Les visages écrasés
  • Date de parution 11/05/2022
  • Nombre de pages 368
  • Poids de l’article 198 gr
  • ISBN-13 9791033911234
  • Editeur HARPERCOLLINS
  • Edition Livre de poche
Thriller Romans noirs

Les visages écrasés

3.71 / 5 (226 notes des lecteurs Babelio)

Résumé éditeur

Un roman noir à offrir de toute urgence à votre DRH  « Le problème, ce sont ces fichues règles de travail qui changent toutes les semaines. La tension constante suscitée par l’affichage des résultats de chaque salarié, les coups d’oeil en biais, le doute permanent. L’infantilisation, les avertissements comme punition, les objectifs inatteignables. Les larmes qui coulent pendant des heures, quand on se retrouve. Les injonctions paradoxales, la folie des chiffres, le flicage, la confiance perdue. La peur et l’absence de motspour la dire.Personne ne le sait mieux que moi. Vincent Fournier, salarié d’un centre d’appels au bout du rouleau, m’a tout raconté avant que je mette fin à ses souffrances. C’est mon métier, je suis médecin du travail. Écouter, ausculter, vacciner, produire des statistiques. Mais aussi : soulager, rassurer. Et soigner. Avec le traitement approprié, quel qu’il soit... »  À propos de l’auteurMARIN LEDUN est l’auteur d’une douzaine romans, dont En douce (prix Transfuge 2016) et L’homme qui a vu l’homme (prix Amila-Meckert 2014). Les Visages écrasés a reçu plusieurs prix, dont  notamment le Grand Prix du roman noir du festival de Beaune en 2012 et le Trophée 813 du meilleur polar français en 2011.  Il occupe également une place de choix dans Le dictionnaire amoureux du polar de Pierre Lemaitre.« Une mécanique perverse, remarquablement dépeinte dans toute sa froideur clinique, sa folie destructrice. » Le Monde des livres« Un thriller social qui donne des envies de vacances ad vitam. » Libération« Un roman terrible et vengeur. »  Télérama« Un drame aux allures de thriller. » LivresHebdo

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  • Date de parution 11/05/2022
  • Nombre de pages 368
  • Poids de l’article 198 gr
  • ISBN-13 9791033911234
  • Editeur HARPERCOLLINS
  • Edition Livre de poche

l’avis des lecteurs

Le noir est une affaire sérieuse qui à la lumière des codes du polar ne se prend jamais au sérieux.

Romancier, mais également ingénieur en sciences humaines et sociales, Marin Ledun a eu la bonne idée de s’interroger sur les raisons qui l’ont conduit à se lancer dans l’écriture de romans noirs en évoquant son parcours, ses réflexions et ses références au gré d’un remarquable essai à la fois pertinent et synthétique qui prend la forme d’un bel opuscule dont la couverture élégante, ornée d’un visage au regard incisif souligne le titre de l’ouvrage, Mon Ennemi Intérieur. Ce regard incisif, on le retrouve bien évidemment dans le texte qui débute avec cette question essentielle que l’on ne cesse de poser à l’auteur : « Pourquoi écrivez-vous du roman noir ? » avec, de manière sous-jacente, cette espèce de commisération qui émane d’un interlocuteur ayant parfois une piètre estime pour un genre bien trop anxiogène qui ne correspond définitivement pas aux critères des succès commerciaux littéraires tels que les thrillers où les effets prennent davantage le pas sur le fond de l’intrigue. A partir de cette interrogation, Marin Ledun se plaît à décortiquer de manière très subjective et bien loin de tout postulat scientifique, tous les éléments qui marin ledun,mon ennemi intérieur,éditions du petit écart,éditions pointsl’ont mené vers ce qui s’apparente désormais à un véritable métier, écrivain de romans noirs, pour nous livrer une impressionnante mise à nu de sa démarche littéraire. Engagement social, examen sans fard d’une société en crise, Marin Ledun ausculte ainsi les aspects d’un genre qu’il affectionne depuis toujours, ceci aussi bien en tant que lecteur d’écrivains qui ont influencé ses choix et son travail. L’air de rien, on s’achemine de cette manière sur une définition du roman noir propre au romancier et sur laquelle le lecteur pourra développer ses propres réflexions en prenant en compte les références d'auteurs emblématiques qui ponctuent cet essai. Rien de pontifiant ou de rébarbatif dans ce trop bref ouvrage auquel on agréera sur de nombreux points essentiels tel que le fait que l’on peut concilier divertissement et réflexion autour d’un genre populaire qui ne cesse de s’interroger sur le monde qui nous entoure. Ce qu’il importe également de souligner avec Mon Ennemi Intérieur c’est cette part d’ombre personnelle et professionnelle, notamment au sein de France Telecom, que Marin Ledun évoque avec beaucoup de pudeur et qui explique également, d’une certaine manière, son engagement pour un genre littéraire qui lui convient parfaitement faisant probablement figure de catharsis à l’instar d’un roman tel que Les Visage Ecrasés, ouvrage emblématique de l’auteur qu’il convient d’évoquer alors que la notion de « harcèlement moral institutionnel » a été prise en compte dans le verdict récent du procès France Telecom.

