
24 vues du mont Fuji, par Hokusai
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l’avis des lecteurs
Je découvre cet auteur avec sa novella 24 vues du Mont Fuji, par Hokusai, dans sa réédition au Bélial en 2017. Je n’avais pas envie de me plonger dans sa grande saga de fantasy Le cycle des princes d’Ambre de suite, et je voulais un texte court. J’ai vu passer pas mal de retours sur ce texte, notamment celui d’Ombre Bones il y a quelques semaines. Je l’ai gardé en tête pour le caser dans la lettre Z du ABC de l’imaginaire. La novella a reçu le Prix Hugo en 1986.
Journal artistique
C’est Mari qui raconte, au présent. On est dans un style « journal intime », dans lequel la narratrice parle (beaucoup), philosophe, aussi (trop). Elle marche sur les traces de son mari autour du Mont Fuji, emportant avec elle un ouvrage de 24 vues du volcan, que lui a offert son mari. En parallèle, le lecteur marche sur les traces de beaucoup de monde, dans cette novella, riche en références littéraires et artistiques.
Chaque chapitre commence par une description succincte de l’estampe en question, puis rapidement la narratrice évoque les quelques similitudes ou différences avec le paysage réel (c’est le jeu des sept différences, en fait, j’ai testé c’est très divertissant). Puis elle brode ensuite autour de ce paysage : ce que ça lui inspire, ce qu’elle imagine. Si j’ai pu trouver ça soporifique parfois, j’ai apprécié l’idée de déborder du cadre de l’estampe, et de mettre celle-ci en mouvement. Comme si elle prenait vie; juste un petit pas entre la scène dessinée et la réalité. Il y a de ce fait un dynamisme induit par ce mécanisme de va et vient entre l’œuvre et la réalité, qui nous invite déjà dans une autre dimension.
Je conseille d’ailleurs d’avoir sous la main les estampes de Sieur Hokusai, pour mettre en images les scènes rapportées. On voit bien, avec les trois estampes ci-dessous (choisies parmi les 24, et dans l’ordre dans la novella) le chemin parcouru. J’ai vécu cette lecture comme une promenade artistique certes, mais aussi spatiale.
Une pensée philosophique
Un cheminement philosophique
On n’est pas dans la quête initiatique dans 24 vues du Mont Fuji; plutôt dans la marche vers la mort. Un retour sur soi, son passé, ses actes, et la manière d’accepter ce qui va advenir. Une façon de faire la paix avec soi-même.
La marche ici est un voyage à part entière, et chaque chapitre autour de Fuji est l’objet de pérégrinations de l’esprit dans des réflexions philosophiques. Mari s’interroge sur le sens de sa vie, ses actes passés, ses choix, fait la paix avec elle-même. J’ai eu la sensation en observant les estampes au fur et à mesure qu’on avançait dans les saisons, et plus largement la vie. Les couleurs changent, s’assombrissent, jusqu’à la dernière estampe. Une teinte d’amertume et de nostalgie imprègnent le voyage de Mari. On le voit bien dans les trois estampes ci-dessus, qui offrent changement d’ambiance très net, plus sombre au fur et à mesure que Mari se rapproche du Fuji, comme si cette promenade artistique mimait l’état d’esprit de la narratrice. En quelque sorte, on pressent une fin funeste rien qu’en considérant le choix des estampes et leur ordre.
24 vues pour 24 saisons ?
24 chapitres, 24 vues. Pourquoi 24 me direz-vous, quand en fait l’œuvre globale d’Hokusai en compte 46 ? J’ai automatiquement fait le parallèle avec les 24 saisons japonaises, et cela m’a fait penser à La péninsule aux 24 saisons de Mayumi Inaba. D’ailleurs, les deux œuvres se ressemblent dans la narration et la connexion entre les personnages et leur environnement direct, comme une espèce de flux qui passe entre les deux. Au-delà de l’intrigue nouée autour de Mari, il y a un bout de l’âme japonaise qui se lit ici.
C’est un double voyage que nous offre cette novella. Un voyage intime auprès de Mari autour du mont Fuji, et plus large, dans la philosophie et la culture japonaises.
