
Norbert Jemsen procureur Tome 1 Le miroir des âmes
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l’avis des lecteurs
Ce retour de lecture dévoile des éléments importants de l’intrigue.
C’est avec un tweet ironique que Frank Thilliez s’est érigé en défenseur de la littérature dite populaire en haranguant ses fans afin qu’ils s’en prennent à la journaliste de Telerama qui a osé évoquer son dernier roman avec tant de dédain. Il n’est pas le seul à utiliser un tel stratagème et si l’on peut juger le procédé minable, à l’image de ses écrits d’ailleurs, il se révèle pourtant extrêmement efficace puisque l’on a pu lire toute une kyrielle de messages hostiles émanant d’une horde d’aficionados fort remontés à l’encontre du magazine et de la journaliste. Pour Joël Dicker, l’explication est simple, lorsque l’on s’en prend à ses romans. Le critique, par essence, n’aime pas le succès. Et Nicolas Feuz va même plus loin en expliquant qu’il s’agit purement et simplement d’un phénomène de jalousie. Le dénominateur commun entre ces trois auteurs, c’est de déplacer le débat sur un autre curseur pour faire en sorte que l’on ne se focalise pas trop sur leurs textes révélant des carences que ce soit au niveau d’une écriture limitée et insipide mais également au niveau des failles d’une intrigue bancale. De cette manière, il n’est donc question que d’élitisme, de mépris et de jalousie. De plus, ces hommes de lettre opposent bien souvent à leurs détracteurs les chiffres de vente, les classements et désormais le nombre de rencontres avec leur public à l’instar de Nicolas Feuz affichant fièrement ses soixante-quatre séances de dédicaces dans toute la Suisse romande à l’occasion de la double sortie de Horrora Boréalis, que Le Livre de Poche a réédité en remaniant un texte qui conserve tout de même toutes ses incohérences (marque de fabrique de l’auteur), et de son nouveau roman Le Miroir Des Âmes qui est édité par Slatkine & Cie. Une sortie retentissante sur fond de Carmina Burana. Il n’en fallait pas moins pour l’annonce d’un tel événement. Nous voilà prévenus.
A Neuchâtel, une bombe a dévasté la place des Halles en faisant des dizaines de morts. Qui est le commanditaire ? Qui était visé ? Le procureur Jemsen n’en a pas la moindre idée lui qui figure parmi les survivants et qui tente vainement de rassembler ses souvenirs. Mais c’est peine perdue car toute une partie de sa mémoire s’est volatilisée dans le fracas de l’explosion. Il va devoir compter sur l’assistance de sa greffière car la police à fort à faire, ceci d’autant plus qu’un serial killer que l’on surnomme Le Vénitien, sévit dans la région. Et que vient donc faire Alba Dervishaj, cette mystérieuse prostituée albanaise qui semble très bien connaître le procureur Jemsen ? Sur fond d’assassinats sanglants, de complots d’état et de trafics d’êtres humains, le magistrat va mettre à jour les éléments troublants d’une enquête qui risque bien d’être la dernière de sa carrière.
Outre le fait d’avoir enfin trouvé un éditeur, Nicolas Feuz a pour ambition de s’extirper de sa région et de s’attaquer au marché francophone. Et il faut bien admettre qu’il a démarré très fort avec ce portrait de six pages rédigé par Elise Lépine pour la revue Sang Froid. Spécialiste du polar, Elise Lépine fait partie de l’équipe de François Angelier qui anime sur France Culture, l’émission Mauvais Genre que je vous recommande. De plus, elle collabore, entre autre, à la revue 813 qui fait partie des références dans le domaine des magazines consacrés à la littérature noire que Nicolas Feuz serait bien inspiré de parcourir afin de cesser de nous livrer comme références Le Club Des Cinq et Le Vol Des Cigognes de Jean-Christophe Grangé qu’il cite dans chacun de ses entretiens. Mais pour revenir au portrait de Nicolas Feuz, nous allons découvrir que ce procureur travaille très bien et tient à jour tous ses dossiers (quelqu’un en douterait-il ?), qu’il a un physique avenant et un parcours littéraire atypique dans le monde de l’auto édition. On apprend également qu’entre sa vie de couple et la littérature, Nicolas Feuz a choisi. Tant pis pour la littérature. Mais au terme de la lecture, je n’ai pas eu l’impression que la journaliste avait lu l’œuvre de Nicolas Feuz. Cela doit être pourtant le cas, puisque sur le bandeau ornant Horrora Borealis, Elise Lépine affirme qu’il s’agit de « la nouvelle grande plume du thriller francophone ». Adoubé, encensé, voici une belle consécration qui ne manquera pas d’attirer de très nombreux lecteurs.
