
Ce qu'il faut de nuit
Résumé éditeur
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l’avis des lecteurs
Immuable, la rentrée littéraire demeure toujours aussi impressionnante avec sa cohorte d’ouvrages déferlant sur les étals des librairies, avec des romanciers qui se détachent déjà du lot et sur lesquels on a tout misé afin de s’assurer le succès et s’extraire de la masse de livres qui peineront à trouver une petite place dans les rayonnages ou dans l’espace médiatique. Une nuée de romans qui sortent en même temps et des choix cornéliens pour une espèce de vente à la criée, le monde littéraire entre ainsi en pleine effervescence, en pleine hystérie à laquelle tout le monde participent, auteurs, lecteurs, éditeurs, libraires et médias qui entament une sorte de sarabande déchaînée devenant assourdissante. On peut tout de même se réjouir de cette frénésie avec des lecteurs qui semblent avoir retrouvé le chemin des librairies pour se réapprovisionner en lecture au grand soulagement de toute la chaîne du livre qui respire enfin un peu. Et puisqu’il faut faire des choix pour amorcer cette rentrée littéraire autant sélectionner une maison d’éditions indépendante comme La Manufacture de Livres qui publie Ce Qu’il Faut De Nuit, un premier roman de Laurent Petitmangin évoquant sur moins de 200 pages la relation d’un père et de ses fils sur fond de désenchantement social, de montée de l’extrémisme et de déceptions diffuses qui laminent les coeurs.
Il est monteur de câbles à la SNCF et milite toujours au sein de sa section socialiste. Il élève seul ses deux enfant depuis que la Moman est décédée d’un cancer, après une longue agonie de trois ans. Il a encaissé le choc du mieux qu’il a pu. Mais il faut bien admettre que c’est Fus, son fils aîné qui a comblé le manque en s’occupant du Gillou, le cadet. Il observe ses enfants grandir, les rêves qui se dissolvent ou qui se concrétisent. Le football pour Fus ? les études pour Gillou ? Il voit ses deux fils devenir des hommes mais qui restent ses enfants. Une histoire d’amour qui se désagrègent avec les déceptions d’un père qui ne comprend pas. La rancoeur et le silence, un peu de lâcheté. Il voit le drame qui se dessine et les convictions qui s’effritent. Désemparé, il témoigne en parlant surtout d’amour et de ses petits riens qui changent toute une vie.
Dans la brièveté du roman, on est avant tout fasciné par la capacité de Laurent Petitmangin à dresser un état des lieux complet du pays à travers la voix d’un père racontant à la première personne toute l’histoire d’un drame qui prend racine au sein de la cellule familiale qu’il forme avec ses deux fils qu’il doit élever seul. Tout en retenue, tout en pudeur, ce père nous raconte le quotidien d’une vie du côté de la Lorraine en évoquant la maladie de sa femme, le foot bien sûr, mais également la déliquescence du parti Socialiste et la séduction du Front, les écueils pour trouver un emploi dans la région, l’avenir dans les études et les formations, mais surtout l’amour qu’il porte pour ses deux enfants. Parce qu’il y a cette retenue, parce qu’il y a cette pudeur, le texte n’en est que plus poignant et regorge d’une émotion contenue que l’on appréciera jusqu’à l’épilogue bouleversant qui marquera le lecteur. C’est à partir du choix que va faire l’un de se fils que se dessine le drame sur font d’appartenance au Front et de rejet d’un père militant à gauche qui ne pourrait tolérer ce qui lui apparaît comme un affront. Et bien au-delà du conflit qui s’amorce il y a le silence et les petites lâchetés d’un homme qui ne s’épargne pas lorsqu’il évoque son comportement. On apprécie donc cette espèce de retrospective pleine d’honnêteté qui transparaît à chaque étape des circonstances de ce petit rien qui va faire basculer le destin de toute une famille et puis en écho, cette lettre d’un fils s’adressant à son père en lui témoignant tout l’amour qu’il porte en lui.
Sans grandiloquence, sans scène larmoyante, Ce Qu’il Faut De Nuit est un roman qui vous foudroie dans la sobriété de mots simples qui parlent d’amour. Un récit lumineux dans la noirceur d’un fait divers qu'il faut lire impérativement.
C'est un magnifique premier roman, l'histoire d'un père, le narrateur qui élève seul ses deux garçons.
Nous sommes en Lorraine, région meurtrie au niveau de l'emploi. Le narrateur c'est le père, travaille à la SNCF sur les caténaires en haut des pylônes.
