Et soudain, la liberté
  • Date de parution 16/08/2018
  • Nombre de pages 477
  • Poids de l’article 249 gr
  • ISBN-13 9782266282505
  • Editeur POCKET
  • Format 178 x 109 mm
  • Edition Livre de poche
Biographies, Mémoires

Et soudain, la liberté

4.17 / 5 (570 notes des lecteurs Babelio)

Résumé éditeur

La France coloniale vit ses derniers feux. Chez les Desforêt, sous la férule d'un père haut-fonctionnaire, on grandit dans l'idée d'une hiérarchie des races et des sexes. Les drames en Indochine, à Nouméa, puis la lecture de Simone de Beauvoir conduiront la mère, Mona, et la fille, Lucie, à s'émanciper. Une liberté conquise à deux, qui conduira au militantisme et à la révolution, jusque dans les bras d'un certain Fidel Castro... Au-delà du roman, il y a aussi cette promesse crépusculaire entre Évelyne Pisier, 75 ans, et Caroline Laurent, 28 ans, leur amitié folle, comme une ultime transmission. Cet ouvrage a reçu le Grand Prix des lycéennes de ELLE, le Prix Marguerite Duras et le Prix Première Plume " Ce roman vrai raconte la vie flamboyante d'Évelyne Pisier. Un portrait plein de vitalité, celui d'une femme déterminée, exubérante et drôle. " Le Point " Intelligent, romanesque et magnifiquement écrit. " Gérard Collard – " Le Magazine de la santé ", France 5 Prix Première Plume - 2017 ; Prix Marguerite Duras - 2017 ; Grand prix des lycéennes ELLE - 2017.

En stock

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  • Date de parution 16/08/2018
  • Nombre de pages 477
  • Poids de l’article 249 gr
  • ISBN-13 9782266282505
  • Editeur POCKET
  • Format 178 x 109 mm
  • Edition Livre de poche

l’avis des lecteurs

Résumé

Mona Desforêt a pour elle la grâce et la jeunesse des fées. En Indochine, elle attire tous les regards. Mais entre les camps japonais, les infamies, la montée du Viet Minh, le pays brûle. Avec sa fille Lucie et son haut-fonctionnaire de mari, un maurrassien marqué par son engagement pétainiste, elle fuit en Nouvelle-Calédonie.

À Nouméa, les journées sont rythmées par la monotonie, le racisme ordinaire et les baignades dans le lagon. Lucie grandit ; Mona bovaryse. Jusqu’au jour où elle lit Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir. C’est la naissance d’une conscience, le début de la liberté.

De retour en France, divorcée et indépendante, Mona entraîne sa fille dans ses combats féministes : droit à l’avortement et à la libération sexuelle, égalité entre les hommes et les femmes. À cela s’ajoute la lutte pour la libération nationale des peuples. Dès lors, Lucie n’a qu’un rêve : partir à Cuba. Elle ne sait pas encore qu’elle y fera la rencontre d’un certain Fidel Castro…

Ma lecture

Ce récit m’attirait à plusieurs titres : j’ai lu beaucoup de billets le concernant : plus ou moins enthousiastes comme pour ( Bibliomaniacs ), ensuite le thème : la condition féminine qui me touche particulièrement, et puis rien que la couverture : magnifique portrait de femme, regard étonnant….. à l’époque de la révolution cubaine d’une femme qui assume ses choix, qui va jusqu’au bout mais avec un petit côté fleur bleue. Mais n’allons pas trop vite.

Et d’ailleurs il n’est pas question d’une femme mais de 2 femmes, voir 3, non 4 : Mona, Lucie, Caroline, Guillemette, Marthe et puis de toutes les autres. Et tout commence avec Mona et là nous partons de loin…. Mariée à un homme raciste, colonialiste, pétainiste, antisémite, brutal etc….. tout pour plaire mais le problème c’est qu’il lui plaît, elle l’aime et il l’aime, elle le suivra au bout du monde, frôlera la mort avec sa fille (Lucie/Evelyne) dans les prisons japonaises durant la guerre d’Indochine, aura un amant, divorcera, reviendra.

Lucie/Evelyne, une des auteures avec Camille Laurent, qui sont devenues très proches, très vite, amies de courte durée puisque Evelyne est décédée après quelques mois de collaboration. Un destin étonnant, qui fréquentera Fidel Castro, rencontrera Ché Guevara, épousera un médecin humanitaire de renom…… Un certain Bernard K (Victor dans le récit).