Une intrigue cyberpunk
Entre SF…
Je me doutais bien que ça n’allait pas durer infiniment ainsi, sinon je n’aurais pas saisi la raison de la place de ce texte dans cette collection. Et heureusement d’ailleurs, parce que malgré tout ce que je viens de dire, je me suis parfois pas mal ennuyée, mine de rien. J’avoue avoir survolé quelques passages.
Passé la moitié du texte, la lumière se fait. Par petites touches, comme un pinceau sur la toile. On en apprend davantage sur Kit, son mari, coincé dans une sorte de dimension numérique (et pour le coup, j’ai pensé au Grid de Léa Silhol) et adepte du transhumanisme. Les raisons de son état et le passé de Mari sont restées pour moi assez nébuleuses. Mais je n’ai pas ressenti le besoin de tout comprendre et de tout savoir pour saisir ce qu’il était en train de se passer.
… et fantastique
A cette marche vers la Fin qui se colore de SF petit à petit, s’ajoute une dimension plus fantastique, quand la narratrice plonge lentement mais sûrement dans la paranoïa. Cela nous interroge : tout ceci n’est-il que le fruit d’une imagination poussée et dérangée par la paranoïa ou bien se passe t-il réellement quelque chose qui ne découle pas des lois physiques du monde réel ? Le doute est permis quelques temps dans la novella.
Un cocktail surprenant et réussi
En attendant, j’ai apprécié cette association de plusieurs choses : art/tradition-univers cuberpunk, marche/Nature-fin et mort… A priori, ce ne sont pas des éléments que j’aurais pensé accoler ensemble, et pourtant ça marche très bien. J’ai même finalement apprécié la manière dont l’auteur prend l’aspect « Nature » (dans son sens large) à rebours : habituellement, elle a un rôle ressource, accompagnant l’individu dans sa quête de soi et l’aidant à repartir, ancré dans et à l’écoute de son environnement. Ici, elle accompagne l’individu, mais pas dans le même sens.
24 vues du Mont Fuji est une novella de Roger Zelazny. Ce fut une lecture surprenante, qui ne s’est pas terminée pas à la dernière page tournée. En effet, rien que l’écriture de cette chronique m’a fait y réfléchir et envisager les propos d’une autre manière. Nul doute qu’une lecture postérieure me fera voir autre chose encore… C’est une rencontre avec l’auteur réussie pour ma part, et un texte que je recommande pour sa densité incroyable malgré son petit format. Rien que pour faire (re)vivre et mettre en scène, le temps d’un instant, une œuvre artistique, cette novella vaut le détour.
Ce court roman m’intriguait par son thème lié à la peinture et au voyage. J’aime beaucoup dessiner et faire des croquis de paysages sur le vif quand j’en ai le temps. Les paysages de montagne font partie de ceux que je préfère dessiner et peindre. Par conséquent, cette novella a attisé ma curiosité. J’ai lu très peu d’ouvrages de l’auteur mais j’ai beaucoup apprécié celui-ci.
Hokusai est un peintre japonais né en 1760 et décédé en 1849. Il a énormément peint le mont Fuji. Un aperçu de ses œuvres peut être utile à la lecture du roman pour mieux s’imprégner de l’atmosphère des lieux. Les peintures de Hokusai ont une grande importance dans le récit, elles conditionnent le voyage qu’entreprend Mari, le personnage principal, et les différentes étapes qu’elle fait. Mari décide d’entreprendre son voyage après la mort de son mari mais on va s’apercevoir par la suite que d’autres raisons existent également. Pour son voyage, elle amène un livre Les Vues du mont Fuji, par Hokusai et décide de se mettre sur ses traces.
On peut se demander au premier abord en quoi cette novella est classée dans les littératures de l’imaginaire, cependant, certains éléments étranges apparaissent peu à peu. Le passé de l’héroïne est expliqué par petites touches et quelques éléments surnaturels sont disséminés au fil du voyage de Mari. Le récit est assez surprenant, on se demande ce qui est arrivé à cette femme, ce qui la motive réellement.
