
Troie Tome 1 Le Seigneur de l'Arc d'Argent
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l’avis des lecteurs
Depuis que j’essaie de creuser au maximum ma passion de la littérature en général, et de l’Imaginaire en particulier, je me heurte à un constat à la fois magnifique et profondément désespérant : trop de choses à découvrir, et pas assez de temps pour le faire. Ceci étant dit, je me donne du mal pour accueillir avec autant d’enthousiasme que possible chaque occasion qui m’est donnée d’explorer les œuvres qui me sont inconnues. Et David Gemmell fait partie des auteurs qui m’ont le plus souvent fait regretter de ne pas l’avoir découvert plus tôt en voyant les passions de ceux qui m’en parlaient. Combien de romans et d’ouvrages m’ont fait mettre de côté, années après années, un héritage qui semblait majeur dans le domaine cher à mon cœur.
Et voilà qu’à la fin de mon apprentissage, je me vois offrir par mes ex-collègues la trilogie de Troie, de ce fameux David Gemmell, dont je n’ai quasiment entendu que du bien tout le long de ma courte vie. L’occasion fait le larron, plongeons-y donc.
Je n’ai que peu d’éléments, j’aime garder un maximum de surprise quand il s’agit de découvrir ; il me semble m’attaquer à une adaptation de l’Iliade, dans des termes plus modernes, tant dans le fond que la forme. Et très vite, en effet, le terme d’adaptation semble approprié. Si l’épopée d’Homère et bon nombre de ses réécritures au fil des siècles se concentraient sur la fatalité du rapport entre les dieux olympiens et leurs champions mortels, David Gemmell a semble-t-il décidé de s’éloigner des dieux pour se concentrer uniquement sur les mortels. Un premier choc, il faut bien l’admettre, pour quelqu’un qui s’est allègrement gavé des récits mythologiques dans sa jeunesse, et qui s’attendait à croiser des noms connus à toutes les pages. Quelques évocations, quelques figures imposées, certes, mais dans un contexte qui, lui, est tout autre.
Point de grandes envolées lyriques, de comptes à rendre aux dieux et à leurs caprices, il est ici question d’une réalité bien plus concrète, pragmatique, cruelle. Il est question d’enjeux politiques, de calculs cyniques et de stratégies militaires. Tous les rouages de l’intrigue sont humains, terriblement humains, dans tous leurs aspects, les plus transcendants comme les plus avilissants.
Ainsi, nous suivons les parcours croisés de trois personnages qui nous serviront de micro-repères dans la macro-histoire, avant même le début de la fameuse guerre de Troie elle-même, une sorte de préquelle de l’Histoire, mais racontée du point de vue de ceux qui sont et font Troie. Nous enchaînons les chapitres et les points de vue, avec quelques incursions dans les vies d’autres personnages secondaires, toujours rattachés aux destinées d’Hélicon, Andromaque et Argurios. Et si un nom doit immédiatement vous parler, les deux autres, en toute logique, devraient vous laisser aussi perplexes que moi. Et c’est bien mû par une véritable curiosité que j’ai enchaîné les pages, me trouvant perdu dans un univers qui aurait dû m’être familier, mais qui m’était de plus en plus étranger au fil des pages. Jusqu’à ce que je comprenne – assez vite il faut bien l’admettre, car Gemmell est très, très doué – toute l’ampleur de la démarche. L’idée n’est pas seulement d’adapter une grande épopée à un lectorat plus moderne, elle est « simplement » de réécrire l’épopée pour la rendre plus grande encore, avec un point de vue différent et une ambition nouvelle.
Car avec le recul, il faut bien le reconnaître, l’Iliade, en terme de personnages, pouvait avoir tendance à manquer de profondeur. Quelques traits psychologiques distinctifs, et la destinée de chacun pouvait servir de morale prémâchée. De même, l’intrigue globale servait aussi à rappeler à chacun que face aux dieux, même les plus grands héros ne sont pas grand chose. Quoiqu’il puisse arriver, évitez l’hubris.
En ramenant tout à une échelle humaine, à des réalités parfois superficielles, souvent cruelles, avec les dieux en arrière-plan, concrètement inexistants, en donnant à tous ses personnages principaux des défauts comme des qualités et des histoires complexes, David Gemmell ramène cette épopée à son niveau humain, et paradoxalement lui donne une plus grande puissance évocatrice, une profondeur stupéfiante. Et révèle la puissance d’une adaptation pensée et poussée dans ses derniers retranchements. Car chacun de ses personnages, à travers leurs parcours heurtés, problématiques, se tracent des destinées uniques qu’il serait aisé de réécrire à d’autres fins ; leurs influences n’étant souvent visibles – lisibles – que de nous, les lecteurs.