J’ai été touchée, intéressée par l’amitié de ces deux femmes qui semble avoir été profonde, intense, ébauchée mais incomplète, mais tel n’était pas le but du livre. Et là est un peu le problème : biographie, roman, féminisme, amitié …… tout se mélange un peu.

Le personnage le plus marquant pour moi est Mona : peut être une question de génération mais aussi parce que c’est en partie cette génération qui a été de toutes les luttes féminines, sûrement par leurs parcours des années 40 : planning familial, avortement, contraception, liberté, droit à mourir dans la dignité etc….. Ce qu’elles ont vécu, enduré depuis si longtemps ont forgé une énergie, une force incroyables mais avec parfois des réflexes encore violents devant certaines causes (homosexualité) mais avec la lucidité de reconnaître ses erreurs pour Mona.

Evelyne a été élevée par une mère qui a du se battre pour exister, pour gagner sa liberté, pour affronter le regard des hommes, de la classe bourgeoise dans laquelle elle vivait. Elle a permis ainsi à sa fille d’être libre et de faire ses choix, de vivre sa vie. On suit la lente transformation de cette mère, la prise de conscience de sa condition et tout ce qu’elle a refusé par la suite. Une vie libre, refusant le mariage par tout ce qu’il a de contraignant et d’enfermement, portant un regard sur la détresse humaine et une détermination à vouloir changer les choses. Agaçante parfois par sa passivité au début mais sûrement expliquée par l’amour qu’elle portait à son mari, par son éducation, mais active, combattante ensuite, jusqu’au bout refusant même de laisser le temps et la souffrance passer sur elle.

Dans sa philosophie, rêver et agir se confondaient : elle voulait la vie mais en mieux. (p85)

Du fait du décès d’Evelyne Pisier durant la rédaction de ce livre, Caroline Laurent a repris les rênes et ses interventions régulières au cours du récit sont parfois un peu gênantes car elles le coupent, interrompant le flux de l’histoire, mais peuvent aussi permettre de comparer, à 50 ans d’intervalles, que parfois les choses ne changent pas tant que cela ou que les combats du passé, au contraire, ont pu les modifier. Elle nous fait surtout partager l’amitié qui la liait à Evelyne, rapide, fulgurante, inexplicable sûrement une concordance de parcours, de passion.

Pour moi un flash-back sur une époque, pas si lointaine, que j’ai connue, mais où les choses ont bougé un peu mais nous partions de loin, les combats étaient rudes, violents parfois, mais grâce au combat de certaines, en particulier Simone Veil et Simone de Beauvoir, nos vies ont changé et il n’est pas inutile de les rappeler (voir les récents scandales).

On découvre également un Fidel Castro amoureux, assez caricatural même, bien loin de l’image que l’on peut s’en faire. Image média et intimité…… En parlant d’intimité je me suis interrogée sur l’absence de Marie-France Pisier dans le récit mais on en a l’explication à la toute fin du livre.

Le livre est composé de 3 parties : la première retrace le parcours de Mona en Indochine, la deuxième traite de la découverte du féminisme par Mona grâce à Marthe et en particulier du deuxième sexe de Simone de Beauvoir, la troisième le retour à Paris et les combats.

J’ai été beaucoup plus passionnée par la narration du parcours de Mona mais je ne comprends pas la volonté de modifier les prénoms alors qu’il est clairement établi qu’il s’agit d’une biographie enfin deux biographies : Mona et Lucie (Evelyne Pisier et sa mère). Soit on romance totalement soit on assume totalement surtout que certains personnages sont clairement révélés.

Je pense que la lecture peut être très différente en fonction de l’âge que l’on a : pour une tranche d’âge ce sont les souvenirs plus ou moins bons, pour une tranche d’âge plus jeune c’est une découverte des luttes féminines et de la lente et difficile accession à la liberté pour les femmes.


La romancière, l’éditrice et le lecteur

Si Tania de Montaigne a bien raison de dire que «lire un bon livre, c’est faire une rencontre», l’émouvant roman à quatre mains d’Evelyne Pisier et Caroline Laurent vient nous rappeler que la première rencontre est celle de l’auteur et de son éditeur. Une rencontre qui nous vaut un petit miracle.

Et soudain, la liberté n’est pas un livre comme les autres. Il est né de la promesse faite par Caroline Laurent, l’éditrice, à Evelyne Pisier, la romancière, de terminer son livre. Car cette dernière est condamnée et ne verra pas son œuvre paraître. Elle est décédée le 9 février 2017.