C’est aussi un récit intimiste raconté à la première personne avec l’unique point de vue de Mari. Le thème du voyage est prédominant dans le livre : le voyage de Mari qui ressemble à un pèlerinage sur les traces d’un auteur mais aussi un voyage intérieur pour atteindre le but qu’elle s’est fixé. Ce thème double du voyage m’a un peu fait penser à Into the wild. On sent que les motivations de Mari sont plus complexes que ce qu’il parait au départ mais sa quête a des aspects similaires à celui du personnage de Into the wild. Dans les deux œuvres, la nature, les paysages sont à l’honneur.
Le rythme du récit est plutôt lent mais en même temps beaucoup de thèmes sont abordés: le deuil, la transmission, le voyage, la conscience, la maladie, l’art. L’auteur prend le temps de poser son histoire, de présenter par petites touches son personnage pour nous permettre de mieux nous imprégner de la culture japonaise et de l’aspect contemplatif du voyage de l’héroïne.
Cette novella est une réussite, elle offre une histoire originale, dense, bien construite et écrite. L’aspect artistique apporte beaucoup au récit, et au voyage accompli par le personnage principal. Enfin, mention spéciale à la couverture du livre signée Aurélien Police qui offre une superbe illustration du mont Fuji avec une touche spéciale correspondant très bien à l’histoire.
Vous savez à quel point ma confiance dans la collection Une-Heure-Lumière est solide et établie. Pourtant, pour être tout à fait honnête, je craignais un peu ce volume, depuis qu’il était en ma possession ; j’attends toujours d’être déçu par un de ses opus. La cause de cette crainte, c’était plutôt Roger Zelazny. Car après avoir commencé l’exploration de son travail par les Princes d’Ambre il y a bien des années, j’avais ensuite enchainé les déceptions, en passant par le médiocre Dilvish le Damné ou même en abandonnant L’Enfant de Nulle Part à mi-parcours. Je me doute ne pas avoir choisi les meilleurs de ses ouvrages, mais le fait est que j’avais un peu l’impression que, quand même, Zelazny et moi n’étions pas vraiment fait pour nous entendre. Cet UHL était l’occasion de lui redonner une chance après si longtemps, me disant que j’avais sans doute joué de malchance au sein de la bibliographie d’une plume si respectée et prolifique.
Ça ne surprendra pas grand monde : j’ai bien fait.
Étrange texte, tout de même, il faut bien le dire. Entre le découpage du texte allié aux évocations des célèbres estampes d’Hokusai et une progression narrative volontairement nébuleuse, notamment dans sa première séquence, on frise le faux départ. Mais les séquences rapides s’enchaînent non moins rapidement, et les indices sur la suite des événements s’égrainent au même rythme. On se retrouve très vite accroché à ce petit mystère qui prend sens et substance au fil de sa progression, jouant habilement de ses zones d’ombres pour nous donner autant qu’il nous cache, incitant à l’hypothèse avant de distiller les éléments de vérité, en cachant une partie de ses enjeux sous des atours qui sembleraient aisément être hors-sujet, mais qui se révèlent finalement aussi pertinents que le reste, bien que de façon assez malicieuse.
Pendant quelques dizaines de pages, je confesse aisément ma confusion. J’étais positivement intrigué, mais je ne comprenais pas exactement de quoi il était réellement question, entre cette novella qui ne voulait pas vraiment dire ce qu’elle était en terme de genre, ce personnage principal qui n’en dit pas beaucoup et ces évocations culturelles multiples qui semblent un peu gratuites. Et pourtant, il se dégageait du tout une impression de solidité telle que j’ai continué en confiance, me disant que la direction m’apparaitrait claire au moment opportun. Le sentiment mélancolique, l’émotion générale qui émanaient de ce texte étaient tellement palpables qu’iels lui donnaient corps et me disaient que tout cela n’était certainement pas vain, au contraire.
Et effectivement. Entre le cœur de l’ouvrage faisant office de pivot générique, narratif et thématique, et la conclusion offrant à mes yeux toutes les clés de compréhension de l’ouvrage, donnant sens à tous ses éléments pour conférer à leur somme une valeur excédant celle de leurs parties ; j’ai été convaincu. Je ne pourrais pas dire séduit, ou transcendé. La faute, sans doute, à un petit défaut d’équilibre entre l’ambition et le volume du texte, qui aurait sans doute mérité de prendre un peu plus son temps pour être encore plus percutant lors de ses révélations et fourni dans ses inventions. Mais pour autant, convaincu, oui, par une architecture et une technique intéressante, opérant une mise en abyme assez captivante entre le travail d’Hokusai et celui de Zelazny, le second nourrissant son travail des inspirations du premier pour en tirer un récit hybride et polycéphale, traitant habilement de plusieurs thèmes à la fois sans se perdre en chemin.