Durant trois ans il a accompagné sa femme, la maman, dans la lutte contre un cancer. Il nous raconte l'histoire de sa famille, la vie quoi !
Ses deux garçons, l'aîné, Fus, surnommé ainsi à cause de sa passion : le fussball, un as du ballon, ils se retrouvent au club de Metz, c'est une partie de leur vie. Gillou est un peu plus jeune.
Le père est engagé à la section et distribue des tracts du parti socialiste. Ils croisent parfois l'extrême droite... c'est tendu entre eux.
Un joue il voit Fus traîner avec des potes du FN.
Amour et incompréhension avec ce fils jusqu'ici exemplaire.
C'est la vie, un père brisé qui essaie tant bien que mal de tout donner à ses fils.
Une très jolie plume, un récit qui se construit peu à peu de manière fluide, par petites touches on découvre le passé, la vie de la famille. Le combat d'un père dévasté, l'amour pas toujours facile à exprimer, le doute, l'incompréhension.
C'est avec une langue épurée, une plume acérée, sincère, une finesse et sensibilité que Laurent Petitmangin nous décrit la vie et les sentiments. Un très beau roman émouvant nous racontant l'amour entre un père et ses fils.
Je l'ai dévoré d'une traite.
Ma note : ♥♥♥♥♥
C’est l’histoire d’un père qui élève seul ses deux fils. Les années passent, et les enfants grandissent. Ils choisissent ce qui a de l’importance à leurs yeux, ceux qu’ils sont en train de devenir. Ils agissent comme des hommes. Et pourtant, ce ne sont encore que des gosses. C’est une histoire de famille et de convictions, de choix et de sentiments ébranlés, une plongée dans le cœur de trois hommes.
Je résume
Moselle – Un père, veuf, élève seul depuis la mort de sa femme deux fils : Fus et Gillou. Il travaille à la SNCF sur les caténaires des trains, partage la passion du foot avec ses deux garçons, tâte du syndicalisme et pense avoir tout fait pour le bonheur de sa famille et connaître parfaitement ses enfants. Jusqu’au jour où on lui rapporte que Fus traîne avec des fachos. Alors pour lui commence une remise en question de l’éducation de ceux qu’il pensait si bien connaître et quand la machine va s’emballer être confronté à une violence de la part de son « petit » à laquelle il n’était pas préparé.
Ma lecture
J’ai lu énormément de chroniques élogieuses lors de la parution de ce livre il y a un an et, influencée par celles-ci, j’ai acheté ce premier roman de Laurent Petitmangin mais il est resté sur mes étagères depuis….. Je le prenais et le reposais comme si je sentais soit que ce n’était pas le bon moment, soit que j’allais être déçue…. Et bien c’est la deuxième hypothèse qui est la bonne.
Je suis restée à distance des personnages et de l’histoire qui n’ont provoqué en moi aucune émotion, trouvant la trame et les éléments assez prévisibles, avec ce qu’il faut de pathos et de stéréotypes dans ce type de récit. Les ingrédients : un deuil, un père méritant et dévoué, une plongée dans le contexte régional avec le phrasé utilisé dans les familles ou entre collègues et voisins : » Le » Jacky, « La » » moman », des relents de l’ambiance de Leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu (géographiquement similaire) mais également ses rituels (le foot, les voisins, le quotidien etc…). Une description d’un père mettant tout son cœur à élever ses enfants dignement, sacrifiant sa vie à leur bonheur et comment il se retrouve face à une situation à laquelle il ne pensait pas un jour être confrontée, n’ayant rien vu arriver des orientations de son fils et devant faire face à ce fils devenu un homme étranger à l’enfant qu’il a élevé. Voilà…..
Je n’ai pas véritablement de reproches à faire sinon que je l’ai lu sans m’y attacher, l’écriture se voulant au plus près du contexte et devant agaçant au fil des pages avec ses accents locaux, l’auteur explorant à la fois les sentiments d’un père non préparé à se retrouver seul à élever deux enfants, voulant combler l’absence et soigner la douleur en faisant tout ce qu’il faut pour que ses garçons aient une enfance « comme les autres » et qui cherche finalement où a été la faille (si faille il y a), car il ne voit, lui, qu’en Fus, l’enfant qu’il a élevé, offrant toujours avec lui le même visage, le même comportement. Il est son enfant et restera son enfant.