Non loin de Valence, Carole Matthieu officie en tant que médecin du travail au sein d’une entreprise de téléphonie où elle voit passer depuis quelques années des employés à bout de souffle comme Vincent Fournier qui semble faire les frais de réformes et de méthodes de management aberrantes. Incapable de juguler cette épidémie qui frappe le personnel, le docteur Matthieu observe, impuissante, une succession d’hommes et de femmes présentant des formes sévères de dépression quand ce ne sont tout simplement pas des idées suicidaires que les employés évoquent devant la praticienne. Avec une direction sourde à la détresse de son personnel, encourageant d’ailleurs des pratiques managériales délétères, Carole Matthieu ne sait donc plus vers qui se tourner pour dénoncer ces dérives qui déciment les salariés. Mais la doctoresse déterminée et ulcérée va tout mettre en œuvre pour appliquer le traitement adéquat afin de restituer une once de dignité à des individus laminés par leur emploi. Un traitement à l'impact mortel.

Le Couperet (Rivages/Noir 1998) de Donald Westlake évoquait la difficulté d’un demandeur d’emploi à retrouver du travail qui le contraignait à éliminer ses concurrents en vue d’obtenir le poste convoité. Avec Les Visages Ecrasés, Marin Ledun adopte cette même logique béhavioriste extrême au sein d’une entreprise en pleine restructuration qui broie ses employés au grand dam de cette médecin du travail qui ne sait plus vers qui se tourner pour mettre fin à ces méthodes managériales délétères. Chez Donald Westlake il y avait ce cynisme mordant tandis que chez Marin Ledun c’est ce désespoir latent qui imprègne chacune des pages d’un récit qui vous accable littéralement en suivant le parcours de Carole Matthieu, qui prend la forme d’une fuite en avant. Méthode ultime pour restituer la dignité de ses patients et alerter l’opinion public, la solution résiderait donc dans le crime qui devient l’argument définitif, le traitement extrême pour lutter contre les dérives d’une direction et d’une hiérarchie instaurant un climat de travail toxique qu’elles mettent sur le compte de ses employés minés par leurs problèmes personnels qui n’auraient aucun lien avec leur emploi. Marin Ledun passe donc au crible les rapports parfois malsains qui régissent les employés de cette société de téléphonie en passant par les préposés aux appels, surnommés les lignards ce qui n’a rien d’anodin, puis aux cadres de proximité et à la direction tout en mettant en exergue le fait que selon le positionnement hiérarchique qu’ils occupent et l’interlocuteur vers qui ils se tournent, ces hommes et ces femmes endossent le rôle de bourreau ou de victime quand ce ne sont pas tout simplement les deux. Une tragédie humaine qui fait écho à la froideur des rapports médicaux des confrères de Carole Matthieu énumérant les maux de ses patients et qui ponctuent un texte où les sentiments de détresse et d’urgence rythment une intrigue haletante dont l'épilogue à l’impact puissant vous assèche l'esprit avec une mise en abîme terrifiante de cette protagoniste sacrifiée qui a perdu de vue le fait essentiel qu'elle est une salariée comme une autre. Un oubli qui conduit Carole Matthieu à sa perte au terme d'un effroyable parcours.

Ainsi Les Visages Ecrasés devient l’un des romans noirs emblématiques dénonçant les dérives du monde du travail en s’appuyant sur les principes d’un genre que Marin Ledun dépeint avec pertinence dans Mon Ennemi Intérieur en vous donnant, au travers de ces deux ouvrages, une belle vision du potentiel d’une littérature noire résolument engagée. Indispensable.

Le pitch

Une plate-forme d’appels d’un groupe de télécommunications qui ressemble à s’y méprendre à celle de France Télécom – Orange. La narratrice est une femme, médecin du travail, remplie de colère et de compassion. Elle est devenue le réceptacle des douleurs que subissent (ou infligent) ces salariés humiliés, poussés au suicide ou à la violence. Impuissante à endiguer ce mal-être, elle passe à l’acte. Un roman noir, rare, qui traite de la souffrance au travail 


Pourquoi je vous le conseille ?

Pour vivre de l’intérieur les dérives d’un système de management décérébré responsable d’une souffrance au travail injustifiable. Pour Carole Matthieu, femme médecin qui a touché le fond, désespérée de ne pouvoir tous les sauver, et qui perd pied. Pour découvrir un grand auteur de romans noirs politiques, d’un grand éclectisme et qui touche ici à un sujet rarement traité en littérature.

