
Cookie monster
Résumé éditeur
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l’avis des lecteurs
Avis flash
Dixie a pris les traits, dans mon esprit de Judy Garland : elle est comme Dorothy dans Le magicien d’Oz. On croise dans le texte plusieurs références au conte. Ajoutons à cela le concept de boucle temporelle qui donne à certaines scènes l’impression d’un goûter sans fin (Alice au pays des merveilles) en moins rigolo. On a là une version modernisée et cyberpunk de deux contes anciens.
Mais Cookie Monster est surtout un texte de hard SF. Contrairement à ce que j’ai pu lire dans la majorité des chroniques de ce bouquin, c’est ardu. Ou alors, c’est moi qui suis dure à la comprenette… ! En attendant, ce charabia a clairement nui à ma compréhension de l’intrigue. J’ai donc écumé quelques sites et vidéos de vulgarisation sur l’informatique quantique (!) pour finalement, parvenir à saisir l’intrigue. Au terme d’une seconde lecture, quand même. Et donc j’ai pu expérimenter le vertige provoqué devant cette boucle sans fin, et réussi à comprendre le pourquoi du titre. Hourra.
Mais hourra un peu mollasson. Parce que sur le plan littéraire, ce n’était pas l’extase. Les reproches que je vais formuler sont connus et récurrents en hard SF. Certes, une page sympathique nous offre une intertextualité qui donne au texte des allures métalittéraires interrogeant le rapport entre réel et SF. Cependant, l’écriture est banale et les personnages creux. Je ne les ai pas trouvés crédibles du tout, notamment dans leurs réactions. Bon, je sais que la notion même de personnage est remise en question dans ce texte, alors peut-être ceci explique cela. Quant à la construction de l’intrigue, c’est tellement jargonneux et parsemé de dialogues inintelligibles que je peux difficilement dire qu’elle maintient efficacement le lecteur en haleine. J’ai en revanche apprécié le réquisitoire contre les grandes boîtes de la Silicon Valley, leurs pratiques commerciales, leur gestion RH…
Cette seconde expérience en hard SF pour moi (après Cérès et Vesta) est plutôt positive malgré tout. Ca me donne envie d’en lire davantage, d’autant que j’aime apprendre en même temps des choses. Mais la solidité scientifique d’un texte ne doit pas occulter ce qui pour moi fait l’intérêt d’un texte en premier lieu : ses qualités littéraires. Ca peut paraître binaire comme façon de voir les choses, mais j’ai encore ressenti un déséquilibre ici.
Cookie Monster de Vernor Vinge fait partie des touts premiers titres de la collection Une heure Lumière des éditions Le Bélial’. Le roman a été publié en 2003 aux États-Unis et a obtenu le prix Hugo du meilleur roman court et le prix Locus du meilleur roman court en 2004. Il appartient au registre de la de Hard-SF.
Après pas mal de galères, Dixie Mae pense avoir trouvé le job qui va lui assurer la sécurité. Après une semaine de formation, elle débute un travail au service client de Lotsa Tech, ni plus ni moins que la plus grande entreprise high-tech du monde. Lors de son premier jour, elle reçoit un message pour le moins troublant, et contenant des détails intimes sur son enfance. Dixie Mae décide de comprendre d’où vient ce mail et part à la recherche de ce mystérieux expéditeur en s’aidant des indices laissés dans le message.
C’est le début d’un jeu de piste qui va se dérouler à la manière d’Alice tombée dans le terrier en suivant le lapin blanc. Le terrier prend la forme d’un immense parc clos où se trouvent les locaux de LotsaTech au sein de la Silicon Valley. Comme Alice, Dixie Mae fera d’étranges rencontres, des geeks passionnés d’informatique principalement, et essayera de démêler le faux du vrai dans cette étrange atmosphère, qui rappelle Matrix par certains côtés, où l’on retrouvait aussi la référence à Alice au pays des merveilles et aux cookies.
On est assez facilement pris dans la quête de Dixie Mae et on a envie de comprendre ce qui lui arrive. Néanmoins, j’ai trouvé que l’auteur allait un peu trop vite par moments. Les personnages suivent un peu facilement Dixie Mae, la croyant presque sur parole, sans vraiment mettre en doute ce qu’elle affirme. Certains passages, surtout dans la dernière partie, ne sont pas évidents à comprendre, abusant de jargon scientifique. Cookie Monster ne fait pas partie des romans les plus accessibles de la collection de par son sujet.