Par rapport aux précédents romans de Nicolas Feuz, Le Miroir Des Âmes présente la particularité salutaire d’être extrêmement court avec cette sensation que l'éditeur a taillé le texte à la hache donnant l'impression qu’il manque tout de même une centaine de pages. C’est ainsi que le profil des personnages paraît à peine esquissé et que le rythme de l’intrigue certes rapide, parfois effréné souffre de quelques ruptures gênantes qui nuisent à la fluidité de l’ensemble. Phrases courtes, retour à la ligne, chapitres ridiculement brefs, pas de doute nous voici confronté aux standards du thriller insipide et parfois extrêmement ennuyeux à l’exemple de cet épilogue rébarbatif où l’auteur est contraint de caser précipitamment toutes les explications confuses en lien avec l’identité des protagonistes.
Au niveau des incohérences on peine à croire à cet attentat qui a secoué la ville de Neuchâtel et qui a fait des dizaines de morts mais qui ne semble aucunement perturber les forces de l’ordre et les autorités politiques qui poursuivent leurs activités comme si de rien n’était. Ainsi la hiérarchie policière ne supprime les congés de leur personnel qu’après les débordements d’un match qui a tout même lieu malgré la gravité de l’événement (p. 85) tandis que l’un des hauts dignitaires du canton quitte la ville pour se rendre à Zürich (p. 63). Et on ne parle pas de la grande fête annuelle des Vendanges tout de même maintenue dans cette ville qui ne donne tout simplement pas l’impression d’être endeuillée. Au terme du récit, pour ce qui est de l’appréhension d’un dangereux serial killer, alors qu’ils bénéficient du gros avantage de la surprise et qu’ils pourraient interpeller l’homme à son domicile, les protagonistes préfèrent la cohue de la sortie de la salle du Grand Conseil, et ceci sans même l’appui du groupe d’intervention. Prises d’otage, série de suicides, les interpellations tournent bien évidemment à la catastrophe à l’image du récit qui prend l'allure d'un véritable naufrage.
L’autre problème de ce page-turner, c’est qu’arrivé au terme des rebondissements et des retournements de situation, le lecteur, un tant soit peu curieux sera tout de même contraint de revenir sur quelques chapitres qui deviennent complètement fantaisistes à la lumière des explications fournies au cours de l’épilogue. Ainsi le chapitre 53 décrivant le périple de Luc Autier, enlevé puis traqué par ce serial killer surnommé Le Vénitien, est complètement surréaliste puisqu’il s’avère que Luc Autier est justement Le Vénitien ! Dans le même registre, on s’étonne qu’Alba Dervishaj puisse penser qu’elle s’est jetée dans les bras de son souteneur par dépit amoureux (p. 31) alors qu’il s’avère qu’elle est une policière fédérale, opérant en tant qu’agent infiltré afin de démanteler cette filière de prostitution. Aurait-elle subitement oublié sa véritable identité et le sens de sa mission ? On le voit, à force de vouloir tout nous dissimuler afin de mieux nous surprendre, Nicolas Feuz se fourvoie dans une mise en scène alambiquée qui perd tout sens commun.
Il faudrait parler de Florent Jemsen et de ses motivations qui le conduisent à conserver l’identité et la fonction de son frère. Il faudrait évoquer les providentielles falsifications de dossiers pénitentiaires et autres substitutions d’ADN effectuées par Dan Garcia, un personnage sorti de nulle part. Mais gageons que nous obtiendrons toutes les explications à la lecture des prochaines aventures du procureur Jemsen, de sa greffière Flavie Keller et de la policière fédérale Tanja Stojkaj, reine du Krav Maga (p. 193). Une belle partie de rigolade en perspective.
Tout d’abord un grand merci aux Editions Slatkine et Cie pour ce partenariat.