MATIÈRE À RÉFLEXION. On s’y croirait. Marin Ledun a lui-même vécu l’expérience douloureuse d’une dépression en conséquence de la politique managériale très agressive de France Télécom, au début des années 2000. Il dresse un tableau sans concession et frontal des méthodes de travail des « ressources humaines » d’une entreprise de téléphonie qui encourage la suspicion et la délation. Un livre qui rend visibles ces femmes et ces hommes broyés par la mécanique du rendement, du profit, quoiqu’il en coûte. Un sujet qui n’a pas l’air super sexy au premier abord, et pourtant. L’intrigue, déroutante, interroge notre monde du travail et ses nouvelles formes d’aliénation… À méditer.

UNE HÉROÏNE MI-ANGE MI-EXTERMINATEUR. C’est une femme qui perd pied. Elle raconte sa course contre la montre pour faire émerger l’autre histoire, celle que l’on ne veut pas voir, celle des victimes des conditions actuelles de travail. Elle a « tout donné » pour sauver ces salariés humiliés et elle s’avoue vaincue : elle n’arrivera pas à les sauver. Alors, que faire ? Il y a un zeste d’Ellroy dans ce personnage au bout du rouleau, qui avalage des cachetons comme des M&Ms, et qui ne vit plus que par et pour son obsession.

UNE ÉCRITURE NERVEUSE. J’adore le style de Ledun. Il nous embarque avec des phrases courtes, dans l’action, avec des ellipses et des dialogues intérieurs d’une grande force. On est vraiment dedans.


C’est arrivé ! Cela fait deux fois que je vous dit ici qu’un roman de Marin Ledun est passé près de quelque chose de très fort. Cela avait été mon impression avec La guerre des vanités une première fois, et de nouveau avec Zone est (pour d’autres raisons). Et chaque fois je me disais qu’il ne manquait pas grand-chose. Et bien c’est arrivé, il ne manque rien au dernier, Les visages écrasés.

Valence, une plate-forme téléphonique. D’un opérateur quelconque. Carole Matthieu est médecin du travail. A longueur de journée elle voit défiler ceux qui craquent, qui ne tiennent plus le coup, qui perdent le sommeil, les cheveux, les kilos … Au fil des ordres, contre-ordres, changements de postes, d’objectifs. A cause de la pression d’un management inhumain, lui-même sous la pression d’actionnaires invisibles mais tout-puissants. Carole sait qu’elle ne fait que panser des plaies sans attaquer la racine du mal, qu’elle ne fait que retarder l’inévitable. Alors, pour alerter le monde sur ce qui se passe dans le monde du travail, Carole est prête à tout. Vraiment tout.

Et voilà donc, Marin Ledun passe à la vitesse supérieure. Rien à redire à cette charge implacable, à lire de toute urgence. Et ce pour plusieurs raisons.

La première est que les romans noirs ayant pour cadre le monde du travail sont suffisamment rares pour que l’on salue Les visages écrasés. J’en oublie certainement, mais je ne vois guère que Dominique Manotti (avec Lorraine connection ou Sombre sentier), François Muratet avec Stoppez les machines !.

Ensuite Marin Ledun sait parfaitement de quoi il parle (il est auteur d’un essai sur le thème de la souffrance au travail).

Et enfin et surtout, il livre là son roman le plus abouti. Ecrit à la première personne, le roman nous entraîne sans rémission dans la spirale de sa narratrice. Le lecteur étouffe avec elle, enrage avec elle, a envie de hurler avec elle. Pas un seul rayon de soleil dans la descente infernale de Carole Matthieu, pas une bouffée d’oxygène, seulement le stress, la pression, l’horreur. L’enchaînement atroce, de petit renoncement en petit renoncement est parfaitement disséqué, la descente palier par palier, sans possibilité de retour autopsiée.

Se pose alors une question. Comment en est-on arrivé là ? Pourquoi n’y a-t-il pas plus de révoltes, de grèves ? Comment la société est-elle arrivé à transformer un mouvement ouvrier uni (relativement uni), solidaire (relativement solidaire), fier de son travail même (et surtout) quand il était insupportable et conscient de son appartenance de classe en cet agglomérat d’individualismes, d’égoïsmes, de désespoir, de gens qui croient tous être du bon côté du manche jusqu’au moment où ils le prennent sur la gueule, et surtout de travailleurs qui rentrent le soir honteux de ce qu’ils ont fait durant la journée ?

Vous imaginez bien que je n’ai pas la réponse. Et que Les visages écrasés ne l’apporte pas davantage. Mais ne serait-ce que parce qu’il pose la question, ce roman implacable est indispensable.

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