
La route de la conquête
Résumé éditeur
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l’avis des lecteurs
J’avais beaucoup aimé Port d’âmes de Lionel Davoust ainsi que les nouvelles que j’ai pu lire de lui dans différentes anthologies. J’ai ainsi eu envie de lire d’autres écrits de cet auteur et je me suis procuré La route de la conquête aux Imaginales. Je suis très contente de ce choix, en effet j’ai vraiment adoré découvrir ces histoires se déroulant dans le monde d’Evanégyre. Ce livre est composé de 6 nouvelles:
- La route de la conquête
- Au-delà des murs
- La fin de l’histoire
- Bataille pour un souvenir
- le Guerrier au bord de la glace
- Quelques grammes d’oubli sur la neige
Seul Le guerrier au bord de la glace et La route de la conquête sont inédites. Les autres nouvelles ont été publiées dans des anthologies diverses. On pourrait le reprocher mais réunir ces nouvelles sous un même volume leur donne une cohérence et montre l’évolution de l’univers imaginé par l’auteur.
La route de la conquête est plus un court roman qu’une nouvelle. Stannir Korvosa est un personnage déjà présent dans La volonté du dragon que je n’ai pas encore lu (mais ce qui ne saurait tarder vu le bien que je pense des écrits de Lionel Davoust). Elle est ici généralissime de l’armée et est chargée des conquêtes pour l’empire d’Asreth. Cet empire dont le symbole est l’aigle et le peuple s’appelle les Asriens, veut imposer sa vision au monde pour l’empêcher de sombrer. Il veut conquérir le monde en essayant de conserver les cultures des peuples colonisés mais n’hésite pas à se servir de la force si nécessaire. Ce peuple manie la technologie et la magie et possède une armée très puissante avec des soldats dans de grandes armures comme l’illustre la très belle couverture du livre. La magie est possible grâce à l’utilisation de la dranaclaste, une roche. La généralissime dans cette nouvelle doit conquérir un continent où vivent des nomades pacifiques qui n’ont pas les mêmes notions de vie en société que l’empire. La technologie s’oppose ainsi à une vie basée sur le lien à la nature et l’entraide. Cette opposition est au cœur du récit et apporte son lot de questionnements au personnage principal et au lecteur. Le récit ne souffre d’aucun temps mort et se lit très bien d’un trait. On est pris dans cette histoire comme dans une toile d’araignée et on ne veut pas quitter cet univers fascinant qui se déploie sous nos yeux. J’ai beaucoup apprécié que les femmes dans cet univers ne soit pas reléguées à un rang de faire valoir comme c’est souvent malheureusement le cas. Le personnage de la généralissime, en conflit avec son aide de camp (une femme également), est un très bon exemple. Stannir Korvosa est un personnage très intéressant, hors du commun, et bien construit, elle justifie à elle seule l’intérêt de cette nouvelle! L’écriture de Lionel Davoust est très agréable et c’est vraiment très bien écrit. Cette nouvelle est vraiment très réussie et permet de mieux cerner le fonctionnement de l’armée de l’empire d’Asreth.
Au-delà des murs était parue dans l’anthologie des Imaginales 2011 Victimes et Bourreaux. Son personnage principal est Laenus Corvath, un ancien soldat ayant participé à la bataille des Brisants, affrontement terrible entre l’empire et les guerriers-mémoire du Hiéral. Ce soldat est victime d’une amnésie sélective et se trouve dans un institut spécialisé chargé de l’aider à réapprendre à vivre une vie normale. Cette nouvelle est pour moi une des deux meilleures de ce recueil. Elle est superbement écrite avec un climat angoissant et une constante hésitation dans ce qui est décrit. J’ai vraiment adoré cette nouvelle que je trouve superbe autant par son ambiance que par son écriture.
La fin de l’histoire est parue dans Mythologica en 2013 pour la première fois. L’auteur prend cette fois le point de vue d’un conservateur, Soval Veithar, qui accompagne les armées de conquête de l’empire. Son but est de recueillir la culture des peuples concquis pour les préserver une fois que ceux-ci auront accepté – de gré ou de force – leur assimilation dans l’Empire. L’histoire se passe en Isandra où le peuple n’a pas la même vision de la vie. Le choc des cultures est à nouveau important dans cette histoire qui permet de voir l’empire à travers un autre regard que celui d’un militaire. Certaines scènes sont très intenses et montre l’horreur des combats. C’est à nouveau une très belle nouvelle.
Bataille pour un souvenir a été nouvelle finaliste du Grand prix de l’Imaginaire en 2010 et du prix Imaginales 2009. Elle est parue dans l’anthologie Identités en 2009. Cette fois, l’auteur s’intéresse aux ennemis de l’empire à nouveau dans la bataille du plateau des Brisants. Le narrateur est Thelín un guerrier-mémoire. Ces guerriers sont redoutables, ils se battent avec une épée et sacrifient leurs souvenirs pour combattre. Cette nouvelle est la plus courte du recueil mais aussi la plus intense. Elle est très prenante et parfaitement écrite. La fin est à la fois terrible et très belle. Elle fait partie des deux que j’ai préféré avec Au-delà des murs. Ces deux nouvelles sont vraiment fabuleuses et elles resteront dans ma mémoire pour longtemps.
