
Nos vies
Résumé éditeur
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l’avis des lecteurs
Résumé
Mon avis
Deux volets qui s’entrouvent…… De l’ombre à la lumière, une femme se dévoile……
Personne ne pouvait savoir ce qu’il y avait de l’autre côté de la première mort de grand-mère Lucie. J’étudiais le latin, je pensais que la lumière était réfugiée toute dans son prénom, et dans une poignée de mots qui lui allaient bien, lucide, luciole. J’ai appris à regarder pour elle et à me souvenir pour faire moisson et brassées, et tout réinventer. Je n’ai jamais perdu la main, en plus de quarante ans. (p19)
Car parler d’elle, ce n’est pas l’habitude de Jeanne, c’est une femme repliée sur elle-même, qui ne s’épanche pas, qui ne se plaint pas, qui ne se livre pas même auprès des siens, mais elle a une vie riche d’observations, d’élucubrations, une créatrice de vies quelque part (comme un écrivain le fait) : un visage, une attitude, un geste, une voix, une allure et voilà que l’histoire de chacun commence à se construire.
Je vois l’homme chaque vendredi matin, il est là, il ne manque pas, il est sûr, je le vois et je pense qu’il est comme un olivier brassé de vent fou ; il plie et ploie et tient, a tenu, tiendra. (p43)
Les routines que nous avons tous, plus ou moins, tous les jours les mêmes rites, les mêmes rencontres, les mêmes habitudes
Il y a de la douceur dans les routines qui font passer le temps, les douleurs, et la vie ; les gestes du matin, par exemple, les premiers au sortir du lit, la radio en sourdine la ceinture du peignoir le rond bleu du gaz sous la casserole le capiton usé des pantoufles les cheveux que l’on démêle avec les doigts, les gestes du matin font entrer dans les jours, ils ordonnent le monde , ils manquent si quelque chose les empêche, on est démangé, et ils sont plus que tous les autres difficiles à partager. (p69)
Les personnes qui partagent son existence ont d’autant plus d’importance qu’elles sont peu nombreuses. Sa vie c’est une routine, même son ancienne profession s’y plie : comptable, les chiffres, toujours les mêmes, immuables. Solitude des villes, indifférence, Jeanne partage les confidences d’une voisine, une douceur avec elle, mais le temps est là et ne dure pas car tout est appelé à partir, à disparaître.
Hier ma voisine du quatrième est morte. Il y a comme ça des périodes où les plaques tectoniques de nos vies se mettent en mouvement, où les coutures des jours craquent, où l’ordinaire sort de ses gonds ; ensuite le décor se recompose et on continue.(p58)
L’auteure nous fait partager la minutie de ses observations, en délicatesse, sans voyeurisme ni complaisance, de toutes ces vies qui nous entourent, que l’on pense parfois si différentes mais pourtant si semblables parfois à la nôtre. Elle évoque certains sujets comme le racisme, la différence, le handicap, la non-maternité, la souffrance, la famille, toujours calmement, doucement mais fermement comme éléments de nos vies et l’on s’y retrouve parfois. C’est un roman intimiste, une déambulation entre imaginaire et réalité.
Il nous est à tous arriver, au détour de quelques mots d’une conversation entendue à une terrasse, dans la rue, d’une file d’attente etc…. d’imaginer qui étaient ces personnes, qu’elles étaient leurs vies, on imagine leur monde, leur vie. Ici c’est fait avec soin, délicatesse, entremêlant vie de la narratrice et vies inventées, tout doucement, et peu à peu, Jeanne se dévoile car elle est en fin de compte le vrai sujet du récit. Au fur et à mesure de ses scénarios c’est le voile de sa vie personnelle qui se lève, pudiquement, car elle aussi a eu une vie, des mystères, des questions sans réponse, avant et peut être encore maintenant et après.
C’est autre chose que l’amour, c’est plus souple, plus confiant, c’est fluide et ça enveloppe sans embarrasser, ça n’empêche ni le vertige, ni la solitude ; c’est une question de place à inventer. (p118)
Jolie écriture, sensible, précise, récit composé d’un seul tenant, imprégné parfois d’expressions de sa région natale, avec le soucis du rythme. Mêlant souvenirs personnels (comme lors d’une émission de LGL : « Après 50 ans le corps dévisse » Pierre Ubac), qui résume assez bien ce que ressent Jeanne depuis qu’elle est en retraite, une photographie de notre époque et de notre société où l’on se cotoie mais on se connaît peu, de l’anonymat des grandes villes.
Voici cinq bonnes raisons de lire ce livre:
1. Parce que le livre est né, comme le raconte Marie-Hèlène Lafon « de la poitrine faramineuse de Gordana, rogue et blonde caissière frôlée au début des lointaines années 2000 au Franprix de la rue du rendez-vous, Paris douzième.»
2. Parce qu’en fait le livre est né à partir d’une nouvelle publiée en 2012 et intitulée «Gordona». J’aime bien cette idée de jeter une première histoire sur le papier, puis de constater son potentiel, de la laisser mûrir, puis d’accoucher d’un roman.
3. Parce que, comme l’écrit le magazine Lire – qui publie également un extrait du roman – «Marie-Hélène Lafon est une tisseuse, une gourmande de mots, une tricoteuse de phrases. Elle est cette Jeanne Santoire qui n’oublie rien puis recompose pour nous un microcosme qui commence à la caisse 4 du Franprix avant de s’ouvrir sur le monde entier.»
4. Parce que j’aime cette phrase piochée sur le blog de Zazy : «Les phrases sont longues, ponctuées, comme elle les aime, de virgules et points virgules (plus guère utilisé). L’écriture est riche, inventive. Avec Marie-Hélène Lafon, je prends un bain de mots que les voyelles font mousser, les ponctuations me soutiennent dans ma lévitation au pays de ses rêves.»
5. Parce que j’aurai grand plaisir à rencontrer Marie-Hélène Lafon, qui sera à Mulhouse le 14 novembre, à la librairie 47e Nord à 20h.
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