On dit souvent que l’Histoire est écrite par les vainqueurs. N’oublions pas que Homère était grec. Bien entendu, il ne faut pas oublier qu’on ne sait pas grand chose de ce que fût réellement Troie, ni de ce qu’a pu être cette fameuse guerre (du moins il me semble). Mais peu importe. Tout le travail de Gemmell, ici, me semble être celui d’un « historien de fiction ». Il ne cesse de jouer sur les faux semblants, sur la puissance d’une bonne histoire, d’un bon mensonge, au sein même de son récit. La moitié des personnages passe son temps à se faire passer pour celui ou celle qu’il/elle n’est pas, ment, tord la vérité à son profit ou combat une version des faits qui lui ferait tort. Je me permettrai ici de citer une phrase pivot du récit, prononcée par Ulysse, précisément une des adaptations les plus fascinantes du roman : « La vérité est une pute aux nombreuses tenues. »
Ce récit est autant celui de l’Iliade que celui de comment elle aurait pu s’écrire. En multipliant les points de vue, l’auteur décortique les mécaniques de l’Histoire, la fabrique des légendes. Et c’est absolument passionnant, fascinant. On pourrait être quelque peu dubitatif face à quelques passages manquant quelque peu de clarté, dans les flashbacks notamment, qui parfois s’invitent de façon impromptue dans la narration, ou dans certaines confusions dans les dialogues entre certains personnages, jouant sur les alias que certains ou certaines ignorent ; mais ce serait du franc pinaillage. L’ensemble est limpide et impressionnant de maîtrise, notamment vis-à-vis de l’ironie dramatique et du nombre de personnages.
Un premier tome bluffant. Un premier contact avec David Gemmell qui me laisse conquis, à la fois par l’audace de s’attaquer aussi frontalement à un monument tel que l’Iliade, mais aussi à celle de travailler aussi profondément la matière première, prenant des libertés folles qui jamais ne retombent à plat, tout en respectant ce que le récit a toujours été. Un travail d’adaptation absolument incroyable, un exemple à suivre ; où transparaît une volonté de s’approprier une histoire universellement connue pour en faire un récit à la fois personnel et accessible à tous, connaisseurs comme néophytes. C’est très fort.
Et je suis d’autant plus content de déjà avoir les deux tomes suivants sous le coude.
Voici un livre plaisant pour les amoureux des mythologies antiques ! Le lecteur y croisera Agamemnon, Énée, Ulysse, Andromaque, Priam… Dans une version qui se veut plus « historique », dans le sens où les dieux sont absents même si évidemment tous les protagonistes y croient. Les recherches historiques faites par l’auteur sur la vie des anciens habitants du pourtour méditerranéen sont évidentes, que ce soit pour les diverses civilisations, coutumes ou technologies employées.
Ce roman, qui est le premier d’une trilogie, se concentre sur quelques personnages et détaille leurs liens qui, on le devine, seront cruciaux pour la suite de la saga. Dans un univers très dur où la vie ne vaut pas grand-chose, un héros comme Hélicon peut à la fois être très attaché à ses proches et faire preuve d’une vengeance impitoyable envers ses ennemis. L’auteur a en effet recréé des caractères complexes qui restent crédibles.
David Gemmell s’est plu à rénover le mythe et à le modifier. Par exemple, Ulysse est un roi conteur et menteur qui fascine son auditoire par son imagination débordante. La mère d’Énée n’est pas Aphrodite, mais une reine abusant des opiacés et convaincue d’être une déesse. Certaines réinventions m’ont vraiment fait sourire, tant je les ai trouvées bien pensées.
Le livre reste cependant légèrement mythologique — ou Fantasy, selon les points de vue — car le surnaturel n’est pas totalement absent : les agonisants rencontrent l’âme des morts pendant leurs délires, quelques devins disent effectivement l’avenir même s’ils ne sont pas crus, et la célèbre Cassandre livre déjà ses sombres prémonitions que personne n’écoute. Sans parler des héros qui arrivent presque seuls à tuer plusieurs ennemis !
Écrit dans un style simple, le roman reste un tome d’introduction, dont l’objectif n’est que de mettre en place les éléments autour de la Méditerranée qui mèneront à la guerre de Troie. Même s’il se lit facilement car écrit d’une plume légère, même s’il y a des trahisons, des batailles, des assassinats et des amours, c’est une longue entrée en matière !
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