
La Nuit du faune
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l’avis des lecteurs
La nuit du faune de Romain Lucazeau est le roman de la rentrée chez Albin Michel Imaginaire. C’est le second roman de l’auteur après Latium publié en 2016 chez Denoël dans la collection Lunes d’encre, qui était à l’époque dirigée par Gilles Dumay (à la tête d’Albin Michel Imaginaire, pour les derniers au fond qui n’auraient pas suivi). Latium est un space-opera a obtenu le grand prix de l’Imaginaire dans la catégorie roman francophone. La couverture de La nuit du faune est signée Anouck Faure, son travail est assez hallucinant. Pour ceux que ça intéresse, allez lire cet article.
La nuit du faune est un roman assez déroutant dans la mesure où il ne ressemble pas à d’autres livres, et il est difficile à classer. L’auteur a voulu mélanger poésie et science et obtenir une poétisation de la science. Pour cela, il nous propose un voyage pour le moins intense, un voyage fantastique au travers des mythes et de la science-fiction, un voyage sous la forme d’un conte. Ce qui a de quoi attiser la curiosité mais aussi faire un peu peur tant le roman est riche en thématiques, en connaissances à la fois scientifiques et littéraires.
Quelque part sur sa montagne vit Astrée. Qui est Astrée? En apparence une petite fille mais en fait une créature très ancienne qui a choisi de vivre éloignée du monde en gardant l’apparence d’une petite fille. Un jour, elle a la surprise de recevoir la visite de Polémas, un faune vivant sur Terre. Le voyage a été périlleux pour Polémas mais il est animé par une volonté de connaissances, de comprendre afin d’aider son peuple. Astrée décide de l’aider en entreprenant avec lui un voyage vers les étoiles afin de connaitre les destinées des grandes civilisations ainsi que ce qui se cache dans l’univers.
Tout un programme! Un voyage au sein de notre univers dressé comme une série de tableaux en 12 chapitres, où l’on s’éloigne peu à peu de la Terre, où chaque chapitre est une rencontre particulière portant des réflexions, des connaissances que Astrée veut faire partager à Polémas. Car ce pauvre faune a bien du mal à voir où veut en venir Astrée et à comprendre ce qu’elle lui raconte par moment. Un peu comme moi, pauvre lectrice qui a eu le sentiment de nager dans cet océan de connaissances, de termes parfois peu évidents, de phrases un peu longues. Quand le faune questionnait ou déprimait un peu, je me disais à chaque fois que Polémas c’était moi (les poils, les cornes et les pieds fourchus en moins hein)! Astrée serait à l’image de Romain Lucazeau (si si en cherchant vraiment bien hein) essayant de m’expliquer les atomes, l’univers, les civilisations, le fait que l’univers existe sans véritable raison. Et il le fait formidablement bien, avec les bons termes, les bonnes images. Mais tout ce qu’il met en jeu est colossal, plein de merveilleux, de sense of wonder terrifiant tellement il est vertigineux, que je me sens toute petite comme Polémas. La lecture a ainsi été magnifique par certains côtés, offrant du rêve, de l’émerveillement incessant, de la réflexion mais aussi difficile surtout dans la dernière partie qui est résolument beaucoup plus tournée vers la hard-sf.
La plume de l’auteur est belle, très recherchée et travaillée. Il y a clairement une volonté poétique ce qui est aussi assez déroutant au premier abord. Elle arrive toutefois à faire ressortir toute la beauté du cosmos, à nous fournir des images plein la tête, à expliquer ce qui se passe, à parler de thématiques ardues. J’ai plus été dérangée par le fait que le roman est une succession de rencontres, de réflexions sans véritablement d’intrigue à laquelle me raccrocher. La structure du roman avec ces chapitres correspondant à des rencontres particulières et s’éloignant au fur et à mesure de la Terre convient très bien avec les thèmes du roman, volant montrer l’insignifiance de la terre et des espèces y vivant face à l’univers, l’inéluctabilité du néant, le renouvellement perpétuel. Elle donne toutefois un peu l’impression d’une suite de nouvelles mises bout à bout.
Les questionnements proposés dans le roman sont passionnants, c’est terriblement beau, les références sont très nombreuses mais je garde le sentiment un peu frustrant de ne pas avoir vraiment profité du voyage. La nuit du faune est pour moi un livre qu’il est difficile de conseiller quand on ne connait pas la personne à qui on en parle. En effet, chacun y trouvera quelque chose qui lui est propre, qui lui offrira des étoiles plein les yeux, que ce soit pour l’aspect philosophique, pour le voyage dans l’univers, ou pour la science. C’est un livre d’une richesse folle, mais exigeant également, et qui offre un voyage personnel au sein des mythes et de la science.
C’est toujours avec appréhension que je commence un livre qui a déclenché un déferlement de critiques dithyrambiques lors de sa sortie : les commentaires des blogueurs engendrent de telles attentes (en ce qui me concerne) qu’elles sont souvent déçues. Alors j’ai patienté quelques mois que la vague reflue un peu, en espérant ainsi mieux apprécier ce roman qui s’écarte des sentiers battus.
(à noter, en hors sujet : la première fois que j’ai lu le titre, l’année dernière, j’ai pensé à un satyre (*). J’ai imaginé un être lubrique mi-homme mi-bouc, guettant sa proie, une bergère isolée. Caché derrière un arbre de la Grèce antique, il se préparait à ensorceler sa victime en jouant avec une flûte de pan. Et quand j’ai vu dans les commentaires que le premier personnage du livre était une petite fille, j’ai été très perplexe… Mais j’ai vite compris qu’il s’agissait ici d’un gentil faune !
