
Manger Bambi
Résumé éditeur
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l’avis des lecteurs
“Bambi, quinze ans bientôt seize, est décidée à sortir de la misère. Avec ses amies, elle a trouvé un filon : les sites de sugardating qui mettent en contact des jeunes filles pauvres avec des messieurs plus âgés désireux d’entretenir une protégée. Bambi se pose en proie parfaite. Mais Bambi n’aime pas flirter ni séduire, encore moins céder. Ce qu’on ne lui donne pas gratis, elle le prend de force. Et dans un monde où on refuse aux femmes jusqu’à l’idée de la violence, Bambi rend les coups. Même ceux qu’on ne lui a pas donnés.”
Le sugar dating, à l’ère d’internet, permet aisément à des jeunes filles étudiantes de rencontrer des hommes mûrs, riches, qui ayant réussi leur parcours de vie, leur montreront la voie à suivre, les guideront, les aideront socialement, économiquement et philosophiquement à entrer dans le “nouveau monde” et y trouver une belle place bien mieux que leurs parents ne peuvent ou n’ont pas su le faire. Le sugar daddy offrira à son sugar baby tout ce qui lui manque et celle-ci lui offrira son cul parce que l’on parle ici tout simplement de prostitution, de la plus vile, la plus détournée où des filles vendent mais de façon indirecte, ce qu’elles peuvent offrir, leur gentil sourire, leurs charmes…Ce procédé n’est pas nouveau mais a maintenant pignon sur le web. Il suffit de taper le mot sur google et la porte est ouverte au marchandage ou plutôt à l’échange de compétences pour une belle entrée dans le monde adulte pour l’une et un retour vers la jeunesse pour l’autre. Alors, bien sûr, rien de mal à cela voyons, chacun ayant un intérêt dans cette relation…
“ Vous êtes un homme à l’aise dans la vie ? Vous êtes quelqu’un d’occupé et aimez les jeunes femmes attirantes et ambitieuses ?”
“ Vous êtes une femme. Vous en avez ras-le-bol des jeunes sans ambition et sans avenir. Ici vous trouverez des hommes mûrs qui savent ce qu’ils veulent.” Oh oui, ils savent !
Caroline De Mulder est universitaire et nul doute que son environnement professionnel lui fait côtoyer des personnes ayant versé côté sombre, peut-être suffisamment pour que le sujet lui donne envie ou lui crie le besoin de le traiter dans un roman détonant au titre méchamment évocateur et provocateur. On a déjà apprécié l’auteure belge qui lorgnait vers le Noir dans “Bye Bye Elvis”, qui y est entré avec “Calcaire” et qui s’y impose aujourd’hui.
Caroline De Mulder aime changer d’univers mais à chaque fois c’est avec une solide connaissance du cadre qu’elle nous y convie. Dans “Manger Bambi”, elle nous bouscule d’emblée avec une entrée violente dans le monde de petites ados racailles et de leur extravagances lexicales SMS et verlan. Il faut s’y faire un peu mais pas trop le temps parce qu’en très peu de pages, on entre dans le dur avec ce gang de dézinguées issues de l’univers étrange de l’adolescence, de ses contradictions, du désir de posséder ce que l’on n’a pas, tout ce que l’on ne vous a pas offert, du sentiment d’invincibilité particulièrement aidé par la baguette magique de Bambi un Sig Sauer qui permet toutes les outrances.
Alors, ce roman pourrait ne raconter que le parcours criminel de ces jeunes amazones qui prennent ce qui leur semble être leur dû, il le fait bien sûr mais Caroline de Mulder en contant par petites touches la vie de Bambi qui, sans son maquillage de guerre, va redevenir Hilda, pauvre môme, victime des mauvais traitements de sa mère, de la fuite de son père premier salopard d’une galerie d’hommes pas très reluisante. Et petit à petit, à l’effarement et à l’irritation provoqués par les agissements barges des gamines succède une autre lecture, celle du mal être, de l’abandon, de la difficulté de la création de la personnalité quand on n’a aucun modèle autre que ceux proposés par les réseaux sociaux ou MTV, les affres et le drame des gamins abandonnés à leurs peurs. Caroline De Mulder montre avec l’adresse qu’on lui connaît, dévoile ce qui se cache sous le rimmel, sous le Mademoiselle Dior, sous les faux ongles et soudain, on tremble pour Hilda. Coupable ou victime? Vous verrez par vous même, “Manger Bambi”, très paradoxalement et c’est l’exploit de l’auteure, respire l’amour, le plus beau, le plus fort, le plus désintéressé.
Très fort !
Hilda la ravissante est Bambi. Accompagnée de "ses frères d'armes" : Leïla la blonde et Loubna, elles "sélectionnent" soigneusement des vieux friqués sur des sites de "Sugar dating".