La pudeur de cette famille, de leurs sentiments jamais exprimés par des mots, cette distance entre eux ne m’a pas permis de ressentir une proximité avec les personnages, j’ai lu le déroulé des événements et ai senti la finalité bien avant qu’elle n’arrive. J’aurai aimé que l’auteur creuse un peu plus, qu’il donne peut-être plus la parole à Fus, que celui-ci s’exprime sur ses choix ou à Gillou, le fils parfait. Pas assez approfondi pour moi, trop superficiel et trop convenu.
Je n’en dirai guère plus mais une déception. J’ai vu qu’il avait obtenu le Prix Femina des lycéens en 2020 et je pense justement qu’il est peut-être plus destiné à des jeunes adultes qui pourront peut-être y trouver une source de réflexion sur les origines et le parcours de ceux que l’on retrouve dans ces groupuscules extrémistes.
J’ai aimé mais sans plus.
Ses enfants après lui
Premier roman et première révélation de cette rentrée! Laurent Petitmangin inscrit ses pas dans ceux de Nicolas Mathieu et nous offre un roman d’hommes, âpre et douloureux au cœur d’une Lorraine meurtrie.
Après trois années à l’hôpital Bon-Secours et une chimio qui l’affaiblissait de plus en plus, la moman a fini par mourir. Son mari, le narrateur, s’est alors retrouvé seul avec ses deux fils, Frédéric – que tout le monde avait décidé d’appeler Fus comme ça à cause du fussball – et Gillou.
Leur quotidien tourne désormais autour de rituels qui peuvent sembler désuets, mais qui leur permettent de tenir debout, de tenir ensemble. Pour faire bouillir la marmite, le père travaille à la SNCF, à l’entretien des caténaires. Puis il passe des soirées à la Section, le local du parti socialiste où il y a de moins en moins de monde, les grands combats pour le charbon et l’acier ayant disparu avec les fermetures des sites et décourageant les militants les uns après les autres. L’union de la gauche était loin et on ne pouvait guère se réjouir d’être resté à la maison le soir des présidentielles. On n’avait pas voté Macron, pas plus que l’autre. Les jeunes ne rêvent plus de lendemains qui chantent. Ils sont résignés. Seuls une poignée d’entre eux acceptent de suivre les anciens, plutôt par affection que par conviction.
Le trio passe des vacances au camping de Grevenmacher sur les bords de la Moselle, une parenthèse enchantée avant de revenir à la dure réalité.
Fus, après avoir lâché les études, au rythme de l’aggravation de l’état de santé de sa mère, avait fini par décrocher une place dans un IUT et continuait sa carrière de footballeur, sous les yeux de son père qui l’accompagnait au stade tous les dimanches.
Gillou a suivi un parcours scolaire moins cahotique et, sur les conseils de Jeremy, le beau parleur de la section, envisage de faire l’ENA. Mais aura-t-il les moyens de ses ambitions?
Et comment leur belle entente survivra-t-elle à une séparation? Car déjà un gros coup de canif a déchiré leur contrat tacite. On a vu Fus coller des affiches avec l’équipe du FN. «Fus avait vingt-deux ans, ce n‘était plus un gosse. Que fabriquait-il avec ces fachos? Quand je lui avais demandé le soir, il n’en savait rien. Il accompagnait juste des potes, c’était la première fois qu’ils allaient coller, il voulait voir ce que ça faisait. J’avais eu beau penser à cette soirée, ruminer ce que j’allais faire, le gifler, aller à la bagarre avec lui, il n’y eut finalement rien. Rien du tout. Rien de ce que j’avais pu imaginer. Je n’étais plus d’attaque pour me le coltiner. Ce soir-là je m’étais senti infiniment lâche. Très vieux aussi.»
Avec l’incompréhension et la colère rentrée, un modus vivendi s’installe, même si la fêlure est là, doublée de honte et de culpabilité. «Désormais on allait devoir vivre avec ça, c’était ce qui me gênait le plus. Quoi qu’on fasse, quoi qu’on veuille, c‘était fait: mon fils avait fricoté avec des fachos. Et d’après ce que j’en avais compris, il y prenait plaisir. On était dans un sacré chantier.»
Tandis que Gillou prend la direction de Paris avec Jeremy, Fus poursuit ses activités avec ses nouveaux amis. Jusqu’à ce jour funeste où tout va basculer.
