
L'arpenteuse de rêves
Résumé éditeur
livré en 5 jours
l’avis des lecteurs
Un nouveau roman jeunesse par Estelle Faye : L’arpenteuse de rêves est sorti chez Rageot, en octobre 2021. Je me le suis procuré – dédicacé – aux Imaginales, le roman venait juste de sortir ! J’avais aimé la plume de l’autrice dans Un éclat de givre et Un reflet de Lune, j’étais donc impatiente de découvrir son nouveau roman fantasy. Le livre est très beau; la couverture de Paul Echegoyen invite au voyage dans le royaume de Claren. Une lecture du challenge ABC de l’imaginaire : lettre F.
Un roman d’ambiance
Atmosphère, atmosphère…
C’est ce que je préfère chez cette autrice : sa peinture d’ambiances. Toujours sombres, assez noires et vaporeuses, qui suintent, et qui vous collent à la peau. On avait déjà ce type d’atmosphères dans Un éclat de givre et Un reflet de lune. J’ai eu plaisir à retrouver la plume si fine d’Estelle Faye, qui conserve ce talent ici, dans un roman destiné à un public plus jeune. Et surtout qui en conserve la noirceur et la profondeur.
Le royaume de Claren est citadin. Une cité Etat, organisée de manière assez classique : les nantis en haut, les pauvres en bas. Evidemment, on va évoluer avec des personnages d’en bas. C’est déjà vu, mais efficace. Ca colle à l’ambiance dépeinte.
Une ambiance en phase avec des thématiques actuelles
J’apprécie toujours aussi la manière qu’a l’autrice de corréler ses récits imaginaires avec des problématiques actuelles. Ici, le monde d’en bas est profondément touché par des émanations toxiques dans l’air, malsain, hyper pollué. Les usines qui dégorgent dans les eaux ont détruit toute la biodiversité qui y résidait.
L’ambiance sombre dessinée par l’autrice n’est donc pas gratuite, et j’ai apprécié qu’elle soit en lien avec une question écologique sous-jacente. L’arpenteuse de rêves est un roman jeunesse, mais qui ne lésine pas sur la profondeur.
Une intrigue intéressante
Qui casse le schéma narratif habituel
Ca m’a tout de suite plu.
D’abord, le récit est hyper concentré; il se déroule tout au plus sur une semaine. Il se passe beaucoup de choses, c’est dense, mais jamais d’invraisemblances, aucune facilité scénaristique, pas la panoplie habituelle d’événements complètement dingues. Et je salue aussi l’absence de chamboulement du monde établi. Je déteste les romans qui en deux temps trois mouvements dézinguent l’ordre établi comme si pouf pouf, c’était fastoche. Ici, non. On garde une cohérence d’ensemble qui me plaît.
D’autre part, le roman semble être une parenthèse; un entre-deux. Ca commençait déjà à aller mal avant le début du récit, qui démarre de ce fait in medias res. Et la fin du roman n’est pas une fin en soi : elle ouvre vers d’autres perspectives, d’autres histoires à raconter. Il n’y a pas de solution miracle, pas de tout est bien qui finit bien. Pas de situation finale habituelle, donc. Et l’entre-deux réside également dans ce balancement constant entre rêves et réalité, qui tantôt se rejettent, tantôt fusionnent.
Enfin, je remercie infiniment Estelle Faye de ne pas être tombée dans le piège de la romance traditionnelle. Mais cela ne m’étonne pas vraiment en fait, la Dame est rusée. Elle n’en est pas à son premier roman, et elle a déjà démontré qu’elle aimait sortir des sentiers battus. Elle sait nous surprendre.
Quelques zones d’ombre
Toutefois, si le roman se tient parfaitement dans ce one shot, j’ai quand même trouvé le rythme un poil rapide, des chapitres courts et nombreux, et des personnages pas toujours hyper approfondis. J’aurais aimé par exemple que les personnages secondaires soient davantage creusés. Mais peut-être que cela répond davantage aux goûts du public cible.
Et vous le savez : la narration à la première personne au présent et moi, ça ne colle pas. Lire le récit en train de se dérouler a tendance à me poser davantage de questions sur la vraisemblance de ce procédé, ce qui m’empêche de plonger complètement dans le roman. Je me suis demandé à quel moment la narratrice, Myri, racontait son récit. J’ai fini par arrêter de me poser cette question faute de réponse, mais quand l’épilogue, plusieurs mois après, revient sur les derniers événements au passé composé… là j’avoue que je me suis sentie perdue.
Bon, cela dit, c’est du pinaillage, ça n’a pas amoindri le plaisir de ma lecture. Juste un peu empêchée de m’immerger dedans pleinement.
L’arpenteuse de rêves est un roman jeunesse d’Estelle Faye. C’est un bon et beau roman, que j’ai apprécié, pour son ambiance et sa rupture avec les codes fantasy jeunesse habituels. J’ai aimé ce va et vient entre rêves et réalité. Il m’a cependant manqué quelques approfondissements sur les personnages pour que cette lecture soit excellente. Mais c’est un roman que je recommande, particulièrement pour un public jeunesse/YA, tant il propose quelque chose de singulier et de nouveau. Et le second niveau de lecture qu’offre ce récit saura aussi charmer et contenter pleinement les adultes.
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