C’était bien. J’étais un peu effrayé au départ par un ton nébuleux qui aurait facilement pu sonner pédant, mais une fois que j’avais un tant soit peu compris l’intention, je me suis laisser emporter par la balade, et je ne regrette rien. Encore un UHL de qualité, sachant me prendre par surprise autant que me convaincre, encore et toujours, de l’exigence de cette collection. Sans compter le plaisir de retrouver à l’issue de ma lecture l’envie de découvrir les meilleurs aspects de l’œuvre d’un Zelazny que je savais avoir mis de côté de façon un peu prématurée. Ne reste plus qu’à voir par où je vais reprendre.
Autant le dire sans détour : j’ai eu un mal fou à terminer cette novella, et je suis passée complètement à côté !
Mari entreprend une quête initiatique en découvrant le Mont Fuji selon vingt-quatre panoramas peints par Hosukai. Pourquoi ? On ne le sait pas. Son mari est mort, et une explication « science-fiction » est donnée aux deux tiers de la novella. Le lien avec la quête initiatique ? Il est tellement difficile à saisir qu’il m’a échappé. Je n’ai lu la quatrième de couverture qu’après la lecture de la nouvelle, et elle m’a plus éclairée sur l’intention de l’auteur que la nouvelle elle-même.
Chacun des trajets correspondant aux vingt-quatre estampes est l’occasion d’un texte contemplatif truffé de références littéraires, mais à aucun moment je ne suis entrée dans le récit, car je n’ai pas compris quelle histoire était racontée. J’ai régulièrement mis le livre de côté pour lire un autre roman, ce qui m’arrive rarement.
Si quelqu’un sait de quoi cette novella parle, n’hésitez pas à me le dire en commentaire !
Encore un livre qui trainait depuis un moment sur ma table de nuit, 24 vues du Mont Fuji, par Hokusai de Roger Zelazny.
Mari est veuve, et son époux Kit la hante. Elle sait qu’elle-même n’a plus beaucoup de temps à vivre. Alors elle décide une sorte de pèlerinage : aller au Japon sur les lieux d’où le grand maître de l’estampe Hokusai a peint 24 de ses fameuses vues du mont Fuji. Des estampes que son époux lui avait faite connaître.
Un voyage poétique, artistique, un voyage de la mémoire, mais un voyage qui n’est pas sans danger, car Mari le sait, elle est recherchée et sa maladie n’est pas le seul danger qu’elle court.
Je ne sais pas pourquoi j’ai autant tardé à lire cette novella alors même que j’aime beaucoup la collection une heure lumière, et que j’ai été un grand fan de Roger Zelazny quand j’ai découvert la SF (il y a bien longtemps). Je l’ai beaucoup lu et beaucoup aimé, que ce soit sa saga des Princes d’Ambres, ou ses autres romans qui explorent les mythologies du monde entier avec un bonheur, une justesse et un humour que je n’ai retrouvés ensuite que chez le Neil Gaiman de Sandman.
Certes, si vous aimez les textes qui vont vite, où il se passe toujours quelque chose, passez votre chemin, cette déambulation calme et poétique n’est pas pour vous. Pour les autres laissez-vous prendre au rythme de la marche de Mari. Vous aurez envie d’aller voir les fameuses estampes, vous croiserez Don Quichotte et des créatures de Lovecraft. Vous sentirez le récit se tendre, le danger sournois se faire de plus en plus présent. Vous aurez des moments de calme beauté, et des moments d’action, et à la fin, apaisé, vous comprendrez tout.
C’est dense, cela demande un peu d’attention, mais c’est très beau. Et cela donnera peut-être à ceux qui ne la connaissent pas l’envie de découvrir l’œuvre de ce grand auteur.
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