Mais faisons tout d’abord un retour en arrière jusqu’à cette journée du 16 septembre 2016, au moment où les deux femmes se rencontrent. Entre la vieille dame et l’éditrice qui pourrait être sa fille, le courant passe immédiatement. Caroline a senti le potentiel du manuscrit d’Evelyne. Mais elle entend le remanier, car elle fait partie des « éditeurs garagistes, heureux de plonger leurs mains dans le ventre des moteurs, de les sortir tachées d’huile et de cambouis, d’y retourner voir avec la caisse à outils. » Evelyne lui accorde d’emblée sa confiance et le duo s’attaque à cette riche biographie, en décidant d’en faire un roman, forme littéraire la plus à même de rendre compte des péripéties et du parcours exceptionnel mis sur le papier.

Le lecteur est dès lors convié à suivre en parallèle une fresque historique et militante et le travail de l’éditrice sur le manuscrit, retraçant pas à pas la gestation du livre.

Un choix audacieux, mais très réussi. Car le «roman du roman» est tout aussi passionnant que l’hommage qu’entend rendre Evelyne à sa mère en racontant sa marche vers l’émancipation.

Nous voici revenus au temps des colonies, au sein de la famille d’un haut-fonctionnaire pétainiste et maurrassien, qui tentera jusqu’au bout de croire à la suprématie des colonisateurs sur les indigènes. Un entêtement qui vaudra à son épouse et à sa fille, Mona et Claire dans le roman, d’être internées après l’invasion japonaise. Outre les privations et les exactions, elles doivent endurer l’absence d’informations. Fort heureusement, elles retrouveront la liberté, leur père et mari, et pourront quitter un pays à feu et à sang qui ne tardera pas à gagner son indépendance.

Si « l’arrivée en France plongea la famille dans un confort irréel, après des mois de privation », il ne sera que de courte durée. Au lieu du poste en Afrique qu’il convoitait, André est nommé en Nouvelle-Calédonie. C’est donc au bord du Pacifique sud que la petite fille et sa mère vont franchir une étape décisive. Lucie entend échapper à la mainmise des religieuses auxquelles elle est confiée, Mona veut son indépendance vis à vis d’un mari tyrannique. Deux rencontres vont alors être décisives. Pour Claire, ce sera Rosalie, la nounou qui succède à Tibaï l’indochinoise, et va «éduquer» la fillette. Pour Mona, ce sera Marthe, une bibliothécaire qui va faire découvrir Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir. Au fil des pages la quête de liberté se fait plus concrète. Aux escapades vont se succéder des rendez-vous secrets. Du club d’équitation on passe à l’auto-école afin de poursuivre disposer d’une voiture. Et si André s’oppose à ce projet, il ne fait qu’attiser ainsi l’envie de divorcer de son épouse. Qui finira par se concrétiser.

Avec à la clé un retour en France via l’île Maurice. Le bouillonnement des années soixante, ponctué par mai 68, marquera sans doute l’apogée de leur quête.

Aux combats pour les droits des femmes menés par la mère répond celui de la révolution cubaine pour la fille qui se retrouve soudain avec un groupe d’étudiants aux pieds de la tribune de Santiago pour y écouter le discours enflammé de Fidel Castro et partageant «l’extase d’un peuple qui voulait y croire». S’en suit le plus incroyable des épisodes: la liaison que va entretenir le Lider maximo avec la jeune française. Claire sera même à deux doigts de suivre le président cubain, mais renoncera au dernier moment.

Sa mère n’aura pas ce courage. Elle retombera dans les filets d’André, allant même jusqu’à se remarier. « Ce remariage aux conséquences terribles, est à mon sens un élément qui permet d’éclairer la figure de Mona. Il dit bien toute l’importance du désir dans sa vie, quitte à se doubler d’une mise en danger – d’un comportement suicidaire. » Voilà qui va nous conduire à l’épilogue qui, comme dans tout bon roman, nous réserve son lot de surprises.

Mais, une fois n’est pas coutume, je laisserai à Caroline Laurent le soin de conclure mon propos, car je ne saurai mieux dire qu’elle pourquoi il faut, toutes affaires cessantes, se plonger dans ce livre: « Que peut la littérature face à l’absolu du vide ? Quel est ce plein dont elle prétend nous combler ? J’ai beau travailler dans les mots, autour des mots, entre les mots, je n’ai pas la réponse. Vivre une autre vie, donner du rêve, faire rire et pleurer, laisser une trace, peindre le monde, poser des questions, ressusciter les morts, voilà le rôle des livres, dit-on. Offrir la consolation de la beauté. C’est peu; c’est immense.»

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