Le Guerrier au bord de la glace se situe dans le futur par rapport aux nouvelles précédentes. La technologie a progressé et cette fois les armures ont des ailes, sont hautes comme des immeubles, rendent le guerrier quasi invincible et sont liés par la pensée au guerrier qui la manie. La nouvelle est un peu longue au début avec un combat qui se prolonge un peu trop à mon avis. On y croise avec plaisir des dragons. La seconde partie est plus intéressante et gagne en intensité.
Quelques grammes d’oubli sur la neige vient conclure avec brio ce recueil. Elle date de 2010 et est parue dans l’anthologie des Imaginales Magiciennes et sorciers. L’époque y est indéterminée et la technologie semble avoir disparu. La magie et la religion existent cependant elles sont plutôt ennemies. Un roi requiert les services d’une sorcière pour sauver son royaume, grâce à ses pouvoirs de visions dans le temps. L’histoire est à la fois belle et poignante et on s’attache vite à ses personnages.
Ce livre est vraiment d’un très bon niveau. Une nouvelle est pour moi un peu en dessous des autres mais n’enlève rien au plaisir que j’ai eu à le lire. L’écriture de Lionel Davoust est magnifique. L’univers est fascinant et en constante évolution. Ce recueil permet de mieux cerner cet univers fabuleux qu’est Evanégyre. Il est très immersif et on a du mal à le quitter une fois le livre fini.
La Route de la Conquête réunit six novellas qui ont fait l'objet de publications antérieures dans différentes anthologies.
En les rééditant dans un seul recueil, les éditions Critic donnent aux lecteurs le recul nécessaire pour comprendre les grandes étapes par lesquelles est passé le Saint Empire d'Asrethia pour conquérir Evanégyre. Or, quand on s'est lancé dans la saga des Dieux Sauvages, la lecture de cette anthologie devient très éclairante.
C'est avec la novella éponyme de "La Route de la Conquête" que démarre ce livre. On y retrouve Stannir Korsova, trente-quatre ans après la difficile assimilation du petit royaume de Qhmarr lorsqu'elle accompagnait, en tant qu'aide de camps, le généralissime D'éolus Vastech (La Volonté du Dragon). Depuis lors, les choses ont évolué pour elle. En effet, celle que l'on surnomme aujourd'hui La Faucheuse, débarque dans la steppe dite de L'Océan Vert. C'est la dernière étape qui va marquer l'achèvement de la conquête de tout le quart sud-ouest du Grand Sud d'Heoga après une campagne militaire réussie pour cette commandante aux états de service irréprochables. Seulement, Stannir Korsova accuse les années et est lasse des guerres qu'il faut toujours mener. Or, la rencontre des nomades qui peuplent ce lieu mystérieux pourrait éclairer sous un jour nouveau ce qu'elle accomplit depuis si longtemps pour l'empire. Belle entrée en matière qui fait le lien avec un autre de ses romans phare, tout en en nous informant de la doctrine véhiculée par l'empire : "Conquérir et unifier pour le bien de tous".
Or, comme toute guerre, elle essaime son lot de violence et de morts. Justement, "Bataille pour un souvenir" et "Au-delà des murs", qui évoquent l'effroyable bataille des Brisants du point de vue des deux camps, forment un parfait témoignage des traumatismes engendrés et du questionnement sur la légitimité de cette guerre. Les soldats sont comme lobotomisés, sous l'influence de drogues, pour mener à bien leur sombre action. Lionel Davoust met le doigts sur l'envers du décor de tout conflit armé. Il nous immerge dans la tête d'hommes sûrs de leur fait, au point de commettre les pires ignominies et d'oublier jusqu'à leur identité.
Dans ces histoires de conquêtes coloniales, cet ouvrage ne se contente pas de nous dépeindre les avancées de l'armée impériale. Lionel Davoust a souhaité aussi nous donner un aperçu de la perception de cette assimilation par les populations locales. Si on s'arrête quelques instants sur "La fin de l'histoire", on prend la mesure de la gravité de la situation pour ces peuples qui se sentent acculés face à un ennemi qu'ils ne comprennent pas. C'est ainsi que les Isendrais préfèrent se suicider et assassiner leurs enfants plutôt que de passer sous la domination d'Asrethia. A travers cette novella, l'auteur nous rappelle que finalement la perception de l'Histoire et des victoires idéologiques est subjective et est souvent à voir du point de vue du vainqueur.
La Route de la Conquête, c'est une succession de récits de batailles armées ou diplomatiques. Lionel Davoust nous plonge dans la politique intérieure menée par l'empire. On suit tour à tour des hommes et des femmes embrigadés dans une soumission par la force, pas toujours bien acceptée. Sous le couvert de ne plus jamais revivre la guerre qui a entaché Evanégyre par le passé, un royaume décide, que pour le bien collectif, ils ne formeront plus qu'une seule entité, - et peu importe, les cultures et les désirs de chacun.
L'auteur nous emmène ici dans un rapport de force sanglant. Tel un général, il nous décrit très précisément les agissements de ce Saint Empire qui mène ses soldats à l'affrontement perpétuel.
Une série de novellas qui lève le voile sur la construction de cet empire, mis à mal par Wer, et dont il est question dans le cycle des Dieux Sauvages.
Pour ma part, je suis ravie d'avoir lu ce livre qui satisfait ma curiosité sur Asrethia. Des éléments sont révélés mais beaucoup de questionnements demeurent. Alors il n'y a plus qu'à patienter encore un peu car je suis convaincue que le tome 4 de sa grande saga sera très révélateur.
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