutes aussi intéressantes les unes que les autres. Je ne saurais jurer exactement du sens que Nancy Kress a voulu lui donner, mais je serais content, un jour ou l’autre, de confronter mon souvenir et mon interprétation personnelle à une nouvelle lecture, histoire de voir où j’en serai.
Mais comme souvent, je suis avant tout content que ce texte, comme d’autres, puisse m’habiter un temps, pendant que, patiemment, je l’ingère et l’intègre. Un jour sans doute, j’y repenserais, encore, et mon avis changera, ou pas. Mais dans tous les cas, j’aurais sans doute un petit sourire et je secouerai la tête à l’idée que ce texte, comme tant d’autres, m’aura accompagné si longtemps et aura changé, même si peu, qui je suis.
Cette novella, publiée dans la collection Une Heure Lumière des éditions Le Belial’, marque ma découverte de l’auteure. Évidemment, avant de lire la nouvelle, j’ai cherché la signification du mot nexus : un nexus est une connexion, généralement là où de multiples éléments se rencontrent.
Pendant que dans l’espace un vaisseau change brutalement de direction, Henry Erdmann, physicien nonagénaire, vit dans une maison médicalisée tout en ayant conservé une activité à l’Université. Peu à peu, des phénomènes étranges arrivent en même temps aux pensionnaires de la maison de retraite.
J’ai beaucoup apprécié le ton de cette nouvelle, et l’attention apportée aux personnages, que ce soit les habitants de la maison médicalisée ou ceux qui gravitent autour. Le Docteur Erdmann est un intellectuel qui n’aime pas ceux qui n’ont pas un talent comparable au sien, et les descriptions des autres résidents sont savoureuses. L’aide-soignante qui fuit son ex-mari violent, le médecin chercheur ou encore les policiers sont des personnages secondaires intéressants, auxquels on s’attache rapidement.
Chacun des retraités interprète le phénomène qu’il subit selon sa propre croyance ou ses convictions, ce qui offre des pages croustillantes sur les différentes visions d’un même événement. L’intrigue avance, et l’histoire confine au Fantastique plus qu’à la Science-Fiction, mais la plume de l’auteure la rend agréable et captivante.
On peut regretter par la résolution trop facile du mystère par un des protagonistes, et dans un roman ce serait un écueil. Mais dans une novella qui tourne autour d’une idée-phare, ça passe. Heureusement, car il ne faut pas chercher à comprendre parfaitement la fin : chaque lecteur aura sa propre explication sur ce sens de ce nexus !
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