Laurent Petitmangin a construit ce roman d’hommes sur le même terreau que celui de Nicolas Mathieu. Ce qu’il faut de nuit aurait du reste aussi pu s’appeler Leurs enfants après eux. L’analyse est la même, la plume tout aussi acérée, peut être trempée dans une encre un peu plus noire chez Laurent Petitmangin. Cette tragédie est construite dans un style sec, dans une langue épurée qui vous prend aux tripes. Le livre de poche et une dizaine pays ont déjà acquis les droits de ce premier roman dont j’imagine que nous n’avons fini d’entendre parler.
Nous avons là un cadre digne d’un roman de Nicolas Mathieu : une bourgade de Lorraine -Villerupt- dont l’unique usine, qui en s’y installant quinze ans auparavant a attiré du sang neuf et des promesses de prospérité, n’a même eu le temps de lancer sa production. Une histoire de mauvais timing, de fonds bloqués par la crise de 2008.
C’est là que vivent le narrateur et ses fils, cellule familiale depuis peu amputée d’une mère morte d’un long et douloureux cancer, qui tente de surmonter ce drame.
Le père s’exprime par phrases brèves, sèches, dans une langue aux accents populos. Il désigne autrui en accolant un pronom défini devant son prénom -"le" Mohammed- ou par un surnom si c’est un proche : son fils aîné c’est Fus, le plus jeune Guillou, et la mère n’est jamais évoquée que comme "la moman". C’est un brave homme, qui ne manquerait pour rien au monde les matchs de foot de son grand. Employé à la SNCF, c’est aussi un homme de convictions, fidèle à la section locale du parti socialiste dont les rangs se sont sérieusement amenuisés depuis qu’on n’y sert plus l’apéro avant les réunions.
Mais sans doute sa bonne volonté n’a-t-elle pas suffi. Il faut dire que la longue agonie de la mère a pompé son énergie. Il a gardé le peu qui lui restait pour continuer à travailler en faisant bonne figure, trop crevé pour soutenir Fus que l’endossement précoce de nombreuses responsabilités -s’occuper de son cadet, faire le ménage- a précipité vers l’échec scolaire. Pour autant, c’est un adolescent facile, toujours de bonne humeur, qui ne rechigne jamais à la tâche. Aussi, quand il commence à fréquenter des jeunes d’extrême-droite dont il semble par ailleurs partager les convictions, le choc de l’incompréhension, de la trahison même, face à ce fils qui n’aurait pu renier plus cruellement les valeurs qu’il pensait lui avoir inculquées, pousse le père au rejet. Leur cohabitation devient froidement polie, même si pour Fus, cette divergence d’opinions ne change rien. Pour Guillou non plus d’ailleurs, qui a emprunté l’ascenseur social et suit à Paris des études dans une grande école, mais reste irrémédiablement attaché à ce frère toujours serviable et gentil.
J’attendais beaucoup de ce titre qui a cristallisé l’enthousiasme lors de sa sortie. Voilà en effet un sujet intéressant et propice à la réflexion.
J’ai repensé en le lisant au film inspiré du récit de Didier Eribon "Retour à Reims" (que je n’ai pas encore lu), où était évoquée la bascule dans l’extrême-droite d’un prolétariat plombé par un sentiment croissant de délaissement, pour qui elle a pris la place que l’obsolescence de la lutte des classes a laissé vacante. Les divergences de valeurs entre le narrateur et son fils illustrent cette rupture générationnelle dans la manière de réagir face aux injustices sociales, et le remplacement de l’engagement solidaire et politique par la peur et la quête d’un bouc-émissaire, avec toute la dimension émotionnelle et irréfléchie qu’elle suppose.
Au-delà de cette question des mécanismes qui engendre une sensibilité aux idées d’extrême-droite, il y a celle, non moins passionnante, du déchirement que cette situation provoque chez le père. Comment concilier l’idée de ce jeune facho au souvenir de l’amour d’enfant qu’il a été, et que, par certains aspects, il est toujours ? Peut-il être ici question de pardon, et si oui, dans quelles limites ?
Malheureusement, le traitement qu’apporte Laurent Petitmangin à son sujet n’a pas été à la hauteur de mes attentes. Les thèmes qu’aborde son roman n’y sont finalement qu’effleurés, peut-être en raison de sa brièveté, et parce qu’en faisant le choix de ne se placer que du côté du père, il se prive d’une profondeur d’analyse qu’aurait permis le point de vue du fils. Par ailleurs, l’évocation des relations entre le héros et ses enfants manque également d’une densité qui me les aurait sans doute rendus plus attachants et plus marquants.
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