Venant d'un milieu plus que modeste, Bambi essaie de survivre ... victime de sa condition, d'une mère qu'elle aime mais qui se noie dans l'alcool, lui file des coups et lui présente des beaux-pères éphémères...
Dada pour sa mère, Hilda de son vrai prénom Bambi est victime mais refuse de se laisser faire. Avec ses potes Leïla et Loubna, elles forment un gang de filles qui veulent se venger, avoir ce qu'elles n'ont pas, prendre le fric là où il est, peu importe les conséquences.
Au départ le lecture était un peu complexe, le temps de s'habituer à la langue, un langage d'ado car Caroline De Mulder a ce don, elle a intégré un vocabulaire actuel, mélant l'argot, le verlan , les textos. J'avoue que c'est perturbant au départ mais quelle prouesse d'avoir apprivoisé ce langage qui colle à la réalité du terrain. C'est essentiel pour comprendre ce milieu où règne la violence verbale et pas que...
Bambi est proche de ses 16 ans. Elle se maquille, se transforme pour obtenir ce qu'elle n'a pas... du fric, de belles fringues ! C'est pour combler un manque. En apparence elle a l'air douce, un brin fragile mais méfiez-vous des apparences , toujours en compagnie de son "sig saueur" qu'elle considère comme son "doudou bienveillant" , elle devient alors une autre et passe auprès des vice-lards de la victime au bourreau. Tantôt l'une, tantôt l'autre, sans repère, la fuite du père elle garde en elle l'image que l'homme doit être puni.
C'est comme à chaque fois un roman percutant, un style direct au vocabulaire lexical quelque peu perturbant mais tout à propos. C'est un roman très noir, puissant qui dénonce la violence féminine. Une sacrée claque ! Une belle réussite.
Ma note : 9/10
Je découvre Caroline De Mulder avec ce titre : Manger Bambi qui parait dans la noire.
Bambi, 16 ans est bien décidée à se sortir de la merde dans laquelle elle se trouve. Une mère alcoolique adepte des cachetons, des « beaux-pères » au mieux minables, sinon violents ou pire, la vie dans un taudis non chauffé, et au lycée … Alors avec sa copine Leïla, Bambi profite de ses longues jambes, de son regard de faon, et de son flingue, seul héritage laissé par son père, pour dépouiller de vieux dégueulasses empressés de devenir ses sugar daddys. Mais parfois les choses tournent mal.
Je reconnais, c’est un très bon roman, cohérent, avec un personnage principal fort et un choix stylistique parfaitement assumé et maîtrisé. Mais ce n’est pas pour moi.
On commence par le style. Le parler djeunes c’est un choix et un choix logique vu le personnage principal, mais au bout de 3-4 chapitres, j’avoue que ça me fatigue.
« Ta robe sortie, sérieux, je me demande, spéciale cacedédi à l’abbé Pierre ou bien ? on y croit pas une seconde, elle pue l’antimite. Quand le boloss t’a vue avec moi, au lieu d’être joisse, il s’est méfié, je peux te dire qu’il était à deux doigts de se barrer .
J’ai fait comme t’as dit, une robe swag mais pas trop reuche. »
Et je ne parle pas des textos qu’il faut déchiffrer comme des rébus. Donc c’est très bien, c’est un choix, tenu jusqu’au bout, il y a une cohérence, mais ça me fatigue.
Le deuxième chose qui m’a fait sortir du roman c’est Bambi. Là encore Caroline De Mulder fait un choix, et s’y tient parfaitement. Rien à reprocher littérairement parlant. Elle montre comment une parfaite victime (car il n’y a pas de doute, Bambi est victime, de la misère, d’un manque d’amour, de la violence masculine …) peut se transformer en parfait bourreau. Parce que si les sugar daddys n’ont que ce qu’ils méritent, la rage de Bambi s’exerce sur tous, même ceux qui ne cherchent qu’à l’aider, maladroitement parfois, ou sur ceux et celles qui ont quelque chose qu’elle veut. Pour résumer, Bambi est certes une victime, mais également une sale conne qui n’a d’autre valeur et d’autre but que la satisfaction de pulsions consommatrices.
Et là encore, sur une nouvelle je peux, sur presque 200 pages je fatigue, et je me désintéresse de ce qui lui arrive. Fait révélateur, j’ai tardé, tardé, à lire ce roman pourtant court, préférant tous les soirs me plonger dans les trois derniers volumes jubilatoires de The boys.
Dans le style portrait d’une victime devenue bourreau, je conseille la novella magistrale de Massimo Carlotto Rien, plus rien au monde. Ce bouquin m’avait totalement retourné les tripes. Là je cale. A vous de voir si vous êtes sensible, ou non, à l’univers de Bambi.
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