Le roman s’ouvre sur l’exécution du commissaire Saudan par le Vénitien, un tueur à gages qui a pour habitude de verser du verre de Murano en fusion dans la bouche de ses victimes et de les regarder mourir. Il lui reproche de l’avoir traqué et veut faire un exemple. Il annonce qu’il y aura d’autres policiers tués si on ne le laisse pas tranquille.
Le vendredi de la fête des Vendanges (la grande fête de Neuchâtel ), le procureur Norbert Jemsen se réveille à l’hôpital. Il est complètement amnésique et une jeune femme est à son chevet. Elle lui dit être Flavie Keller sa greffière. Comme il ne se souvient de rien, Flavie lui explique qu’il a été victime d’un attentat trois jours auparavant. Une bombe contenant des morceaux de métal et des billes de verre a explosé sur la terrasse du Charlot faisant des dizaines de morts. On ne sait s’il s’agit d’un attentat islamiste ou d’une tentative de meurtre visant explicitement Norbert, voire même d’un crime du Vénitien qui aurait agi à grande échelle. Des bribes lui reviennent et il pense avoir eu rendez-vous avec un certain Florent P, mais aucune des victimes ne porte ce prénom.
Un salon de massage tenu par un maffieux albanais, Berti est aussi au centre de l’intrigue. Tout le monde sait qu’il se livre à de nombreux trafics, mais personne n’a jamais pu rien prouver et pour le moment la police a vraiment d’autres chats à fouetter, d’autant plus que son salon de massage est très réputé et fréquenté par l’élite de la ville. Personne ne veut voir que les prostituées sont violentées et terrifiées, seule Alba essaie de résister, mais Berti est impitoyable. Le mari de Flavie est un des clients, ainsi qu’un conseiller d’Etat.
Flavie sent un parfum de femme sur son mari et retourne veiller sur Norbert, elle ne le quitte pas une minute et l’aide à retrouver la mémoire. En fin de soirée, ils sont tous deux agressés par une femme mystérieuse à l’hôpital, Flavie reconnaît le parfum de la maîtresse de son mari. Flavie aidera Norbert à y voir clair dans ces mystères. Finalement c’est elle et non le procureur Jemsen la vraie héroïne du livre en étant son éminence grise qui pilote tout dans l’ombre. Mais veut-elle l’aider ou le manipuler ? Pourquoi rester sans arrêt avec lui, surtout qu’elle lui précise bien qu’il n’y a jamais eu d’histoire d’amour entre eux ?
Je ne peux en dire plus pour ne pas spolier, mais sachez que Nicolas Feuz nous a préparé un nouveau polar détonnant avec un attentat, des islamistes, la mafia albanaise et surtout un tueur à gages incontrôlable et déchaîné dans un Etat de Neuchâtel plus déliquescent que jamais, les frasques du Conseiller d’Etat Keppler reléguant celles des récents conseillers au rayons d’aimables plaisanteries. Bien sûr beaucoup de sang et de cadavres. Et évidemment un retournement de situation avec une fin inattendue. Il y a même Dan Garcia qui apparaît à la fin du livre, pour un clin d’oeil aux fidèles lecteurs. Pour les Neuchâtelois, le plaisir de reconnaître leur ville au centimètre près. La description de la bagarre entre hooligans de Xamax et de Sion est aussi exacte, j’y ai assisté il y a quelques années depuis ma fenêtre avec un déploiement de policiers habillés comme des CRS le long de l’église rouge.
Presque tous les protagonistes du roman meurent sauf trois d’entre eux. Il y aura une suite l’année prochaine et j’espère en apprendre plus sur Flavie et son mystérieux objectif.
Les premiers romans de Nicolas Feuz étaient de bien meilleure tenue que les deux derniers, en particulier les cinq opus consacrés à Michael Donner. Les personnages y sont cohérents et consistants, l’histoire racontée parait vraisemblable. Ce n’est malheureusement pas le cas des deux derniers. Le personnage du procureur Jemsen n’est pas vraisemblable, le retournement de situation non plus. Idem pour le personnage d’Alba, on peut espérer qu’une policière infiltrée ne provoquerait pas presque délibérément, ou par stupidité la mort de sa compagne d’infortune.
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