Pourtant, l’auteur arrive à nous emmener avec lui, à suivre son Alice au pays de la Silicon Valley dégustant des cookies. Il façonne un jeu de piste qu’on prend plaisir à lire même si on ne comprend pas forcèment tout ce qui s’y passe.
Cookie Monster impressionne par sa maitrise narrative mais ne m’a pas autant séduite que d’autres titres de la collection Une heure lumière.
Comme toujours pour une tentative timide de reprise d’un rythme satisfaisant de lecture et de chronique, un UHL inédit. Mais avec une petite prise de risque personnelle cette fois, puisque j’ai un certain contentieux avec Vernor Vinge depuis ma tentative de lecture des Tréfonds du Ciel il y a quelques années, et mon amer abandon.
Alors c’est peut-être grâce à ce triste souvenir que j’ai attaqué la lecture de cette novella avec une prudence bienfaitrice pour mes yeux de lecteur, mais toujours est-il que la surprise fût au rendez-vous, apportant avec elle un réel et inattendu plaisir. le genre de plaisir qui me fait très honnêtement me demander si je n’ai pas simplement suffisamment évolué depuis la précédente déception pour désormais apprécier à sa juste valeur le travail de Vinge. Ou alors les deux ouvrages n’ont simplement rien à voir, c’est possible aussi.
Mais j’ai beaucoup aimé Cookie Monster, et je vais vous expliquer rapidement pourquoi, c’est pour ça que vous êtes là, après tout.
La première chose qui m’a positivement frappé et que je tenais à signaler, c’est assez surprenant, c’est le traitement fait par Vernor Vinge de ses personnages féminins, pour un bouquin de 2003. Mine de rien, ça date déjà un peu (oui, je sais), et moi qui essaie d’éduquer mes yeux depuis quelques années à cet aspect des récits que je parcours, j’ai été très séduit par la modernité de la plume de l’auteur à cet égard. Alors certes, il est possible que l’ambiance du récit et certains de ses thèmes jouent en la faveur d’un joyeux accident, mais j’ai envie de croire à une décision aussi consciente que volontaire, mettant en lumière des femmes intelligentes et définies par leur caractère avant tout, dont les réflexions et les jugements sont les moteurs prioritaires de l’intrigue.
De même que je veux voir dans la progression de cette dernière une volonté d’aller à contre courant d’une construction classique d’un récit tel que celui proposé dans Cookie Monster. La formule est celle d’une sorte d’anti chasse au trésor, une enquête policière où on vole d’indice en indice au fil de la progression de notre héroïne et du groupe qui se constitue autour d’elle ; mais dépouillée de tous oripeaux spectaculaires. Je ne saurais pas le dire mieux, mais j’ai beaucoup aimé le fait que l’ambiance soit aussi posée et en quelque sorte cérébrale. Alors que pas mal des enjeux sont assez complexes pour le lectorat, nos personnages étant assez brillants, ils restent constamment dans une optique purement réflexive et calme, acceptant les faits dès lors qu’ils sont étayés par des faits prouvés et inattaquables. Et alors que les révélations s’enchaînent tout le long du récit, jamais on ne verse dans le putassier ou la surenchère, malgré la profondeur des enjeux présentés et le vertige conceptuel qu’ils impliquent. Et non seulement c’est merveilleusement cohérent, à l’aune de la novella et de façon un peu plus meta, mais en plus, j’avoue que c’est diablement rafraichissant, ce qui est un plaisir qui ne se boude pas.
De fait, à mes yeux, on est dans un texte de hard sf qui se camoufle malicieusement sous des airs plus légers et abordables et des atours cyberpunk, malgré quelques subtilités un peu ardues, peut-être. Mais demeure que j’ai beaucoup apprécié la balade et ses abords humains comme techniques et socio-politiques, dans un équilibre et un volume ma foi fort bien maitrisé·e·s : je comprends complètement les prix qui ont récompensé ce texte. Un nouvel UHL qui vient récompenser ma fidélité à cette décidemment bien belle collection.
Maintenant, reste à me décider sur le sort à réserver aux Tréfonds du Ciel et au reste de la bibliographie de l’auteur ; je crois bien qu’il a amplement mérité une seconde chance.
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