(*) après quelques recherches, il s’avère que le faune est bien l’équivalent romain du satyre grec. Je n’étais pas très loin).
Comment présenter ce roman ? À la fois conte philosophique, space opera et œuvre de hard SF, le texte fourmille de références littéraires et d’allégories. Sa taille modeste (moins de 300 pages) est inversement proportionnelle à sa densité.
Astrée est une petite fille en sa montagne, isolée depuis des millions d’années, et dernière représentante de son espèce. Un beau jour, un faune, membre d’une jeune espèce à l’aube de la civilisation (soit l’exact opposé d’Astrée) grimpe la montagne pour rencontrer ce qu’il croit être une divinité : il veut le savoir, car il croit que le savoir mène au pouvoir. Astrée s’empresse de balayer ses espoirs : la connaissance totale annihile le désir. Elle lui explique posément le cycle de l’évolution : la race des faunes, comme sa propre race, est condamnée à terme. Mais Polémas — c’est ainsi qu’elle a baptisé son visiteur — suscite son intérêt, elle qui ne connaissait plus la joie et qui se montre ravie à la perspective d’un changement. Elle décide de l’entraîner dans un voyage spatial, d’abord au sein du système solaire, puis au-delà, à la rencontre d’autres espèces et d’autres civilisations, pour lui montrer le devenir de celles-ci. Mais même Astrée, convaincue de tout savoir, en apprendra plus qu’elle ne se l’imaginait.
Servi par un texte soigné, de nombreuses références littéraires, et un sens du wordbuilding épatant, l’auteur ne se contente pas de nous faire voyager à travers l’univers ; il explore les théories physiques et astrophysiques — toujours présentées avec poésie — pour concevoir un « méta-cycle » de l’évolution des espèces, dépassant largement les limites du biologique. Les derniers chapitres offrent des perspectives fascinantes sur l’univers, mais impossible d’en parler sans en dévoiler trop.
Le roman sort clairement du cadre des histoires typiques de la science-fiction, il est plutôt un conte hors-norme, prétexte à réflexion. L’auteur nous propose sa vision de l’opposition entre la sagesse des anciens et l’envie de vivre des plus jeunes, ou encore — et surtout — son interprétation de l’entropie habituellement présentée comme inévitable. On est ici très loin des récits désespérants publiés sur le sujet, et l’intrigue réalise un saut qualitatif qui positionne le texte très au-dessus de la production sciencefictive commune.
La clef est là : l’auteur s’inscrit dans la lignée de ces grands penseurs d’autrefois, qui maîtrisaient à la fois les disciplines scientifiques les plus pointues et les humanités les plus exigeantes. Il nous avait déjà démontré, avec son précédent roman Latium, que la confrontation entre ces savoirs était fertile ; il continue avec La Nuit du Faune à nous offrir une science-fiction ambitieuse, accessible, philosophique, scientifique et poétique… sans négliger l’imaginaire.
Quand on le referme, on sait déjà qu’on le relira, un jour.
Au sommet d’une montagne vit une petite fille nommée Astrée, avec pour seule compagnie de vieilles machines silencieuses. Un après-midi, elle est dérangée par l’apparition inopinée d’un faune en quête de gloire et de savoir. Le faune veut appréhender le destin qui attend sa race primitive. Astrée, pour sa part, est consumée d’un ennui mortel, face à un cosmos que sa science a privé de toute profondeur et de toute poésie. Et sous son apparence d’enfant, se cache une très ancienne créature, dernière représentante d’un peuple disparu, aux pouvoirs considérables. À la nuit tombée, tous deux entreprennent un voyage intersidéral, du Système solaire jusqu’au centre de la Voie lactée, et plus loin encore, à la rencontre de civilisations et de formes de vies inimaginables.
La Nuit du faune est objet littéraire non identifié. A mi-chemin entre le roman de fantasy, l’exploration SF et le conte philosophique, je n’ai pas du tout adhéré à l’œuvre. J’ose dire que je m’y suis même ennuyée.
Astrée est une petite fille qui vit seule, au milieu des machines. Elle a le corps d’une fillette mais possède un esprit millénaire. Un jour, un faune lui rend visite pour lui demander la connaissance (enfin c’est ce que j’ai cru comprendre). Astrée et le faune se changent en étoiles filantes pour explorer la galaxie.
J’ai d’abord eu beaucoup de mal avec le style de l’auteur. C’est très emphatique, ampoulé et poétique. La lecture est peu fluide. Le vocabulaire trop recherché ne m’a pas permis de tout comprendre. Ensuite, l’auteur alterne entre considérations métaphysiques et aventures initiatiques. Je suis restée totalement hermétique à son sujet. Certaines pages m’ont même paru incompréhensibles!
Au final, je ne sais pas bien ce que j’ai lu: un conte? Une fable philosophique? Une quête initiatique? Sûrement un peu tout cela à la fois et je n’ai guère compris les propos de l’auteur (me sentant même bête parfois). Qu’on m’explique donc ce que ce roman a de si génial?
« La nuit du faune » est un gros flop pour moi. Il faut aimer la philosophie pour comprendre tous les tenants et aboutissants de ce livre dérangeant.
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